L’Australie détient un triste record. Celui du continent sur lequel le taux de perte des espèces de mammifères est le plus élevé de tous. C’est la conclusion de la dernière version du rapport « Australia State of the Environment » qui vient tout juste d’être publiée.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Comment mesurer et comprendre la biodiversité, avec Gilles Bœuf Décoré en 2013 de la grande médaille Albert 1er de Monaco pour sa carrière scientifique dédiée aux mers et aux océans, Gilles Bœuf accorde aujourd'hui un entretien à Futura sur la façon dont on peut mesurer et comprendre l'ensemble du monde vivant : la biodiversité.

Au cours de ces cinq dernières années, l'Australie a perdu plus d'espècesespèces de mammifères que n'importe quel autre continent. Plus généralement, son taux de déclin des espèces est parmi le plus élevé au monde. C'est la triste conclusion de la dernière version du rapport « Australia State of the Environment ». Selon les experts qui l'ont rédigé, le principal responsable, c'est encore et toujours... le changement climatique anthropique. Pas seulement la hausse des températures, également la multiplication des sécheresses et des inondations, la fréquence et l'intensité des feux de forêt, l'élévation du niveau de la mer et l'acidification des océans.

En Australie, de trop nombreuses espèces, animales, mais aussi végétales, sont en danger. © <em>Australia State of the Environment 2021 </em>
En Australie, de trop nombreuses espèces, animales, mais aussi végétales, sont en danger. © Australia State of the Environment 2021 

Depuis le dernier rapport, paru en 2016, 8 % de nouvelles espèces australiennes sont venues renforcer les rangs des espèces en voie de disparition ou en danger critique d'extinction. Quelque 533 espèces animales et pas moins de 1.385 espèces végétales figurent désormais sur les listes. Les mégafeux qui ont ravagé l’Australie en 2019-2020 y sont pour beaucoup. Ils ont tué entre un et trois milliards d'animaux, rasé 9 % de l'habitat des koalas.

Changement climatique et autres causes

Face à ce rapport « choquant », le gouvernement a décidé de créer de nouveaux parcs nationaux et zones marines protégées pour atteindre un objectif de 30 % du territoire de l'Australie sous protection d'ici 2030. Il a aussi promis d'investir 250 millions de dollars australiens au profit des espèces menacées. Les scientifiques estiment qu'il en faudrait 1,7 milliard par an. Ils appellent aussi à combattre le mal par la racine, à accélérer les mesures de réduction des émissionsémissions de gaz à effet de serre.

Même si le changement climatiquechangement climatique anthropique n'apparait pas comme le seul responsable de la situation. Également en cause, les espèces invasivesespèces invasives, la pollution, la déforestation et les activités minières. Ainsi 6,1 millions d'hectares de forêt indigèneindigène primaire ont été défrichés depuis 1990 en Australie. Et la mauvaise qualité de l'eau a fait disparaître 90 % de la population des poissons indigènes au cours des 150 dernières années.