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D'immenses réservoirs d'eau douce découverts sous les océans !

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Il y aurait d'immenses réserves d'eau douce sous le plancher océanique, à proximité des côtes terrestres. Si ces réserves ne sont pas renouvelables, elles comprennent des milliers de kilomètres cubes d'eau douce, de quoi alimenter les villes côtières durant des millénaires.

Le gaspillage de l'eau potable est énorme. En France, les villes les plus mal notées en la matière sont Nîmes, avec 41 % de l’eau perdue dans les réseaux de distribution, Avignon (35,5 %), Rouen (31,7 %), Amiens (28,7 %) et Toulon (26,7 %). © Soica 2001, DP

Aujourd'hui, le monde ne manque pas d'eau douce, mais souffre de la répartition inégale des ressources et de leur mauvaise gestion. Près de 10 % de la population mondiale n'a pas accès à l'eau potable. Dans certaines régions du monde, au Moyen-Orient par exemple, le cycle hydrologique n'est pas respecté et les nappes phréatiques finissent par s'assécher. Les sources souterraines d'eau sont souvent polluées et leur assainissement devient de plus en plus complexe. En raison du changement climatique et d'une mauvaise utilisation des ressources, il faudra peut-être bientôt dessaler l'eau de mer, ou trouver d'autres réserves d'eau douce. Il semble qu'il en existe sous l'océan, elles seraient isolées de la surface depuis des milliers d'années.

Dans un article publié dans la revue Nature, une équipe menée par le chercheur Vincent Post rapporte que sous l'océan, il existe des réserves d'eau douce immenses. Ces sortes de nappes sont figées, elles ne se rechargent plus, mais contiendraient en tout près d'un demi-million de km3 d'eau douce. Vincent Post explique dans un communiqué de l'université Flinders que leur contenu est cent fois supérieur à la totalité extraite sous terre depuis 1900.

Dans le monde, la répartition de l'accès à l'eau potable est très inégale. Cette carte fait état de la part de la population (en %) ayant accès à l'eau potable en 2005. Dans certains pays, seuls 22 à 51 % de la population (les pays colorés en marron foncé) y ont accès. © Fanny Schertzer, Wikipédia, cc by 2.5

La présence d'eau douce, ou au moins d'eau saumâtre, sous le plancher océanique est soupçonnée depuis longtemps, mais jusqu'à présent la communauté scientifique pensait que ces poches d'eau nécessitaient des conditions géologiques très particulières. Dans cette nouvelle étude, l'équipe montre au contraire que ces réservoirs d’eau douce sont plutôt communs. Ils se seraient formés voilà quelques centaines de milliers d'années, lorsque le niveau de la mer était beaucoup plus bas. Sur les terres, l'eau de pluie ruisselait et s'infiltrait à travers le sol, aujourd'hui submergé par les océans.

Quatre pays à proximité des sources d’eau douce

Il y a 20.000 ans, la planète est sortie de l'âge glaciaire, les calottes polaires ont peu à peu rétréci, et le niveau de la mer est monté. Bon nombre de réserves ont ainsi été isolées sous le plancher océanique. Elles ne sont évidemment plus alimentées, puisque l'eau ne ruisselle plus. En revanche, certaines d'entre elles sont des eaux saumâtres, à la salinité si faible qu'il est largement moins coûteux de les extraire et les assainir plutôt que de dessaler l'eau de mer.

Dans l'étude, l'équipe de Vincent Post mentionne principalement des réserves d'eau douce sous-marine en Afrique du Sud, en Australie, en Chine et aux États-Unis. D'autres ont été identifiées et certaines sont encore probablement à découvrir. Les aquifères sont aujourd'hui protégés par des couches d'argile et de sédiments, ils pourraient fournir en eau les villes côtières et permettre ainsi aux nappes phréatiques actuelles de se remplir.

L'Australie par exemple est régulièrement soumise à d'importants épisodes de sécheresse, tant l'île est sensible à la variabilité climatique. Ces événements causent tant de problèmes que le pays envisage de recycler les eaux usées plus rapidement que ne le fait le cycle hydrologique naturel. Ainsi, on peut envisager que durant ce genre d'événements, disposer d'autres sources d'eau ne peut qu'avantager le pays. L'intérêt de ces nappes non-renouvelables comme source d'eau douce risque clairement d'attirer les convoitises, mais cette découverte évoque aussi le besoin de protection des poches d'eau. Bien souvent les prospections pétrolières ou de gaz n'hésitent pas à forer, qu'il y ait de l'eau douce ou non entre le pétrole et le plancher océanique.

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