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La chute d'un astéroïde aurait marqué la fin du dernier âge glaciaire

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La cause de l'extinction de nombreuses espèces, y compris celle des mammouths ainsi que le déclin de la civilisation de l'âge de pierre, reste une énigme. Mais les recherches d'une équipe de scientifiques internationaux privilégient aujourd'hui la thèse de l'explosion d'un astéroïde ou d'une comète dans la haute atmosphère terrestre voici environ 13 000 ans.

Image colorisée prise au microscope électronique d'une microsphère de carbone vitrifié découverte au sein de la "black mat", considérée comme une évidence d'impact extraterrestre. Crédit : Jim Wittke

Ted Binch et Jim Wittke, deux géologues co-auteurs d'un rapport à ce sujet et assistés dans leurs recherches par des scientifiques hongrois et néerlandais, pensent qu'un tel impact extraterrestre serait à l'origine de l'extinction ayant eu lieu à la fin du dernier âge glaciaire.

"La détonation qui s'est produite a carbonisé la plupart des êtres vivants ou l'onde de choc qui en a résulté les a tués", déclare Ted Bunch, qui est aussi un ancien spécialiste des cratères et de leur formation pour le compte de la Nasa. "Cela a provoqué un mini-hiver nucléaire", poursuit-il.

Selon Bunch, l'absence de tout cratère d'impact correspondant à cette période peut s'expliquer par la fragmentation d'un noyau cométaire au-dessus de l'atmosphère, dont les résidus se seraient ensuite éparpillés sur au moins deux continents. Cette hypothèse semble aussi confirmée par la présence dans les couches géologiques d'une nappe épaisse d'une dizaine de centimètres, dénommée "black mat", riche en carbone.

La black mat

Celle-ci apparaît surtout en Europe, au Groenland et au Canada, et jusqu'au large des côtes californiennes. Cette couche est essentiellement constituée d'un conglomérat d'eau et de restes d'algues sous la forme de résidus carbonés provenant d'une combustion. De nombreux éléments montrent une origine extraterrestre, tels des fullerènes, des molécules de carbone en forme de sphère creuse qui ne peuvent se former que lors d'un choc important en dehors de l'atmosphère. Emprisonnées dans ces fullerènes se trouvent des molécules d'hélium 3 en concentration beaucoup plus importante qu'ailleurs sur Terre. Cette couche noire renferme aussi des nanodiamants, qui ne peuvent se former que dans le milieu interstellaire ou à la faveur d'une explosion extrêmement violente.

"Ou ces éléments se sont formés durant une collision avec le compacteur, ou ils l'ont été durant l'impact. Nous ne pouvons actuellement expliquer leur présence", affirme Bunch, ajoutant que l'explosion dont il est question dans cette hypothèse équivaudrait à une puissance de 10 millions de mégatonnes, bien supérieure à ce que représenterait la détonation simultanée de toutes les charges nucléaires fabriquées jusqu'à ce jour sur Terre.

Un important dérèglement climatique

Selon l'équipe, cet événement cataclysmique aurait déstabilisé l'épaisse couche glaciaire qui recouvrait alors le Canada et le nord du continent américain. La chaleur produite aurait transformé une grande partie de cette masse en eau et en vapeur, qui se serait répandue dans l'atmosphère en provoquant une élévation des températures moyennes d'environ 8 degrés pendant un siècle. Cela expliquerait aussi la nature à base d'eau de la "black mat".

Le groupe de chercheurs estime que ce type d'impact avec explosion en haute altitude pourrait avoir été beaucoup plus commun que ce que l'on pensait, les statistiques étant faussées par le manque de traces clairement visibles telles des cratères. Un tel événement, beaucoup plus puissant, a anéanti environ 85 % de la biomasse ainsi que les dinosaures il y a 65 millions d'années. Plus près de nous, un gigantesque bolide semble s'être écrasé il y a 4 000 ans au niveau des îles Kerguelen, au sud de l'océan Indien, répandant des débris jusqu'aux antipodes. L'explosion la plus récente a été enregistrée en 1908 au-dessus de la Tunguska, et a détruit des millions d'arbres sur une superficie de plus de 2 000 km². Sa puissance a été évaluée à environ 15 mégatonnes.

Et ce n'est probablement pas fini...

Ce rapport est en cours de publication dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

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