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En bref : Total veut prolonger l’expérience de stockage de CO2 à Lacq

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Après un an et demi de fonctionnement, Total demande à prolonger l'expérimentation de séquestration de CO2 mise en place sur le site de Lacq, dans les Pyrénées Atlantiques. Réponse en septembre, avec certainement une réaction des associations opposées au projet.

Schéma du fonctionnement du site pilote de captage et de stockage de CO2 sur le gisement gazier de Lacq, dans les Pyrénées Atlantiques. © Total

Le 10 janvier 2010, Total inaugurait un site pilote de captage et de stockage de CO2 (CSC). Installé sur la centrale produisant l'électricité nécessaire au fonctionnement des installations du site de Lacq, près de Pau, il devait éviter l'émission atmosphérique de 150.000 tonnes de CO2 en deux ans.

Le principe du CSC est simple : la chaudière à gaz qui produit l'électricité des installations a été modifiée. Alimentée en oxygène pur (O2), elle rejette des fumées contenant 90 à 95 % de CO2 et de la vapeur d'eau. Facilement isolé, le gaz carbonique est envoyé par 4.500 m de profondeur à 27 km de là, dans l'ancien gisement de gaz de « la Rousse », après avoir été compressé.

Mais des ennuis lors de cette phase ont entraîné des retards et seules 20.000 tonnes ont été pour l'instant injectées. Le test ne pourra apporter les réponses attendues qu'à partir de 80.000 à 100.000 t réellement stockées. Ce qui conduit aujourd'hui le groupe pétrolier à déposer une demande de prolongement à la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal). « Nous avons eu un problème de corrosion sur des éléments des chambres de compression du gaz. Les matériaux utilisés étaient inappropriés », a expliqué à la presse régionale Guy Zahan, porte-parole de Total à Pau.

La réponse sera rendue en septembre, mais déjà, les associations opposées au projet depuis le début, se manifestent. Le stockage n'est pour beaucoup qu'une fuite en avant qui consomme de l'énergie supplémentaire (pour la production d'O2) et ne peut être sûre sur le long terme. Certaines, comme Coteaux de Jurançon Environnement, demandent une évaluation scientifique indépendante. Une affaire à suivre...

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