La cordillère des Andes, l'un des plus hauts massifs montagneux au monde. © 472619, Pixabay, Creative Commons
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La hauteur des massifs montagneux est-elle influencée par l’érosion ou la tectonique des plaques ?

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L'origine de l'élévation des massifs montagneux a longtemps été un sujet de débat chez les scientifiques. Celle-ci est-elle plutôt influencée par l'érosion causée par les éléments, ou la tectonique des plaques pourrait-elle y avoir son rôle à jouer ? Une nouvelle étude propose une réponse.

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C'est un débat qui anime depuis longtemps la communauté scientifique : l'érosion détermine-t-elle la hauteur des sommets des massifs montagneux ou leur altitude est-elle plutôt influencée par des processus tectoniques ? Une nouvelle étude parue dans la revue Nature apporte de nouveaux éléments de réponse, suggérant que la subduction des plaques à l'origine de l'élévation de ces géants de roche, viendrait aussi contrebalancer l'action érosive des éléments.

La chaîne de l'Himalaya est formée par la subduction de la plaque indienne sous la plaque eurasienne. © AFP, Fadel Senna

À l'origine des massifs montagneux

Les plus hauts massifs montagneux sur Terre s'élèvent à la frontière entre des plaques tectoniques convergentes. La chaîne de l'Himalaya, par exemple, est le résultat de la collision entre les plaques indienne et eurasienne, tandis que la cordillère des Andes a émergé de la rencontre des plaques sud-américaine, de Nazca et Antarctique. La compression exercée par ces deux dernières contre la plaque sud-américaine au cours des 20 derniers millions d'années a permis l'élévation de la région à une altitude dépassant par endroits les 1.500 mètres.

Lors de ce processus, baptisé « subduction », deux plaques se déplacent l'une vers l'autre jusqu'à ce que la plaque océanique soit contrainte de glisser sous la plaque continentale afin de poursuivre sa route, s'enfonçant dans les profondeurs du manteau terrestre. Cette embrassade géologique occasionne une forte activité sismique et volcanique ; au cours de millions d'années, elle provoque la déformation progressive et titanesque de la plaque supérieure, formant alternativement une chaîne de montagne, ou un bassin comme la mer Égée.

Un équilibre entre érosion et subduction

Dans leur nouvelle étude, le chercheur Armin Dielforder et son équipe expliquent que l'érosion par les rivières et les glaciers des sommets montagneux ne suffit pas à réduire drastiquement l'élévation des massifs montagneux. En analysant les propriétés des plaques tectoniques formant des massifs et en calculant les forces appliquées à la jonction entre celles-ci, les chercheurs ont pu démontrer une corrélation entre les forces à la bordure des plaques d'un côté, et l'altitude et le poids des montagnes de l'autre.

Cette corrélation a été observée pour tous les massifs étudiés, situés à diverses latitudes et donc soumis à différents climats et taux d'érosion. En conclusion, tandis que l'érosion émousse les sommets montagneux, la force de subduction, elle, participe à leur élévation constante, donnant aux massifs les proportions que nous leur connaissons aujourd'hui. Cette importante découverte ouvre de nouvelles voies dans l'étude du développement et de la croissance des montagnes sur le long terme.

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