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En bref : plus assez de satellites pour observer l’environnement

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La climatologie s'est fortement développée depuis les années 1990 grâce aux satellites météorologiques. Mais l'alerte est lancée : les satellites ne sont pas éternels et leur descendance est mal assurée. La conséquence ? D'ici 2020, il se pourrait bien que les données climatiques viennent à manquer...

Les données radar des satellites du système Goes de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) ont permis de déterminer avec une grande précision la trajectoire et le taux de précipitations de l'ouragan Sandy. © Weather Underground

Les satellites utilisés par les climatologues fournissent des données telles que la température de surface de l'océan, les vitesses des vents, la répartition des couvertures nuageuses, le niveau de la mer... Depuis leur développement dans les années 1990, les satellites ont considérablement amélioré la précision des mesures, et donc leur interprétation. Mais ces outils ne sont pas immortels. Les satellites américains gérés par la Nasa et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) qui ont aidé à la prévision de l'ouragan Sandy sont notamment de plus en plus défaillants. D'ici 2020, les ¾ de la flotte entière des capteurs actuels risquent de disparaître.

La majorité des satellites du système d'observation global sont entièrement ou partiellement gérés par les États-Unis. Le satellite Envisat n'est plus en circulation, l'Agence spatiale européenne en a perdu le contrôle en mai 2012. © Ncar

Kevin Trenberth, chercheur au National Center for Atmospheric Research de Boulder aux États-Unis, sonne l'alerte dans un rapport en ligne. Le principal problème est que les nouveaux satellites ne sont pas lancés à temps. La relève n'est pas bien assurée. En conséquence, la Nasa et la Noaa pourraient bien n'avoir plus que 20 capteurs d'ici 2020. « Nous allons devenir aveugles en ce qui concerne notre capacité à surveiller la planète » a déclaré Antonio Busalacchi, directeur du Earth System Science Interdisciplinary Center (Essic) de l'université du Maryland.

Les retards de lancement peuvent être dramatiques pour les climatologues. Lorsqu'un nouveau satellite est lancé, il doit opérer pendant 1 an en simultané avec l'ancien, de façon à calibrer les capteurs. Il y a en particulier des retards dans le lancement de satellites en orbite polaire. La NOAA n'enverra pas son nouveau satellite JPSS avant 2017. Ainsi pour combler ce manque, la Nasa a lancé un satellite « bouche-trou », Suomi NPP. D'après Trenberth, les capteurs de Suomi pourraient bien devenir défectueux avant 2017. Or si une seule défaillance se produit, les données climatiques polaires ne pourront être mesurées.

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