Déchets de construction. © FreeProd33, shutterstock

Planète

Combien pèse tout ce que l'Homme a pu fabriquer ?

ActualitéClassé sous :Environnement , Anthropocène , continent de déchets

Elle est un produit de la biosphère et est en interaction avec elle : la technosphère. Comprenant absolument tout ce qui a été fabriqué par l'Homme depuis des millénaires, depuis le biface, la serpe, la roue, les pièces de monnaie, les fermes, les buildings et jusqu'à nos ordinateurs, satellites, etc., son poids s'élève à 30.000 milliards de tonnes, d'après une évaluation qui vient de paraître. Et bien sûr, elle n'a de cesse de croître.

Des termes forgés par le chimiste russe Vladimir Vernadsky (1863-1945), considéré comme l'un des fondateurs de la géochimie, on connaît plus celui de biosphère, l'ensemble du vivant, que celui de « technosphère ». Ce dernier, qui fait écho à la notion d'anthropocène, cette période de l'histoire de la Terre caractérisée par l'empreinte que l'Homme laissera dans les couches géologiques, désigne la totalité des constructions d'origine humaine. Tout y passe, de ce que nous avons fabriqué pour vivre, nous abriter, nous développer, etc. Cela comprend tous les bâtiments mais aussi les milliards d'objets, depuis les premiers outils jusqu'à nos ordinateurs, smartphones, sans oublier les déchets, recyclables ou non, produits depuis l'aube de l'humanité.

Après enquête, une équipe internationale dirigée par Jan Zalasiewicz, Mark Williams et Colin Waters, tous trois géologues à l'université de Leicester, vient de publier dans The Anthropocene Review, son évaluation du poids total de la technosphère. Il s'élève à quelque... 30.000 milliards de tonnes. Pour donner une idée de ce que cela représente, si on pouvait tout étaler sur la Terre, cette masse représenterait 50 kg par mètre carré !

Un monde sans déchets est-il possible ? Oui, expliquent les prosélytes de l'économie circulaire, comme la fondation Ellen MacArthur, qui en présente le principe. © Fondation Ellen MacArthur, Youtube

Un phénomène majeur qui évolue rapidement

Considérant la technosphère comme un bon indicateur de l'anthropocène et donc de la façon dont nous remodelons notre monde, les auteurs rappellent que nous en faisons partie intégrante. Et, bien que nous croyions tout contrôler, nous avons tout intérêt à maintenir en vie ce système.

« On peut dire que la technosphère a bourgeonné sur la biosphère et est maintenant, sans doute, du moins partiellement, un parasite sur elle, a déclaré Mark Williams. À son échelle actuelle, c'est un nouveau phénomène majeur sur cette planète et il évolue très rapidement. »

Toutefois, comme le précise le professeur, cette expansion pourrait être freinée par les difficultés de la technosphère, relativement à la biosphère, à « recycler sa propre matière ». Les décharges en plein essor ne cessent de nous le rappeler et « cela pourrait être un obstacle à ses succès dans le futur, et pourrait même l'arrêter complètement ».

L'empreinte de la technosphère est d'ores et déjà bien marquée sur notre planète. Pour les chercheurs, si ce qu'ils appellent les technofossiles devaient être classés comme le font les paléontologues avec les fossiles du vivant, le nombre des différents types dépasserait le milliard, soit un chiffre bien supérieur à celui des espèces ayant vécu sur Terre.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi