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Réchauffement : vers la prolifération de plantes irritantes plus toxiques

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A cause du réchauffement climatique, nos randonnées en forêt pourraient devenir de plus en plus périlleuses. C'est l'étonnante conséquence d'une étude parue dans l'édition en ligne des Proceedings of the National Academy of Sciences : l'élévation du taux de CO2 dans l'atmosphère pourrait conduire à la prolifération de plantes irritantes comme l'herbe à puce qui, de surcroît, verraient leur toxicité renforcée.

Selon une récente étude, le réchauffement climatique accélererait la croissance de l'herbe à puce et favoriserait la production d'urushiol plus irritant (Crédits : Jardin botanique de Montréal)

L'herbe à puce, ou Toxicodendron radicans, est une plante ligneuse vivace qui peut être buissonnante, grimpante ou rampante, et que l'on trouve en forêt ou sur le bord des routes. La sève de l'herbe à puce contient un allergène huileux et non volatile, l'urushiol, susceptible de provoquer des inflammations de la peau et d'y faire apparaître des rougeurs, voire des cloques.

En exposant des herbes à puce à un taux de CO2 de 580 parties par million, soit supérieur de 200 parties par million à la teneur actuelle, Jacqueline Mohan (Marine Biological Laboratory, Massachusetts) et son équipe ont mesuré que, chaque année, les plantes grandissaient 1,5 fois plus vite que les herbes à puce témoins.

Plus étonnant encore, une teneur plus élevée en dioxyde de carbone favoriserait la production d'un poison plus puissant. L'urushiol est constitué d'un mélange de composés plus ou moins réactifs. La variété dite « saturée » (où toutes les liaisons entre les atomes de carbone des molécules sont simples, et où chaque carbone porte le maximum d'atomes d'hydrogène possible) est peu irritante, tandis que la variété « non saturée » l'est nettement plus. Les chercheurs ont extrait de l'urushiol des plantes exposées à une forte dose de CO2 et ont établi qu'il contenait 1,5 fois plus de composés non saturés, et 60% de forme saturée en moins. Ainsi, il semblerait qu'une plus grande « offre » en carbone favorise les réactions chimiques produisant des composés non saturés.

Dans leur expérience, menée pendant six ans, les plantes étaient soumises à une teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère de 580 parties par million. Cette proportion correspond justement à celle attendue pour le milieu du 21ième siècle.

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