Notre planète va mal. Et nous avons plutôt bien conscience de notre responsabilité en la matière. Pourtant, il nous reste difficile de passer à l’action. Plus que des données scientifiques, ce qui pourrait convaincre certains, ce sont des histoires vécues, nous expliquent aujourd’hui des chercheurs.

En matièrematière d'environnement, il semblerait que le fond du message ne suffise pas à nous convaincre à passer à l'action. La forme a son importance. Selon des chercheurs de l’université Johns Hopkins (États-Unis), les histoires vécues peuvent être beaucoup plus convaincantes que les faits scientifiques. Pour certains d'entre nous, en tout cas.

Ils ont enquêté sur plus de 1.200 personnes. Certains ont regardé une vidéo racontant l'histoire vraie d'un homme de leur région décédé après avoir mangé des crustacés contaminés. D'autres ont vu une vidéo présentant des faits scientifiques sur les impacts de la pollution sur les écosystèmes. Puis, les chercheurs leur ont proposé d'acheter des produits qui pourraient aider à limiter la pollution. En moyenne, ceux qui avaient entendu l'histoire vécue ont accepté, pour cela, de payer plus cher que les autres.

Des histoires pour les uns, des faits pour les autres

Mais la réelle surprise ne vient pas de là. Plutôt du fait qu'à y regarder de plus près, les chercheurs se sont aperçus que c'est surtout le cas pour les Démocrates. Les Républicains, eux, semblent avoir plutôt tendance à se laisser convaincre par des données scientifiques. Et même à vouloir payer les produits verts moins cher lorsqu'ils ont entendu l'histoire vraie du pauvre homme.

« Nous espérons que cette étude stimulera plus de travail sur la façon de communiquer l'urgence du changement climatique et d'autres défis environnementaux mondiaux », commente Hilary Byerly, chercheur à l'Université du Colorado (États-Unis), dans un communiqué. Car il semblerait qu'un message unique dans sa forme ne puisse pas convaincre tout le monde.