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Les cours d'eau contaminés aux pesticides déciment la biodiversité

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Les APIdays, les Journées nationales de l'abeille, ont débuté aujourd'hui et se poursuivent jusqu'au dimanche 22 juin. L'occasion de rappeler que cet insecte pollinisateur est vital pour la biodiversité, mais qu'il décline de façon alarmante, principalement à cause des pesticides. Ces composés chimiques n'affectent d'ailleurs pas uniquement les abeilles, tous les insectes dont les larves se développent dans les rivières sont menacés.

En 2008, la France était au 4e rang des pays consommateurs de pesticides. Les insectes butineurs, tels que les abeilles, sont les premiers à en subir les conséquences. © SweetShutter, Flickr, cc by nc nd 2.0

Les insecticides néonicotinoïdes, les principaux pesticides utilisés dans le monde, menacent la survie des abeilles. Ces insectes sont pourtant vitaux pour le maintien de la biodiversité car ce sont des pollinisateurs, indispensables à 80 % des plantes commercialisées. Les néonicotinoïdes agissent sur le système nerveux des abeilles, les désorientent et limitent la croissance des populations des ruches. Le cas des abeilles est loin d'être isolé. Les pesticides menacent une grande partie de la biodiversité.

Ainsi, des populations d'insectes dont les larves se développent dans les rivières se sont considérablement réduites dans celles polluées aux insecticides. Des études antérieures ont déjà mis en évidence l'hécatombe que provoquent les insecticides sur les insectes aquatiques, en évaluant l'évolution des larves dans un cours d'eau. Mais pour la première fois, une équipe de recherche publie les résultats d'une étude de grande échelle, où plusieurs pays et cours d'eau sont comparés.

Une équipe germano-australienne, dont l'étude est publiée dans les Pnas, montre que les populations de libellules et d'éphéméroptères se sont considérablement réduites. Une conséquence directe de l'utilisation de pesticides.

Les libellules, ou odonates, sont des prédateurs qui chassent efficacement grâce à leurs gros yeux. Leurs larves se développent dans les cours d'eau et deviennent terrestres à l'âge adulte. Durant leur développement larvaire, les libellules sont menacées par les pesticides. © Magraiveur Marc, Flickr, cc by nc nd 2.0

L'Europe est la mauvaise élève des pesticides

Les chercheurs ont étudié 23 cours d'eau dans les plaines du centre de l'Allemagne, 16 cours dans l'ouest de la France, et 24 au sud de Victoria en Australie. Ils ont été classés suivant trois niveaux de contamination de l’eau : pure, légèrement ou fortement contaminée. En Europe, les rivières aux forts taux de pesticides présentent 42 % d'espèces en moins que les cours d'eau non contaminés, contre 27 % en Australie. Le plus grave est que les cours d'eaux classés comme fortement contaminés sont jugés écologiquement propres par les autorités européennes. 

« Voilà qui montre que nos évaluations des risques ne fonctionnent pas. Je pense que nous devrions nous inquiéter à ce sujet car les invertébrés sont une partie importante de la chaîne alimentaire », commente Mikhail Beketov, premier auteur de l'étude. Et la France est loin d'être bonne élève sur la question. Si elle vient d'être condamnée pour la surpollution aux nitrates, la majorité de ses cours d'eau sont contaminés aux pesticides : en 2011, sur 2.360 lieux échantillonnés dans toutes les régions, 93 % révélaient leur présence.

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