Avec les conditions climatiques actuelles, une simple dépression qui se formerait dans l'océan démultiplie ses chances de se renforcer rapidement en ouragan. © harvepino, Adobe Stock
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Les conditions sont réunies pour des ouragans plus intenses en 2022 !

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Les organismes américains d'étude de l'atmosphère s'accordent tous sur le fait que la saison cyclonique de l'Atlantique, qui débute en juin, sera intense avec environ 20 phénomènes prévus dont 8 à 10 ouragans. Voici pourquoi.

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[EN VIDÉO] Retour sur une saison des ouragans 2020 exceptionnelle  Comme les météorologues l’avaient annoncé en début d’année, la saison 2020 des ouragans dans l’Atlantique nord été extrêmement active. Au 30 novembre — la date officielle de fin de saison —, ce ne sont pas moins de 30 tempêtes tropicales qui ont été nommées. Contre 12 seulement pour une saison moyenne. Et c’est tout particulièrement en fin de saison que les ouragans se sont faits les plus violents 

Après deux années particulièrement actives en matière d'activité cyclonique, la saison 2022 s'annonce à nouveau violente dans l'Atlantique Nord. Entre 1991 et 2020, on a dénombré 10 à 12 phénomènes cycloniques par an en moyenne, dont 7 ouragans, parmi lesquels 3 majeurs. Or, en 2021, 21 phénomènes se sont formés, générant 7 ouragans, dont 4 majeurs. Même si la saison 2021 a été remarquable, elle n'a pas atteint les chiffres records de l'année 2020, avec 31 phénomènes, dont 14 ouragans et 7 majeurs !

Un peu plus d'un mois avant le début officiel de la saison cyclonique dans l'Atlantique Nord (de juin à novembre), les prévisions des différents organismes américains de référence dans l'étude du climat ont été remises à jour. Leurs projections sont claires : les conditions de 2022 s'annoncent très similaires à celles de 2021, mais pas aussi exceptionnelles que celle de 2020.

The Climate Adaptation Center et The Weather Company prévoient une moyenne de 20 à 22 phénomènes cycloniques, dont 8 à 10 ouragans parmi lesquels 4 à 5 majeurs. Accuweather et Colorado State University s'attendent à un peu moins de 20 phénomènes (16 à 20), un nombre plus bas que les autres organismes, mais toujours nettement au-dessus de la moyenne des 30 dernières années. Depuis quelques années, en plus d'une augmentation du nombre de phénomènes cycloniques, on observe un allongement de la saison des ouragans : alors qu'elle est censée débuter en juin, des phénomènes ont commencé à se former dès le mois de mai tous les ans depuis 2015.

Trajectoires des ouragans de l'Atlantique de 1985 à 2005. Les points montrent les emplacements des tempêtes à des intervalles de six heures. © Wikimedia Commons, NOAA, Domaine public

Les conditions climatiques sont réunies pour des phénomènes plus intenses

Deux paramètres climatiques expliquent ces prévisions alarmistes pour la saison 2022 : la température de l'eau très élevée du golfe du Mexique, principal carburant pour la formation des ouragans, et la persistance du phénomène La Niña. Dans certaines zones de ce golfe, la température de l'eau est actuellement supérieure aux moyennes de saison de 4 °C : elle atteint localement les 27 °C, une température qui pourrait déjà permettre la formation d'ouragans, en plein mois d'avril !

Autre paramètre à prendre en compte, les phénomènes climatiques El Niño et La Niña qui se produisent par phase d'un à deux ans. Ces phénomènes se caractérisent par une anomalie de température d'une partie des eaux de l'océan Pacifique : La Niña se produit lorsque l'eau est plus froide que la moyenne, à l'inverse on parle d'El Niño lorsque l'eau est plus chaude que la moyenne. Les conséquences d'une année El Niño ou La Niña se ressentent fortement sur le climat de nombreux pays, et sur les phénomènes cycloniques dans l'Atlantique qui sont plus nombreux avec La Niña.

Les dernières projections estiment que La Niña devrait persister tout au long de l'été, avant de faiblir à l'automne. Lors d'une phase La Niña, le cisaillement des vents en altitude est plus faible, permettant aux tempêtes tropicales -- le stade du phénomène tropical qui se produit avant celui de l'ouragan -- de s'élever très haut et donc de se renforcer. El Niño occasionne, à l'inverse, bien plus de cisaillement de vent, ce qui limite la croissance des tempêtes tropicales.  

Avec ces deux paramètres, l'eau anormalement chaude du golfe du Mexique et la persistance du phénomène La Niña, une simple dépression qui se formerait dans l'océan démultiplie ses chances de se renforcer rapidement en ouragan.

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