Certains des dinosaures représentés dans Jurassic Park obéissaient davantage à l'expression artistique qu'aux découvertes scientifiques. © Orlando Florin Rosu, Adobe Stock
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Ce dinosaure vu dans Jurassic Park avait plutôt cette tête

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En 1993, lorsque le Dilophosaurus est apparu dans Jurassic Park, les données scientifiques manquaient. Alors l'expression artistique a comblé les trous pour illustrer ce théropode. Désormais, il n'y aura plus d'excuse ! Puisque de nouveaux résultats permettent une représentation plus précise, et plus proche de la réalité, de ce grand animal.

Une crête fragile. Une mâchoire faible. Bien qu'étant le plus gros animal connu pour avoir foulé l'Amérique du Nord, au début du Jurassique, les premières descriptions de Dilophosaurus wetherilli ne faisaient pas de lui un prédateur terrifiant. Mais une étude parue dans le Journal of Paleontology rebat les cartes. Sa mâchoire aurait été accompagnée de muscles puissants, tandis que sa double crête aurait été renforcée par des poches d'air.

Ce théropode de six mètres de long aurait effectivement eu des « os pneumatiques », à l'instar des oiseaux modernes. C'est-à-dire que leurs os sont parsemés de poches d'air, afin de diminuer le poids du corps. En l'occurrence, certaines de ces cavités auraient été remplies par des sacs aériens - des organes du système respiratoire. « Un peu comme du papier bulles'amuse Adam Marsh, coauteur de l'étude, l'os est protégé et renforcé ».

Chez Dilophosaurus, les poches d'air se seraient étendues de la cavité sinusale aux crêtes. Muni de cette particularité, il aurait peut-être pu gonfler certaines zones de sa peau, comme peuvent le faire des oiseaux durant les parades nuptiales, ou bien disperser la chaleur.

Interprétation d'artiste du Dilophosaurus, basée sur la dernière étude. © Brian Engh, Musée Saint George de découverte des dinosaures

Et le mystère s'éclaircit !

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont étudié cinq spécimens fossilisés, provenant tous de la formation Kayenta en Arizona (États-Unis). En enregistrant les caractéristiques anatomiques de chacun des fossiles, ils ont pu utiliser un algorithme et les comparer au tout premier fossile découvert. Décrit dans un document de 1954, celui-ci a établi une norme sur ce qu'est un Dilophosaurus

Mais ce document datant de près de 70 ans n'est pas très clair. Dès lors, les résultats de cette nouvelle étude vont permettre aux paléontologues de mieux identifier les prochains échantillons. Et c'est déjà le cas. Un crâne reposant dans les collections de la Jackson School serait en réalité celui d'un Dilophosaurus. « Nous avons réalisé que ce n'était pas un nouveau type de dinosaure, mais un Dilophosaurus juvénile, ce qui est vraiment cool », s'extasie Adam Marsh.

Un dernier détail, qui décevra peut-être les fans de Jurassic Park : dans cette étude comme dans les précédentes, aucune donnée n'a permis d'affirmer que cette espèce de dinosaure crachait du venin. Il ne s'agit, jusqu'à preuve du contraire, que d'expression artistique...

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