Photo primée dans la catégorie de la photographie sous-marine britannique. « J’ai toujours été fasciné par la photographie sous-jacente, reliant le monde terrestre quotidien que nous connaissons tous avec les secrets sous-marins moins familiers », raconte Grant Thomas qui a patienté dans le loch Lomond à proximité des deux cygnes, afin de gagner leur confiance. © Grant Thomas, UPY 2018

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Les plus belles photos sous-marines de 2018

ActualitéClassé sous :océan , océanographie , océan Pacifique

L'édition 2018 du concours des plus belles photographies sous-marines n'a pas déçu. Voici notre sélection parmi les lauréats, qui nous font découvrir des mondes un peu magiques.

La diversité et l'ampleur des prix de photographies organisés chaque année, et ce de longue date, par les Britanniques traduit indubitablement une curiosité intarissable de leur part pour le monde et ses merveilles. Une curiosité, et un goût certain pour l'exploration et l'aventure qui est partagé à chaque rendez-vous avec un large public. On ne compte plus les prix prestigieux ayant pour thème la nature : les plus belles photos du ciel et du cosmos, les plus belles photos du monde sauvage et même des plus beaux jardins et légumes. Les photographes candidats accourent de toute la planète pour y participer. Pour le plus grand plaisir de nos yeux.

Place aux plus belles photos sous-marines avec le Underwater Photographer of the Year (UPY, pour faire court), prix prestigieux créé en 1965, qui nous fait découvrir à travers les yeux des photographes, les univers aquatiques, qu'ils soient marins, lacustres ou même au fond d'un bassin. Plus de 5.000 candidatures issues du monde entier ont été enregistrées pour l'édition 2018. Les prix sont désormais répartis dans 11 catégories différentes. Ci-dessous, voici cinq des plus belles photographies sous-marines.

Panorama d’une épave de la seconde guerre mondiale

Le Premier prix international toute catégorie a été attribué à Tobias Friedrich pour sa photo « Cycle War », également récompensé dans la catégorie « Épaves ». « [...] il n'y avait pas d'espace à l'intérieur de l'épave pour photographier cette scène dans un seul cadre », explique le photographe. Il décida donc de les assembler pour créer ce surprenant panorama composite d'un navire britannique gisant au fond de la mer Rouge, au large de l'Égypte. À son bord, des véhicules de la seconde guerre mondiale comme ces camions militaires Fordson WOT 3 chargés de motos Norton 16H presque fossilisées.

Drôle d’ambiance au fond de la mer Rouge. Figées dans cette épave, des motos datant de la seconde guerre mondiale. © Tobias Friedrich, UPY 2018

Rugissement au fond des mers

Le prix du photographe sous-marin international le plus prometteur de l'année a été décerné à Man BD pour sa photo « Roar » (rugissement). Nos yeux sont irrésistiblement attirés par les deux belles limaces de mer au premier plan, mais regardez bien derrière... la gueule béante d'une murène, les dents acérées. Terrifiant ! Cette dernière, floue à l'arrière-plan, occupe plus de la moitié de l'image. « Une superbe démonstration de flou », clame le jury.

Un puis deux nudibranches sont apparus. À l’arrière-plan, qui s’approche : une murène ouvre grand sa gueule. Le photographe-plongeur a patienté plusieurs minutes pour faire cette photo saisissante. © Man BD, UPY 2018

Une baleine à bosse espion

Avec cette superbe photo d'une baleine à bosse à la verticale, Greg Lecoeur a reçu le Premier prix de la photographie sous-marine, dans la catégorie Grand-Angle. C'était un des plus beaux moments de sa vie, raconte-t-il. « Des baleines très curieuses et enjouées sont venues nous étudier et adopter une posture d'espionnage devant nos masques. C'était très impressionnant et nous pouvions sentir la puissance de la nature », commente-t-il, ajoutant que lui et ses amis étaient en même temps « envahis d'un sentiment de douceur ».

« Bien que pesant plusieurs dizaines de tonnes, ce mammifère a montré une agilité et une puissance incroyable en se tenant verticalement dans l’eau », raconte Greg Lecoeur qui se rend régulièrement à Tonga pour rencontrer des baleines à bosse. © Greg Lecoeur, UPY 2018

Trois hippocampes en contre-jour

Le Premier prix dans la catégorie Macro a été décerné à Shane Gross pour sa photo « Seahorse Density ». « Densité d'hippocampe », c'est bien le cas. C'est même l'endroit où il y a la plus forte concentration d'hippocampes au monde. À la nuit tombée, dans une neige de plancton, le photographe a eu la chance et aussi la patience d'en saisir trois rassemblés, sans qu'ils prennent la fuite, et la silhouette de côté.

Trois silhouettes d’hippocampes en contre-jour chevauchant dans une prairie d’algues. © Shane Gross, UPY 2018

Nager sous un grand requin-tigre

Le Premier prix dans la catégorie Portrait a été attribué à Tanya Houppermans. C'est une photo incroyable qui donnerait des sueurs froides. Mais bien qu'ils aient l'air féroces, ces requins de 3 à 4 mètres « sont dociles » (r)assure la photographe. Elle raconte que ce jour-là, elle était venue plonger autour de l'épave du Caribsea pour passer un peu de temps avec les requins-tigres qui fréquentent les lieux, quand tout à coup... « des millions de minuscules poissons, collectivement connus sous le nom de "poisson-appât", ont été groupés ensemble dans une énorme boule d'appât au-dessus de l'épave, avec des dizaines de requins-tigres des sables serpentant paresseusement parmi les poissons ». Une scène extraordinaire qu'elle n'a pas pu s'empêcher de saisir. « Je ne pouvais pas croire ce que je voyais. J'ai nagé sur le dos en dessous d'elle, essayant de ne pas la surprendre. » Un portrait plein de frissons.

« Alors que je bougeais avec le requin dans l’eau, les poissons-appâts se sont séparés, me donnant une image claire du dessous de ce magnifique requin, et aussi l’une des expériences les plus incroyables que j’ai jamais eues en tant que photographe sous-marin », commente la photographe. © Tanya Houppermans, UPY 2018

Découvrez tous les lauréats et finalistes sur le site de l'UPY 2018.

Pour en savoir plus

Les plus belles photographies sous-marines en 2016

Article de Xavier Demeersman, publié le 13 janvier 2017

Les résultats de la sixième édition du prestigieux concours de photographies sous-marines Ocean Art Underwater viennent d'être dévoilés. Voici cinq photos récompensées qui nous invitent à franchir la frontière de la surface, à la rencontre des habitants du monde marin, encore si mal connu.

Représentant plus de 70 % de la surface du globe terrestre, les océans sont des territoires encore largement méconnus. Chaque année, les explorateurs y font des rencontres merveilleuses, découvrant de nouvelles espèces vivantes dans ce milieu de plus en plus menacé (réchauffement climatique, acidification de l’eau par le CO2, déchets plastiques qui pullulent, pêche industrielle, polluants, etc.).

Créé il y a six ans, le concours international de photographies sous-marines, Ocean Art Underwater Photo Competition, nous invite à faire plus ample connaissance avec les océans et leurs habitants grâce aux lauréats des diverses catégories (16 au total : du Grand-Angle aux récifs coralliens, en passant par les portraits, les eaux froides ou les nudibranches). Pour l'édition 2016, dont les résultats ont été annoncés le 8 janvier, les participants venaient de 60 pays. Plus de 75.000 dollars de prix ont été distribués parmi les vainqueurs de ce grand concours prestigieux. Quand l'art et la science s'emmêlent...

Premier prix dans la catégorie Grand angle : un lasso sous les eaux

Avec cette photographie qui semble presqu'irréelle intitulée « Blue Lasso » (lasso bleu, en français), Matty Smith a obtenu la première place dans la catégorie Grand Angle mais aussi le Grand prix général du concours. Les conditions étaient réunies pour une photo remarquable.

L'action se situe au large de la baie Bushrangers, en Australie, non loin de Melbourne. L'éclairage rend l'acteur au premier plan, une physalie (Physalia utriculus), plus impressionnant et surréaliste que d'ordinaire. Le redoutable prédateur vient sans doute de foudroyer un petit poisson ou un crustacé qui passait par là. Le lasso bleu se rétracte pour acheminer la proie jusqu'à son estomac.

Une physalie (Physalia utriculus), un cnidaire siphonophore vivant accroché à la surface par son flotteur, déploie son fil de pêche au large des côtes du sud-est de l’Australie. © Matty Smith, Ocean Art Underwater Photo Competition

Troisième prix Grand-Angle

L'auteur de cette photographie intitulée « Mirror, mirror », Troy Mayne, raconte que comme lui, les tortues vertes (Chelonia mydas) sont des visiteuses régulières de la Grande barrière de corail. D'ailleurs, elles se sont beaucoup habituées (trop ?) à la présence humaine -- croissante avec le tourisme -- si bien que certaines, comme celle qui s'est laissé prendre en photo, s'approche très près des plongeurs et montre une grande curiosité. Et c'est réciproque.

Une tortue verte qui sympathise avec un plongeur dans la Grande barrière de corail. © Troy Maine, Ocean Art Underwater Photo Competition

Premier prix dans la catégorie Macro

Dennis Corpuz était bien placé lorsque cette sépiole a ouvert ses tentacules. Cela n'a duré que 3 à 7 secondes, raconte le photographe, mais ce fut suffisant pour capter cette étoile pourpre très furtive, surprise dans les eaux des Philippines.

Sur cette photo intitulée « Amazing Squid », on peut admirer en gros plan une sépiole qui nous tend les bras, ou plutôt ses huit plus grosses tentacules (elle en a deux de plus, très fines, préhensiles et peu visibles ici). © Dennis Corpuz, Ocean Art Underwater Photo Competition

Premier prix dans la catégorie des nudibranches

Grâce au dispositif de micro-lentille fish-eye et le flash en anneau relié à son appareil, Rafael Cosme a pu capturer un couple de nudibranches, des limaces de mer, dans leur intimité. Au même moment, clin d'œil du photographe, sa femme nageait dans ces eaux sombres au large de Bali, à l'arrière-plan de cette scène.

Des limaces de mer s’enlacent dans les eaux de Bali sous l’œil du photographe. © Rafael Cosme, Ocean Art Underwater Photo Competition

Premier prix dans la catégorie Supermacro

Comme beaucoup de poissons vivant dans l'océan Pacifique nord, c'est le mâle des très beaux Hemilepidotus hemilepidotus, surnommé le Seigneur Rouge Irlandais, qui garde les œufs et les ventile.

Chad Tamis raconte que c'était un défi pour lui de les photographier car il lui fallait rester immobile dans le courant et avoir des gestes précis. Parmi la dizaine de ces pères montant la garde dans les eaux autour de l'île de Vancouver, « j'ai trouvé un mâle qui ne semblait pas trop gêné par ma proximité et avait une nageoire près des œufs, explique-t-il. J'ai pu ainsi avoir des détails des deux, comme les yeux des progénitures qui se développent ». La photo s'intitule « Under my wing » (Sous mon aile, en français).

Un père Seigneur Rouge Irlandais protège ses progénitures des prédateurs. © Chad Tamis, Ocean Art Underwater Photo Competition
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