Les baleines de Cuvier ont un aspect original. Parfois, les mâles ont même de nombreuses cicatrices sur le dos, traces d’anciens combats. On sait désormais qu'elles comptent parmi les meilleurs plongeurs. © Andrea Izzotti, Adobe Stock
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Record : la baleine de Cuvier peut rester plusieurs heures en apnée

ActualitéClassé sous :mammifère marin , baleine de Cuvier , record de plongée

Par Janlou Chaput, Futura

La baleine de Cuvier est la baleine à bec la plus abondante des océans, la plupart de ses mœurs échappent à notre compréhension. Notamment ses étonnantes capacités d'apnéiste qui lui valent d'avoir battu des nouveaux records.

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[EN VIDÉO] Plongez à dos de baleine en Antarctique  Ces images étonnantes ont pu être tournées grâce à des caméras fixées sur le dos de baleines à bosse et de rorquals, en Antarctique. Des scientifiques, avec l’aide du WWF, ont ainsi pu se mettre dans la peau d'une baleine durant 24 à 48 heures. Le but ? Mieux connaître les zones d’approvisionnement de ces grands mammifères marins et demander leur sanctuarisation dans un avenir proche. 

La baleine de Cuvier (Ziphius cavirostris) est un cétacé habitué des records. L'animal, plutôt discret bien qu'abondant dans la plupart des océans, est connu pour ses plongées à environ 3.000 mètres de profondeur. Aucun autre mammifère marin ne plonge aussi profondément. Atteindre les abysses nécessite que la baleine de Cuvier retienne sa respiration pendant de longues minutes. Là aussi, elle détient le record avec une plongée de 137 minutes enregistrée en 2014.

Mais la baleine de Cuvier peut faire bien mieux. De nouvelles données collectées sur 23 animaux portant une balise ont permis d'étudier les plongées extrêmes des cétacés. Publiées dans Journal of Experimental Biology, elles indiquent que ce record de 137 minutes en apnée a été largement battu.

Les cinq records de plongée des mammifères marins : la baleine de Blainville avec 1.600 mètres, la Bérardie de Baird avec 1.770 mètres, l'éléphant de mer avec 2.100 mètres, le cachalot avec 2.300 mètres et, enfin, la baleine de Cuvier avec 3.000 mètres. © Emily N. National Geographic, basé sur l'étude PLoS de 2014 de Gregory S. Schorr et al.

La baleine de Cuvier, championne de plongée

En tout, 3.680 plongées ont été étudiées par les biologistes marins de l'Université de Duke. La durée médiane des plongées d'une baleine de Cuvier est de 59 minutes. Ce temps dans les abysses est consacré à la chasse durant lequel elle se nourrit essentiellement de céphalopodes, mais peut parfois chasser des poissons et des crustacés.

Environ 5 % des plongées observées dépassent 77 minutes, sans que l'animal ne montre des signes de fatigue. Et pour cause, deux individus ont battu tous les records : une plongée de 3 heures 42 minutes et une deuxième de 2 heures 43 minutes. Selon les scientifiques, ces prouesses sont dues à un métabolisme très ralenti et des capacités de stockage de l'oxygène dans les poumons hors du commun. 

Pour en savoir plus

Les baleines de Cuvier, championnes d'apnée, plongent à près de 3.000 m

Article publié le 31 mars 2014 par Janlou Chaput

Les mammifères marins capables de plonger le plus profondément et le plus longtemps ne sont pas les éléphants de mer. Les records de ces phoques viennent d'être battus par les plus abondants mais aussi les plus méconnus des cétacés, les baleines à bec de Cuvier, capables de chasser à 3.000 m de profondeur.

Un rostre de dauphin, un corps boudiné, des cicatrices sur le dos... La baleine à bec de Cuvier, Ziphius cavirostris, membre des odontocètes, n'a pas l'apparence des grands champions. Mais l'habit ne fait pas le moine. Derrière cette silhouette originale se cache peut-être le plus grand plongeur de tous les mammifères marins, comme le souligne une étude parue dans Plos One.

Derrière cette découverte, une équipe dirigée par Gregory Schorr, du collectif de recherche Cascadia, basé à Olympia, dans l'État de Washington, au nord-ouest des États-Unis. Les scientifiques ont suivi par balises Argos un groupe de 8 de ces baleines marquées, nageant dans les eaux situées au large des côtes du sud de la Californie. L'un des individus est allé se nourrir à 2.992 m de profondeur, dépassant ainsi le record homologué chez l'éléphant de mer, validé en 2010 à 2.388 m. Le plus grand des phoques est également surpassé en apnée : la plongée de 120 minutes officialisée en 1992 a été battue de 17 minutes.

Très discret, ce cétacé se retrouve en réalité dans la plupart des mers du globe et compte de très nombreux représentants dans ses rangs. Mais attiré par les grandes profondeurs, il se cache de la vue des bateaux, ce qui explique pourquoi nous le connaissons si mal. D'autant plus qu'à la différence des éléphants de mer ou des cachalots, d'autres plongeurs de l'extrême, qui demandent un temps de récupération avant d'enchaîner une autre descente abyssale, ces baleines de Cuvier n'ont besoin de souffler que deux minutes avant de repartir vers les grands fonds, à la recherche de céphalopodes ou de poissons benthiques.

L’éléphant de mer du sud peut faire la tête : son record a été battu ! © B.Navez, Wikipédia, cc by sa 3.0

La baleine de Cuvier entre dans le livre des records

Néanmoins, on retrouve parfois ces animaux marins morts sur les plages. La raison ? Les sonars militaires. À elles seules, ces baleines représentent 69 % des échouages de mammifères marins associés à ces opérations. Des cétacés particulièrement sensibles aux fréquences sonores émises par les navires. Ce qui les pousse peut-être à s'adapter en s'enfouissant plus profondément dans les océans. En identifiant les temps où les baleines sont à portée d'onde des sonars, ils espèrent voir de quelle façon ces émissions humaines affectent leur comportement.

Le secret de ces plongées profondes tient probablement de leurs très hauts niveaux de myoglobine, une molécule semblable à l'hémoglobine mais se trouvant dans les muscles, permettant de capter de grandes quantités d'oxygène. En diminuant les bulles d'air dans le sang, les baleines de Cuvier évitent les problèmes de décompression des gaz lors de la remontée, à l'origine des incidents chez l'Homme.

Il est probable que ces animaux descendent occasionnellement à plus de 3.000 m de profondeur. D'autres suivis similaires permettront sûrement aux scientifiques de les voir franchir le palier symbolique. Ou peut-être d'autres cétacés les dépasseront-ils ? Certains spécialistes supposent que des cachalots chassent parfois à des profondeurs plus importantes encore...

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