Le cratère de Wolfe Creek est un cratère météoritique situé dans l'État d’Australie-Occidentale. Il mesure 875 mètres de diamètre et 60 mètres de profondeur. L’impact serait survenu il y a moins de 300.000 ans au Pléistocène et c'est pourquoi il est facilement identifiable. Ce n'est pas le cas du double cratère d'impact supputé dans le bassin Warburton, en Australie-Méridionale, qui est quant à lui bien plus ancien. © Australia's North West
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L'un des plus grands cratères d'impact du monde se cache en Australie

ActualitéClassé sous :Géologie , Warburton Basin , Central Australia

Invisible en surface, un cratère d'impact australien n'a cependant pas échappé au regard pénétrant de géophysiciens prospectant pour de l'or. Ce n'est pas le plus grand astroblème connu en Australie mais avec ses cinq kilomètres de diamètre, c'est l'un des plus grands sur Terre.

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[EN VIDÉO] Le cratère de Chicxulub, témoin de l’extinction des dinosaures  Il y a environ 65 millions d’années, près de la péninsule du Yucatán, au Mexique, une météorite de plus de 10 km de diamètre s’écrasa sur Terre formant le cratère de Chicxulub. Le choc, équivalent à environ un million de bombes atomiques, serait en partie responsable de l’extinction des dinosaures. Discovery Science revient sur cet événement en vidéo. 

Comme Futura le rappelait dans le précédent article ci-dessous, avec le Canada, l'Australie est un paradis pour les passionnés de cratères d'impacts d'astéroïdes. Pas seulement d'ailleurs car les chasseurs de météorites y sont aussi à la fête ainsi que ceux qui se penchent sur l'origine de la vie et partent en quête des plus anciennes roches du monde pouvant contenir des fossiles des premières formes vivantes.

On peut avoir une idée de la richesse en astroblèmes de l'Australie en visionnant la vidéo, ci-dessous. Et il est possible que cette richesse soit bien plus grande que l'on ne l'imaginait jusqu'à présent, si l'on en croit une découverte annoncée par le géologue et géophysicien Jayson Meyers alors que lui et ses collègues de la société Resource Potentials, qu'il a fondée en Australie, prospectaient à la recherche d'un nouveau gisement d'or sur un terrain appartenant à la troisième plus grande société minière d'or d'Australie, Evolution Mining.

Une présentation des cratères d'impact en Australie. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Earth & Environmental Sciences MQ

La technique de prospection utilisée était du domaine de l'électromagnétisme appliqué telle l'étude du magnétisme terrestre et de la conductivité électrique des terrains. Grâce à ce genre de méthode, les géophysiciens sont même en mesure d'évaluer le volume et la profondeur d'un gisement riche en fer, par exemple. Ce type de ressource produit en effet des anomalies au niveau du magnétisme terrestre ou de la conductivité électrique des terrains.

Beaucoup de cratères encore cachés sur Terre ?

Le nouveau cratère identifié se trouve près de la ville minière d'Ora Banda, au nord-ouest de Kalgoorlie-Boulder. D'après Meyers, son diamètre serait d'environ cinq kilomètres, soit cinq fois plus grand que le célèbre cratère Wolfe Creek dans le Kimberley. Son étendue a été précisée en utilisant des mesures gravimétriques et, grâce à des carottages, son âge est évalué à environ 100 millions d'années, donc pendant le Crétacé mais avant la formation du fameux cratère de Chicxulub. Le diamètre de ce dernier dépasse, lui, allègrement les 100 kilomètres et on sait qu'il est associé à la fameuse extinction des dinosaures.

Une carte des anomalies de gravité montre l'anneau du cratère ainsi que le pic central des roches qui est l'équivalent de celui qui se forme avec une goutte d'eau dans un verre. Les roches sont en effet capables de se comporter comme un milieu fluide et élastique sous certaines contraintes. © Resource Potentials

« Cette découverte a été faite dans une région où le paysage est très plat. Vous ne sauriez pas qu'il était là parce que le cratère a été comblé au cours du temps géologique », explique Jayson Meyers dans un article du journal britannique The Guardian. En effet, depuis le Crétacé, l'érosion a fait son œuvre et on ne suspecte rien en surface.

Jayson Meyers ajoute : « Nous avons probablement été frappés par plus d'astéroïdes que nous ne le pensions. Si nous commençons à en reconnaître davantage, alors notre perspective commence à changer et nous devons nous demander quelle est la fréquence de ces impacts et pourquoi ils se produisent. Si nous pouvons mieux comprendre l'histoire géologique, nous pourrons prédire quand le prochain événement se produira. »

On peut estimer la taille du corps céleste à l'origine de cet astroblème que l'on peut découvrir en mettant au jour dans les carottes de forages, car elles exhibent la présence de « shatter cone », ou cônes de percussion, des structures rocheuses présentant des fractures divergentes en forme de cône que l'on ne trouve que dans les cratères d'impacts météoritiques ou d'explosions nucléaires, et qui sont le produit des ondes de choc violentes.

L'astéroïde qui a frappé la Terre, il y a longtemps, devait faire entre 100 et 200 mètres de diamètre. On peut en effet connecter l'énergie nécessaire pour creuser un cratère à l'énergie cinétique du corps à l'origine de l'impact dont la gravité fixe la vitesse.

  • L’Australie est un paradis pour les passionnés de cratères d’impacts d’astéroïdes ou de comètes.
  • On vient d'en découvrir un de cinq kilomètres de diamètre et âgé d'environ 100 millions d'années.
  • Il était invisible en surface à cause de l'œuvre de l'érosion mais des méthodes de prospection géophysique l'ont mis en évidence.
  • Il pourrait y en avoir bien plus de cachés de cette manière.
Pour en savoir plus

Le plus grand cratère d'impact d'astéroïde a-t-il été découvert en Australie ?

Article de Laurent Sacco publié le 26/03/2015

Enfouies sous plusieurs kilomètres de sédiments, deux structures identifiées en Australie pourraient bien être la trace laissée par un double impact d'astéroïde il y a des centaines de millions d'années. Si tel est bien le cas, avec un diamètre de 400 km, il s'agirait du plus grand cratère d'impact connu sur Terre. À l'époque, la chute d'un astéroïde d'une telle ampleur aurait dû engendrer une crise biologique majeure. Problème : selon la datation de l'impact, l'événement aurait eu lieu à une période qui ne comporte pourtant aucune extinction massive connue.

Avec le Canada, l'Australie est un paradis pour les passionnés de cratères d'impacts d'astéroïdes. Un groupe de géologues mené par l'Australien Andrew Glikson vient de le confirmer en publiant un article dans Tectonophysicsqui annonce la découverte probable du plus grand cratère d'impact connu. Le précédent record était détenu par l'astroblème de Vredefort, en Afrique du Sud. On estime son diamètre à 300 km et son âge à deux milliards d'années environ. Dans le cas de la structure découverte dans le bassin de la rivière Warburton, situé en Australie-Méridionale, on serait en présence d'une structure de 400 km de diamètre. Il ne s'agirait cependant pas d'un unique cratère d'impact mais bien de deux cratères, larges de 200 km chacun environ, qui se seraient formés simultanément en raison de la fragmentation d'un astéroïde.

Comme dans le cas du cratère de Chicxulub, cette découverte s'est faite par sérendipité. Des travaux de prospection pétrolière conduits à l'aide de l'analyse des ondes sismiques avaient en effet déjà révélé l'existence de structures enfouies sous plus de 3 km de sédiments. Ce que confirmaient aussi d'autres méthodes géophysiques utilisées pour la prospection, à savoir la gravimétrie et la prospection magnétique. La surprise est surtout venue de l'étude des carottes de forages réalisées cette fois-ci dans le cadre de la prospection géothermique.

Andrew Glikson examine un échantillon de suévite, une roche formée par l'impact d'une météorite sur Terre. Il s'agit d'une brèche d'impact présentant des fragments de roche liés dans une matrice. © D. Seymour

AAAAAAndrew Glikson et ses collègues ont constaté, en examinant au microscope les quartz retrouvés dans les échantillons de roches ramenés en surface, que ceux-ci contenaient des traces caractéristiques laissées par des ondes de choc colossales. En d'autres termes, il s'agissait de quartz choqués, des indicateurs forts d'impacts d'astéroïdes. Mais cette conclusion avait de quoi rendre les spécialistes en géosciences particulièrement perplexes.Un cratère plus ancien que l'extinction du Permien-TriasEn effet, la datation des roches présentes au-dessus des structures qui semblent résulter d'un double impact d'astéroïde indique que celui-ci a dû se produire il y a au moins 300 millions d'années, au maximum 420. Si l'on avait trouvé comme borne inférieure à -200 millions d'années, la découverte aurait été retentissante car elle aurait été compatible avec la plus grande extinction massive qu'ait connue la biosphère, celle du Permien-Trias il y a environ 252 millions d'années. Or, avec un astroblème de 400 km de diamètre, le plus grand identifié à la surface de la Terre (celui de Chicxulub fait 180 km), on devrait pouvoir lui associer des dépôts et surtout une crise biologique majeure, ce qui n'est absolument pas le cas.L'annonce est donc prise avec un certain scepticisme par plusieurs collègues de Glikson. Christian Koeberl, un expert en impacts d'astéroïdes du Muséum d'histoire naturelle de Vienne (Autriche) n'est, par exemple, pas convaincu par les arguments avancés dans l'article de Tectonophysics. Pour lui, les anomalies géophysiques détectées par gravimétrie et prospection sismique ne ressemblent pas à celles rencontrées habituellement avec les astroblèmes étudiés ailleurs sur Terre. Ses interprétations concernant les quartz choqués divergent aussi de celles de ses collègues. Le chercheur ne les reconnaît pas comme tels mais comme des manifestations de l'activité magmatique de notre Planète.Glikson persiste néanmoins mais il concède qu'il s'agit d'un mystère et le chercheur d'ajouter : « Nous ne pouvons pas trouver de grandes extinctions qui coïncident avec ces collisions. Je suspecte que l'impact pourrait être plus vieux que 300 millions d'années ».AAAA

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