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8,7 millions d'espèces sur Terre, encore beaucoup à découvrir...

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Une équipe scientifique internationale vient d'évaluer la richesse spécifique (c'est-à-dire le nombre d'espèces) de notre planète, affinant les estimations réalisées jusqu'à présent. Environ 8,7 millions d'espèces peupleraient la Terre. La grande majorité d'entre elles n'ont pas encore été décrites, ni même découvertes.

Des chercheurs ont évalué la biodiversité de notre planète. Selon leurs calculs, il y aurait environ 8,7 millions d'espèces sur la Terre. © Tree of Life, tolweb.org, DR

Combien d'espèces y a-t-il sur notre planète ? Question difficile à laquelle on ne peut évidemment pas répondre en se contentant de compter le nombre d'espèces que les scientifiques ont décrites jusqu'à présent. On découvre de nouvelles espèces très régulièrement (environ 6.200 par an) et il y a de fortes chances pour que ça continue comme cela un long moment.

Le travail de l'équipe internationale menée par Camilo Mora (université d’Hawaï) a consisté à évaluer le nombre d'espèces encore inconnues en l'extrapolant à partir du nombre de celles déjà décrites. Grâce à cette modélisation, ils sont donc parvenus à estimer la richesse spécifique de notre planète.

Jusqu'à présent, les estimations, globalement réalisées sur la base de la conviction des taxonomistes, prévoyaient une richesse comprise entre 3 et 100 millions d'espèces. D'autres estimations n'avaient concerné que quelques groupes importants (les oiseaux, les mammifères, etc.) et certaines d'entre elles étaient fondées sur des méthodes de calcul très controversées.

8,7 millions d’espèces

Dans l'étude publiée sur le site de la revue Plos Biology, le modèle repose sur plusieurs paramètres. Les scientifiques se sont appuyés sur les taxons les plus connus (oiseaux, mammifères, etc.) à partir desquels ils ont pu extrapoler un nombre d'espèces par taxon. La fréquence de découverte de nouvelles espèces ces dernières années a également été prise en compte. Ces calculs ont permis aux chercheurs d'établir une nouvelle estimation : il y aurait 8,7 millions d'espèces eucaryotes (et quelques milliers de procaryotes), parmi lesquelles 6,5 millions sont terrestres tandis que les autres - 2,2 millions - sont aquatiques. Une marge d'erreur de plus ou moins 1,3 million a également été établie.

Effectifs des différents règnes et les estimations effectuées par les scientifiques (ainsi que les marges d'erreur) pour l'ensemble des milieux et pour le milieu marin. © Mora et al., 2011 - Plos Biology

Sur ce total, 7,77 millions sont des espèces animales (dont 953.434 ont été décrites) et 298.000 sont des plantes (215.644 décrites) selon le recensement de l'étude. On trouve ensuite 611.000 champignons, 36.400 protozoaires et 27.500 algues (voir tableau ci-dessus).

Les limites de l’estimation

Si l'estimation est pour l'heure la plus robuste comparée à toutes celles qui ont préalablement été effectuées, il n'en reste pas moins qu'elle souffre de quelques points faibles. D'abord, qu'est-ce qu'une espèce ? Si la réponse paraît assez évidente concernant les organismes dont la reproduction est sexuée - les organismes de la même espèce peuvent se reproduire et donner naissance à une progéniture féconde, selon la définition de Ersnt Mayr, quoiqu'il existe des exceptions - elle l'est beaucoup moins concernant les organismes asexués.

Comme la méthode de calcul se fonde sur une extrapolation du nombre d'espèces par taxon (genre, famille, embranchement, etc.), une augmentation de la quantité de taxons viendrait perturber cette estimation. Enfin les calculs des scientifiques prennent en compte l'ensemble des taxons et des espèces qui ont été répertoriés dans le passé. La fréquence des nouvelles descriptions dépend évidemment de la quantité d'espèces qu'il reste à découvrir (moins il y en a, plus il est difficile de les trouver), mais elle dépend aussi de l'effort scientifique destiné à la taxonomie. Et ce facteur n'est pas incorporé dans les calculs présentés par Camilo Mora et ses collègues.

En outre, si les nombre d'espèces au sein des taxons les plus connus - comme les mammifères - n'est pas exact (erreur de classification ou espèces pas encore découvertes), l'estimation serait également mise à mal.

Selon les calculs des auteurs, il faudrait 1.200 ans et environ 303.000 taxonomistes pour décrire les espèces encore inconnues. L'opération coûterait dans les 252 milliards d'euros. Quant aux paléontologues, ils ont encore un bel avenir devant eux puisqu'avec l'augmentation du taux d’extinction des espèces, certaines d'entre elles ne seront jamais décrites avant leur extinction.

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