50 Partners Impact propose à des entrepreneurs du conseil et de l’accompagnement sur le passage à l’échelle de leur projet. © 50 Partners Impact
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Transition écologique : « les start-ups peuvent faire bouger les lignes ». Entretien avec Florent Ducos

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Étant donné l'énergie et l'optimisme dont doivent faire preuve les entrepreneurs pour la réussite de leurs projets, pourquoi ne pas les mettre au service d'une cause essentielle, comme la transition écologique ? C'est avec cette idée en toile de fond que 50 Partners accompagne des start-ups. Entretien avec Florent Ducos, VC (Venture Capitalist, investisseur) à 50 Partners Impact.

Comment fonctionne 50 Partners Impact ?

Florent Ducos : 50 Partners Impact propose à des entrepreneurs du conseil et de l'accompagnement sur le passage à l'échelle de leur projet. Quoi de mieux pour ça que de bénéficier du regard et de l'expérience de personnalités qui ont réussi dans leur domaine ? Ils sont 50, d'où le nom de la structure -- par exemple les fondateurs de BlaBlaCar, KissKissBankBank, Ynsect -- à investir temps et argent pour cela. Les porteurs de projets bénéficient aussi d'une connexion avec l'écosystème des entreprises, d'un réseau d'échange à l'international, d'accompagnement au financement, de bureaux dans notre accélérateur. Sur les 1.000 projets qui nous sont soumis par an, nous en sélectionnons 5 à 7 après plusieurs phases et surtout validation d'au moins la moitié des partners.

Sur quels thèmes de la transition énergétique sont positionnées les start-ups que vous accélérez ?

Florent Ducos : Toutes les initiatives que nous accompagnons doivent être « impact natives » et répondre aux 17 objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations unies. Nous insistons même pour que l'ambition de leur projet reprenne presque mot pour mot au moins une des 169 cibles de ces objectifs. Alors, forcément, il y a des tendances en fonction des périodes, comme le sujet de la consigne qui était assez présent il y a un an ou l'explosion des mesures de tracking du carbone et des simili-aliments cette année. La balance penche en tout cas encore trop en faveur de l'environnemental au détriment du social, sur un ratio respectivement de l'ordre de 70 % et de 30 %, mais qui est dû essentiellement à des business models moins évidents à mettre en place dans ce second domaine.

Florent Ducos, cofondateur de 50 Partners Impact. © Julien Mouffron-Gardner

Quel projet est selon vous emblématique de la pertinence de votre structure ?

Florent Ducos : Je me réjouis par exemple de la réussite d'une démarche comme La Marque en Moins, qui milite pour un nouveau modèle de consommation, favorise le circuit le plus court entre le producteur et le consommateur, supprime l'inutile pour revenir à l'essentiel et garantit une totale transparence sur les produits d'entretien. Au niveau social, Tom et Josette, le premier réseau de micro-crèches intergénérationnelles, qui permet l'apprentissage de la différence, est une idée que je trouve particulièrement pertinente avec un impact fort.

Comment s’assurer que les start-ups dépassent le greenwashing pour un réel impact ?

Florent Ducos : Nous portons une attention toute particulière justement sur la notion de contre-impact. Bon nombre de constructeurs de véhicules électriques par exemple affirment œuvrer en faveur de la Planète alors qu'ils ne sont pas posé de questions sur les risques de l'extraction des métaux rares nécessaires à leur fabrication ou sur la revalorisation des batteries en fin de vie. Chez 50 Partners Impact, nous essayons de prendre en considération l'ensemble de tous les impacts et leurs conséquences, sur tous les aspects, environnementaux et sociaux. Le label B Corp est d'ailleurs un bon outil pour nous en assurer.

L'espace de coworking dédié aux entrepreneurs et start-ups de 50 Partners. © 50 Partners Impact

Comment faire pour que la transition écologique s’accélère et ainsi réponde aux enjeux actuels et futurs ?

Florent Ducos : Tout le monde doit vraiment s'y mettre. Au niveau des États, mais aussi des entreprises qui ont la capacité de faire avancer les choses par des choix forts, comme l'a fait The Guardian par exemple avec sa décision de ne plus diffuser aucune publicité pour des marques automobiles, quitte à se priver d'une manne financière importante. Il ne faut pas attendre les lois ou les grands acteurs économiques pour agir. Ils pâtissent d'une lourdeur de mise en mouvement du fait de leur structuration, là où justement des plus petits acteurs comme les start-ups peuvent faire bouger les lignes. Quand on voit qu'une simple application comme Yuka et ses 15 millions d'utilisateurs a permis de faire accélérer les choses sur l'impact d'un produit sur la santé, ça donne espoir !

Si vous disposiez d’un pouvoir politique, sur quoi agiriez-vous ?

Florent Ducos : D'abord sur l'aspect financier. Les estimations des besoins de capitaux pour atteindre les ODD à l'horizon 2030 tournaient autour de 2 à 3 milliers de milliards de dollars... Il faut, selon moi, vraiment pouvoir agir sur ce sujet, se donner les moyens de nos ambitions pour attirer les talents, développer les bonnes idées. Des dispositifs comme l'investissement à impact social vont dans le bon sens, mais ce n'est pas encore suffisant, surtout que derrière ils ont des vertus économiques en création de valeur et d'emplois. Ensuite, je serrerais la vis au niveau des émissions de carbone, que l'on ne soit pas que dans la bonne volonté, la compensation mais vraiment dans une logique de pollueur-payeur à hauteur des impacts générés. Côté social, j'essaierais d'agir pour une meilleure répartition de la richesse. Quand je vois que 26 personnes possèdent autant d'argent que 3,8 milliards d'autres, soit la moitié de l'humanité, ça interpelle forcément !

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