Oculudentavis khaungraae, un minuscule dinosaure à tête d’oiseau. © HAN Zhixin, Los Angeles Natural History Museum
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Le plus petit dinosaure du monde était en fait… un lézard

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L'article de Nature décrivant un fossile de dinosaure de deux grammes trouvé dans l'ambre vient d'être rétracté. Les preuves se sont accumulées pour démontrer que Oculudentavis khaungraae appartient en fait à la lignée des lézards et non pas des oiseaux.

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[EN VIDÉO] Ce petit dinosaure volait de branche en branche il y a 163 millions d’années  Ambopteryx longibrachium est un nouveau petit dinosaure dont le fossile a été découvert par un paysan aux abords de son village en Chine en 2017. Regardez comment cette créature se déplaçait dans la forêt où il chassait au cours du Jurassique supérieur. Ses ailes membraneuses lui permettaient de s’essayer au vol bien avant les oiseaux. 

L'étude avait fait grand bruit en mars dernier. Des chercheurs affirmaient dans la revue Nature avoir identifié une nouvelle espèce de dinosaure à tête d'oiseau pesant à peine deux grammes et fossilisé dans un morceau d'ambre vieux de 99 millions d'années (lire ci-dessous). Cette même revue a annoncé le 23 juillet dernier la rétractation de son article après avoir découvert que le spécimen appartenait probablement au groupe des lézards, une branche différente de reptiles.

Le fossile du prétendu dinosaure découvert dans l’ambre est en fait celui d’un lézard. © Xing Lida

Les doutes sur la classification du fossile avaient émergé dès la parution de l'article original. Des chercheurs chinois avaient publié un texte sur le site bioRxiv affirmant que l'analyse morphologique du spécimen « était en contradiction évidente avec sa classification comme oiseau ou même comme archosaurien » -- un clave plus large regroupant notamment les crocodiliens, oiseaux et dinosaures -- et qu'il montrait à l'inverse de grandes similitudes avec les lézards. Les auteurs de l'étude de Nature avaient alors réfuté ces allégations, eux aussi sur bioRxiv. Une autre équipe, n'ayant pas publié d'article, est revenue à la charge en décrivant un autre fossile pratiquement similaire que l'équipe avait classifiée comme lézard.

De fréquentes erreurs de classification

« Ces nouvelles données montrent que nous nous sommes trompés », reconnait aujourd'hui Jingmai O'Connor, de l'Académie des Sciences chinoise et coauteur de l'article original. « Il n'empêche que ce spécimen reste d'un grand intérêt scientifique de par ses particularités morphologiques », insiste-t-il. Les mauvaises classifications ne sont pas surprenantes en paléontologie, notamment lorsque les fossiles sont rares ou incomplets. Quand ils ne sont pas tout simplement trafiqués. En janvier 2020, un paléontologue avait découvert qu'une nouvelle espèce d'araignée géante décrite dans une revue scientifique était en fait un banal fossile d'écrevisse auquel on avait rajouté des pattes.

  • Un crâne de minuscule dinosaure appelé Oculudentavis khaungraae a été retrouvé dans un morceau d’ambre âgé de 99 millions d’années.
  • Il devait peser autour de deux grammes, soit le poids d’un colibri actuel.
  • Sa morphologie hybride entre l’oiseau et le dinosaure laissait toutefois planer le doute quant à sa vraie nature qui, finalement, s'est avérée être de la branche des lézards.
Pour en savoir plus

C’est peut-être le plus petit dinosaure à avoir vécu sur Terre

Article de Céline Deluzarche publié le 15/03/2020

Il pesait à peine deux grammes et avait la taille d'un colibri : des chercheurs ont découvert dans l'ambre un minuscule crâne de dinosaure, qui pourrait être le plus petit jamais découvert. Mais s'agit-il vraiment d'un dinosaure ou d'un oiseau ? Ses particularités bizarres laissent les scientifiques perplexes.

Patagotitan mayorum est le plus gros dinosaure et le plus gros animal terrestre à avoir jamais foulé le sol de la Terre. Un sauropode géant de 70 tonnes et 35 mètres, soit la taille de deux wagons de TGV. On connaît aussi les gigantesques ptérosaures, qui pouvaient atteindre 10 mètres d'envergure et des centaines de kilogrammes (qui ne sont pas des dinosaures mais s'apparentent plutôt aux reptiles). Oculudentavis khaungraae, lui, pesait à peine deux grammes, et c'est sans doute le plus petit dinosaure jamais découvert, rapporte une équipe de chercheurs dans la revue Nature du 12 mars.

Un minuscule crâne retrouvé dans l’ambre

C'est dans un morceau d'ambre de 99 millions d'années, provenant du site d'Angbamo, au nord de la Birmanie, que les chercheurs ont découvert le crâne de ce minuscule spécimen, mesurant à peine 1,5 cm de long. À première vue, ce crâne ressemble fortement à une tête d'oiseau. Les auteurs reconnaissent d'ailleurs que la phylogénie de ce spécimen n'est pas très claire. Oculudentavis pourrait appartenir au groupe d'oiseaux le plus commun de la période du Crétacé (entre 145 millions à 66 millions d'années), les énantiornithines. Mais il pourrait tout aussi bien se situer à mi-chemin entre les oiseaux et l'Archéoptéryx, un dinosaure à plumes emblématique du Jurassique.

Un dinosaure aux étranges caractéristiques

La confusion est d'autant plus grande que Oculudentavis possède plusieurs caractéristiques bizarres. Le crâne est doté de deux cavités oculaires dotées d'osselets scléraux, typiques des oiseaux. Mais les orbites sont bien plus grosses proportionnellement au corps que ce qu'on observe sur les oiseaux habituellement. Son bec allongé est orné de petites dents pointues. Certains oiseaux primitifs possédaient eux aussi des dents, mais celles d'Oculudentavis sont bien plus nombreuses (une centaine) et réparties sur toute la longueur du bec. En outre, il présente des traits qu'on ne voit ni chez les oiseaux ni chez les dinosaures, mais chez... le lézard, comme le fait que ses dents sont implantées sur le côté de l'os de la mâchoire plutôt que dans des cavités. Ces bizarreries pourraient toutefois s'expliquer par sa taille miniature, des yeux disproportionnellement grands lui permettant de garder des capacités sensorielles suffisantes.

Contrairement au colibri, Oculudentavis khaungraae devait se nourrir d’insectes car son bec est muni d’une centaine de petites dents pointues. © HAN Zhixin, Los Angeles Natural History Museum, Nature Video, YouTube

Oiseaux et dinosaures : une évolution parallèle

De nombreuses études se sont penchées ces dernières années sur l'évolution parallèle des dinosaures et des oiseaux. Ces deux animaux appartiennent au même groupe, les théropodes, apparus au Trias supérieur il y a environ 220 millions d'années. À partir de là, certains dinosaures auraient peu à peu pris des caractéristiques d’oiseaux, telles que les plumes, le vol, le métabolisme endothermique, ou leur système pulmonaire particulier. Le consensus est que les oiseaux sont en réalité des dinosaures modernes à part entière. Du coup, Oculudentavis bat le record du colibri d'Elena (Mellisuga helenae), le plus petit oiseau du monde actuellement avec ses deux grammes et ses cinq centimètres. Parmi les plus petits dinosaures disparus figurent notamment Ambopteryx longibrachium, un petit dinosaure aux ailes de chauve-souris décrit en 2019 et qui mesurait 32 centimètres pour un poids 300 grammes, ou encore le Microraptor, de la taille d'un faucon actuel.


Mahakala : le nouveau dinosaure-oiseau miniature

Article de Laurent Sacco publié le 14/09/2007

La découverte d'un nouveau fossile de dinosaure dans le désert de Gobi, appartenant à une espèce apparentée aux fameux vélociraptors de Jurassic Park, confirme que les oiseaux sont apparus à la suite d'une miniaturisation progressive des dinosaures à plumes. Le nouveau venu a été baptisé Mahakala et il est âgé de 80 millions d'années.

Depuis la découverte des dinosaures à plumes en Chine les restaurants peuvent afficher à leur menu non plus "poulet-frites" mais bien "dinosaure-frites" puisque l'on sait maintenant que les dinosaures n'ont pas tous disparu : il nous reste les oiseaux. En fait on s'en doutait déjà depuis le XIXe siècle en comparant les squelettes des Archéoptéryx avec ceux des Compsognathus, des micro-dinosaures théropodes.

Des Compsognathus (Crédit : www.marshalls-art.com).

Cela peut sembler surprenant parce que, dans l'image que l'on s'en fait ordinairement, un dinosaure est forcément un gros animal, ce qui est faux. La situation serait comparable à celle de futurs paléontologues parlant des mammifères comme étant représentés par la baleine bleue et le Baluchithérium : clairement une simplification excessive des faits. Enfin, les oiseaux sont peut-être des dinosaures particuliers mais pas plus ni moins que les dauphins ne sont des mammifères particuliers.

Le squelette

Le fossile de Mahakala décrit dans un article du 7 septembre 2007 de Science est un petit dromaesauridé carnivore d'environ 70 cm de long. Celui-ci vivait au Crétacé et il représente une étape dans la voie de la miniaturisation entre les premiers dinosaures à plumes et les oiseaux. Bien qu'il ait été retrouvé dans une couche datant d'environ 80 millions d'années, sa proximité anatomique avec les premiers dromaesauridés fait que son origine est plus ancienne et doit remonter au début du Crétacé, il y a plus de 100 millions d'années.

Jusqu'à présent, les fossiles démontrant le processus de miniaturisation progressive des dinosaures-oiseaux étaient plutôt rares. Le squelette trouvé est plus complet et l'étude de ses os montre qu'il s'agit bien d'un adulte. L'apparition du vol étant particulièrement difficile, en plus des plumes il faut par exemple des os creux pour alléger suffisamment le squelette, on pouvait s'attendre à ce que les premiers dinosaures capables de voler soient de petite taille.

En fait, que ce soit avec les ptérosaures, qui ne sont pas des dinosaures, ou les chauves-souris, leurs ancêtres étaient tous petits. Les paléontologues avaient donc prédit qu'on finirait par retrouver des dinosaures comme Mahakala, montrant les premiers signes des adaptations nécessaires au vol.

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