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Le Jour d'Après : scénario du futur pour le climat en Europe ?

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Et si le film Le Jour d'Après passait du grand écran à la réalité ? Celle-ci, un peu édulcorée tout de même, s'en prendrait bien au Vieux Continent ! L'Agence Européenne pour l'Environnement a lancé une étude à propos des impacts du changement climatique : rien de réjouissant en perspective...

© http://perso.club-internet.fr/jsierra/ Orages, tempêtes : les éléments se déchaîneront-ils ?

Qu'il est loin le temps béni de la Révolution Industrielle, où l'on dépensait impunément l'énergie sans compter, sans penser qu'un jour celle-ci pourrait venir à manquer, sans imaginer un seul instant qu'il faudrait payer nos excès du passé et devenir enfin raisonnable ! Aujourd'hui, partageant la même Terre d'accueil que les autres plus soucieux de leur avenir, certains persistent à faire la sourde oreille. Mais tout le monde sera logé à la même enseigne, en Europe comme ailleurs.

Le réchauffement climatique a commencé

Se basant sur des indices très sérieux relevant de 8 catégories (atmosphère et climat ; glaciers, neige et glace ; systèmes marins ; écosystèmes terrestres et biodiversité ; eau ; agriculture ; économie ; santé humaine), l'Agence Européenne pour l'Environnement (AEE) vient de publier son enquête sur les conséquences actuelles en Europe du réchauffement de la planète, et les évènements à prévoir dans le futur. « Ce rapport rassemble une multitude de preuves attestant que le changement climatique est d'ores et déjà en cours et que ses impacts sur les populations et les écosystèmes à travers l'Europe sont largement étendus, souvent avec des coûts économiques significatifs ! » soutient Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l'AEE.

Globalement, selon les statistiques, la dernière décennie a été la plus chaude, et les années 1998, 2002 et 2003 détiennent le flambeau en matière de fortes chaleurs ! Et tout indique que l'augmentation de température est bien la plus rapide en Europe. Ce réchauffement a été de +0,95°C sur les 100 dernières années alors que les scientifiques prévoient une élévation de la température allant de 2 à 6,3°C sur ce seul siècle. Impossible d'imaginer un scénario moins désastreux tant que la production de CO2 ne sera pas ralentie... En effet, le taux de dioxyde de carbone dans la basse atmosphère serait actuellement à son maximum depuis 420 000 ans (voire 20 millions d'années estiment les plus pessimistes).

Les bonnes volontés, qui ont abouti à l'élaboration du protocole de Kyoto en 1997, n'ont hélas pas encore permis d'éveiller toutes les consciences écologiques. Ce traité international, qui réclame une réduction moyenne de 5,2% des émissions de 6 gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, oxyde d'azote, hydrofluocarbures, perfluocarbures et hexafluorure de soufre) de la part des pays industrialisés entre 1990 et 2012, est ignoré par les Américains. 123 pays l'ont ratifié mais les Etats-Unis, pourtant plus gros producteurs de gaz à effet de serre au monde, s'y opposent toujours !

Aujourd'hui et demain, en Europe

Les ravages du climat se sont déjà sévèrement manifestés sur le Vieux Continent. Les inondations d'août 2002 frappant 11 pays sont encore dans toutes les mémoires, comme les vagues de chaleur meurtrières de l'an dernier qui ont tué plus de 20 000 personnes, principalement du troisième âge. L'environnement n'est pas épargné. En 2003, la masse des glaciers alpins a diminué d'un dixième : une broutille en comparaison des suppositions des climatologues qui parlent d'une disparition des ¾ des glaciers des Alpes Suisses d'ici 2050 ! Le niveau des mers le long des côtes européennes, lui, ne cesse de croître - de 0,8 à 3 mm par an le siècle dernier (une vitesse qui pourrait être 2 à 4 fois supérieure d'ici à la fin de ce siècle).

Végétaux et animaux sont complètement 'déboussolés' par les caprices du temps. Certaines espèces végétales finissent par s'éteindre, dans les régions montagneuses notamment, alors que les périodes de récolte peuvent se faire plus tardives pour les agriculteurs (la saison moyenne de croissance des plantes ayant pris 10 jours supplémentaires entre 1962 et 1995). Quant aux oiseaux migrateurs, ils apprécient la douceur des hivers européens et leur taux de survie n'a jamais été aussi élevé.

Bref, les gouvernements, ensemble, doivent persévérer dans la mise en œuvre d'actions concrètes, comme n'hésite pas à le rappeler la directrice de l'AEE : « l'Europe doit certes continuer à impulser les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à l'échelle mondiale, mais ce rapport souligne également la nécessité de stratégies au niveau européen, régional, national et local, pour s'adapter au changement climatique »

Canicules, inondations, tempêtes seront monnaie courante dans les années à venir. Le rapport de l'AEE soutient même que les hivers froids pourraient entièrement disparaître en Europe d'ici à 2080 ! Plus d'hiver et des vagues de chaleur estivales de plus en plus intenses et fréquentes ? « C'est un phénomène qui va considérablement influencer nos sociétés et nos environnements dans les décennies et les siècles à venir » s'inquiète déjà Jacqueline McGlade. Le Jour d'Après ? C'est demain...

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