Civils haïtiens dans une rue dévastée par le séisme du 12 janvier 2010, d'une magnitude de 7,3. © FrankBirds, Adobe Stock
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Réchauffement climatique et catastrophes naturelles : le risque a été multiplié par 5 en 50 ans !

ActualitéClassé sous :Catastrophes naturelles , Réchauffement climatique , phénomènes extrêmes

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[EN VIDÉO] L’inquiétant réchauffement des océans  En 2020, les océans ont absorbé l’équivalent de 20 sextillions de joules. Jamais depuis 1955 la température de l'océan n’a été aussi élevée. 

Un rapport publié par l'Organisation météorologique mondiale détaille le résultat d'une observation continue des catastrophes naturelles ces 50 dernières années. Depuis 1970, le risque d'événements extrêmes a été multiplié par cinq, aggravant les coûts matériels. Le nombre de décès consécutifs à ces tragédies connait cependant une baisse significative. 

Après le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) en août, c'est au tour de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) d'établir son rapport sur le climat, et le résultat est préoccupant. Au cours de ces 50 dernières années, entre 1970 et 2019, le taux de catastrophes naturelles a été multiplié par 5, comme le démontre l'Atlas de la mortalité et des pertes économiques dues aux phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes. Dans son communiqué de presse, l'OMM explique que le coût matériel est considérable, notamment dans les pays en voie de développement, ainsi que les pertes humaines. Le nombre de décès dû à des catastrophes naturelles a néanmoins baissé considérablement depuis 1970, passant de 50.000 par an à 20.000. 

Le bilan humain des catastrophes naturelles

L'OMM distingue trois facteurs pouvant être pris en compte dans l'étude des catastrophes naturelles : météorologiques, hydrologiques et climatiques. Ces trois qualifications ont joué dans 50 % des phénomènes étudiés. Les sécheresses, tempêtes, inondations et températures extrêmes sont les catastrophes ayant coûté le plus de vies humaines. Depuis 1970, un total de 2 millions de personnes sont décédées à la suite de tels évènements. 

Les dix catastrophes les plus meurtrières depuis 1970 en haut, et les plus coûteuses en bas. © OMM

Le nombre de morts a bien diminué au cours des années, baissant progressivement au fil des décennies. Entre 1970 et 1990, 170 décès par jour étaient enregistrés, contre 90 dans les années 2010. Cette baisse provient des systèmes de surveillance de phénomènes climatiques ou géologiques : sismographes, surveillance météorologique par satellite, procédures d'évacuation de zones sinistrées...

Si les pays développés sont relativement épargnés concernant le nombre de morts imputé aux catastrophes naturelles, les pays pauvres et en voie de développement payent néanmoins un lourd tribut. En 2019, 91 % des décès sont dénombrés dans ces régions qui manquent d'équipements de prévention. L'OMM révèle, dans son rapport, que seulement la moitié des pays membres de l'ONU en sont pourvus. L'Éthiopie, le Bangladesh, le Mozambique, le Soudan ou encore le Myanmar (ex-Birmanie) font partie des dix pays où les catastrophes ont causé le plus de morts : 300.000 lors de la sécheresse éthiopienne en 1983, 300.000 lors de la tempête Bhola en 1970 au Bangladesh, ou encore 138.366 lorsque le cyclone Nargis a balayé le Myanmar en 2008.

Le cyclone Nargis ayant dévasté le Myanmar (ex-Birmanie), vu par le satellite Envisat. © ESA

Un gouffre matériel 

Le bilan financier et matériel est aussi très important, les catastrophes naturelles ayant causé 2 billions de dollars U.S. de pertes depuis 50 ans. Les États-Unis sont particulièrement touchés par ces violents épisodes. Le sud de l'Amérique du Nord est en effet régulièrement confronté à de puissants ouragans. Le plus notable, Katrina en 2005, a tué 1833 personnes et coûté la bagatelle de 163 milliards de destructions matérielles. 2017 a été une année noire pour la superpuissance : les tempêtes Harvey, Maria et Irma ont détruit pour 225 milliards de dollars de biens. Entre janvier et décembre 2017, 3.281 personnes sont décédées à la suite du passage des ouragans.

La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, inondée à 80 % après le passage de l'ouragan Katrina, en 2005. © AFP, Vincent Laforet

On note une multiplication par 7 des pertes économiques liées aux catastrophes naturelles partout dans le monde. Tendance qui risque d'augmenter au vu des anticipations de l'OMM qui prévoit une accentuation de ces catastrophes climatiques au cours des prochaines années, en parallèle avec le réchauffement climatique.

L'impact du réchauffement climatique

Quelques semaines après le rapport dramatique du Giec, celui de l'OMM ne verse pas non plus dans l'optimisme. L'organisme explique que le lien entre le réchauffement climatique et les épisodes de sécheresse observés sont flous, voire inexistants, la sécheresse pouvant se déclarer selon des conditions climatiques précises ou lors de la venue de phénomènes comme El Niño. L'actuel dérèglement climatique a cependant joué le rôle de catalyseur dans l'émergence de catastrophes marines ou océaniques telles que les cyclones et les inondations.

Infographie expliquant le fonctionnement du phénomène El Niño, source de perturbations climatiques en Amérique du Sud. © Météo France

« Le changement climatique a augmenté le nombre de phénomènes extrêmes à la surface de la mer associés à certains cyclones tropicaux, ce qui a exacerbé l'intensité d'autres phénomènes extrêmes, tels que les inondations et leurs répercussions. Ces réactions en chaîne ont fragilisé les mégapoles de faible altitude, les deltas, les côtes et les îles de nombreuses régions du monde », est-il expliqué dans le communiqué de l'OMM. 

S'il est difficile de prévenir et d'anticiper l'augmentation de catastrophes naturelles sur le long terme, la recherche scientifique et le développement d'appareils de détection météorologique et autres instruments de prévention devraient aider à contenir le nombre de décès liés à ces phénomènes. La COP26, qui se tiendra en Écosse, à Glasgow, en novembre, devrait permettre de faire le point sur l'urgence climatique.


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