En ayant recours à des volcans, des geysers et des cascades pour produire de l'électricité et se chauffer, l'Islande faisait déjà figure de modèle dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais ce pays, qui ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, songe à présent à utiliser le basalte, une ressource disponible en abondance sur son territoire, pour piéger ses émissions de dioxyde de carbone.
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Le basalte, une arme contre le réchauffement ? <br />(Crédits :  www.ens-lyon.fr)

Le basalte, une arme contre le réchauffement ?
(Crédits : www.ens-lyon.fr)

Les scientifiques savent depuis plus de cinquante ans que l'érosion chimique naturelle des roches consomme un peu de CO2 présent dans l'atmosphère, et dissout des solidessolides tels que le calciumcalcium. Les rivières drainent dans l'océan le CO2 dissous ainsi que les composés chimiques résultants de l'érosion, puis le calcium et le CO2 dissous peuvent se combiner pour former du carbonate de calciumcarbonate de calcium solide - semblable au matériaumatériau constitutif des coquillages, qui gagne ensuite les profondeurs.

L'érosion du basaltebasalte - cette roche présente en abondance sur le sol islandais - est rapide comparée à celle d'autres types de roches, et contient une quantité plus grande de calcium.

Une équipe de chercheurs américains et islandais comptent tirer partie de ces particularités pour mener l'année prochaine une expérience novatrice. L'une des options retenues est d'importer du gazgaz carbonique sous forme liquideliquide et de l'injecter sous pressionpression en profondeur dans les roches basaltiques. Par érosion, le calcium extrait du basalte se recombinerait avec le dioxyde de carbonedioxyde de carbone dissous pour former du carbonate de calcium solide.

Si cette expérience donne de bons résultats en Islande, elle pourrait être étendue à de nombreux pays, tels les Etats-Unis, l'Inde, la Russie et le Brésil, qui pourraient alors, en théorie, se montrer capables de capturer le dioxyde de carbone émis par leurs usines avant son éjection dans l'atmosphèreatmosphère, puis de l'enfouir.

Reste le problème de la capture du dioxyde de carbone s'échappant des usines, en vue de son transfert vers les zones d'enfouissement. Le projet Castor, mené sous l'égide de l'IFPIFP (Institut français du pétrolepétrole) et de la Commission européenne, est le premier exemple d'un tel captage, qui témoigne de la faisabilité de ce procédé.

D'après Eileen Claussen, présidente du centre Pew, à Washington, « la capture du dioxyde de carbone et son stockage dans des formations géologiques pourrait constituer une part significative de la solution au changement climatique ».

Si cette expérience pourrait représenter une avancée majeure dans la réduction des émissionsémissions, les membres de l'équipe de recherche restent réalistes : « Personne n'est capable de capturer l'intégralité du CO2 émis par la combustioncombustion des énergies fossilesénergies fossiles. Mais les preuves d'un réchauffement climatiqueréchauffement climatique s'accumulent : nous devons faire quelque chose ! »