Des chercheurs ont appris à faire des calculs aux abeilles. © PxHere

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Les abeilles savent faire des additions et des soustractions

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Après les singes, le perroquet, le pigeon et les araignées, les abeilles entrent dans le club des animaux maîtrisant le calcul abstrait. Une faculté dont elles se servent dans leur vie quotidienne.

En 2018, des chercheurs français et australiens avaient montré que les abeilles comprenaient le concept de zéro. La même équipe, issue de la RMIT University de Melbourne et du Centre de recherches sur la cognition animale (CRCA) de Toulouse, récidive avec une nouvelle étude parue dans la revue Science Advances démontrant que l'insecte pouvait aussi additionner et soustraire.

Des carrés de couleur pour apprendre à compter

Les scientifiques ont pour cela utilisé deux couleurs associées chacune à une opération : bleu pour l'addition, jaune pour la soustraction. L'abeille est placée dans un tunnel en forme de Y avec à l'entrée des échantillons de carrés de couleur (par exemple trois carrés jaunes sur fond gris). Si les carrés sont bleus, elle devra ajouter un carré, s'ils sont jaunes, en retrancher un. À chaque fois, l'insecte est récompensé par de l'eau sucrée s'il emprunte le bon chemin et « puni » par une solution amère s'il se trompe.

Dans un labyrinthe en Y, les abeilles sont entraînées à choisir la bonne réponse : soustraire un carré si la couleur est jaune, ajouter un carré si la couleur et bleue. © Scarlett R. Howard et al., Science advance, 2019

Après avoir entraîné les abeilles sur une centaine d'essais, le taux de bonnes réponses est passé de 50 %, reflétant des choix aléatoires, à 80 %. Les chercheurs ont ensuite supprimé le stimulus (eau sucrée) et vérifié que le taux de réussite restait à 70 %. Afin d'éliminer tout biais expérimental, diverses mauvaises réponses et des carrés de différentes tailles ont été testés.

Le calcul, une faculté innée des abeilles ?

Les abeilles savent-elles calculer à l'état sauvage ou sont-elles juste douées d'apprentissage ? Selon Aurore Avarguès-Weber, une des auteurs de l'étude, la durée d'entraînement est insuffisante pour créer suffisamment de nouvelles connexions cérébrales. Selon la chercheuse, la manipulation de quantités serait innée et permettrait aux abeilles de créer une carte cognitive de leur environnement, par exemple de savoir que leur ruche est située après la cinquième maison, là où se dressent deux arbres.

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