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Réchauffement : un rapport du WWF très pessimiste

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A trois mois du sommet de Copenhague, le WWF publie une compilation de plusieurs études sur le milieu arctique, dont l'analyse est des plus catastrophistes. Le rapport retient les pires scénarios et évoque une élévation de un mètre du niveau des mers à la fin du siècle.

Le rapport (Les rétroactions du climat en Arctique : implications mondiales), publié par le WWF.

Le réchauffement de la région arctique est plus important que dans le reste de la planète. Cette différence n'est pas un phénomène local mais un paramètre important du réchauffement global de l'atmosphère terrestre. La régression des glaciers du Groenland et de la banquise arctique (deux fois plus rapide que la moyenne mondiale) induit même un cercle vicieux (ce qui qui est connu depuis longtemps) puisque la fonte accélérée des glaces réduit l'albédo (la réflexion de la lumière solaire) et donc augmente le réchauffement du sol ou de la mer qu'elle recouvrait. De plus, le méthane (puissant gaz à effet de serre) et le gaz carbonique (CO2) piégés dans les sols gelés (pergélisols) sont libérés au dégel.
C'est l'analyse développée dans un rapport intitulé Les rétroactions du climat en Arctique : implications mondiales, qui vient d'être publié par le WWF et dont on peut se procurer le résumé en ligne sur le site de l'association. Les prévisions avancées sont bien plus pessimistes que celles des études du Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat).

Le rapport annonce en effet une élévation de la surface de l'océan mondial atteignant un mètre en 2100, alors que le Giec, dans son rapport de 2007, s'en tient à une fourchette de 18 à 59 centimètres (le rapport 2001 retenait 9 à 88 centimètres).

Selon le rapport publié par le WWF, la hausse du niveau des mers en 2100, par rapport à 1800, devrait être comprise entre 55 centimètres et 1,2 mètre. Et le WWF retient 1 mètre. © WWF

Un quart de la population mondiale sera concerné

A noter qu'au début de l'année, une étude de l'Institut Niels Bohr, à l'université de Copenhague, publiée dans la revue Climate Dynamics, prévoyait à l'horizon 2100 une hausse comprise entre 90 centimètres et 1,30 mètre.

Martin Sommerkorn, conseiller scientifique sur le changement climatique pour le programme Arctique du WWF, qui a présenté le rapport, estime que « si nous ne maintenons pas l'Arctique à des températures assez basses, des populations des quatre coins du monde en subiront les effets ». Avec une telle hausse, en effet, le déplacement des côtes ou les changements de climat concerneraient un quart de la population mondiale, estime le WWF.

La date choisie pour la publication de ce rapport n'est sans doute pas un hasard. Dans trois mois, du 7 au 18 décembre, des représentants de près de deux cents pays se réuniront à Copenhague, au Danemark, pour définir les actions à mener à l'échelle internationale pour réduire les modifications du climat à l'expiration du protocole de Kyoto.

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