Le brise-glace de recherche allemand Polarstern dans le « foxhole » entre l’iceberg A74, à droite, à la plateforme de glace Brunt, à gauche. © Ralph Timmermann, Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine
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Un monde grouillant de vie découvert après la séparation d'un iceberg géant en Antarctique

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[EN VIDÉO] Le Polarstern révèle la richesse de la vie après le vêlage d’un iceberg  En mars 2021, une occasion rare d’explorer une zone de mer couverte par la glace depuis plusieurs décennies s’est offerte aux chercheurs après le vêlage d’une plateforme glaciaire en Antarctique. Le brise-glace de recherche allemand Polarstern se trouvait en effet à proximité. Et les premières images qu’il rapporte montrent une riche biodiversité. Les analyses de sédiments et d’échantillons d’eau devraient permettre aux scientifiques d’en apprendre plus sur la dynamique de la région. © Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine 

Le Polarstern, le brise-glace de recherche allemand, se trouvait au bon endroit, au bon moment. Aux premières loges lorsque l'iceberg A74 s'est détaché de la barrière de Brunt (Antarctique). De quoi permettre aux chercheurs de découvrir la richesse inattendue d'une zone de mer soudainement libérée de la glace.

Le 26 février dernier, un iceberg géant d'environ 1.270 km2 s'est détaché de la barrière de Brunt, une plateforme située à proximité de la base antarctique Halley administrée par le British Antarctic Survey (BAS). Et des scientifiques de l'Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine (AWI, Allemagne) ont profité de leur présence à proximité, à bord du brise-glace de recherche Polarstern, pour se glisser entre l'iceberg fraîchement formé et la plateforme afin d'explorer un fond marin qui était resté couvert de centaines de mètres de glace pendant des décennies.

Les chercheurs ont saisi là une occasion rare de recueillir des données sur cette région au moment où elle devient libre de glace et voit la lumière du soleil pour la première fois. Résultats : des photographies uniques et de précieux échantillons de sédiments du fond marin, sans parler des importantes mesures géochimiques de la colonne d'eau au-dessus. Les scientifiques ont aussi laissé sur place des capteurs qui vont continuer d'enregistrer la température, la salinité ou encore la direction et la vitesse des courants marins une fois qu'ils auront quitté les lieux. Des données indispensables à la mise au point de simulations sur la façon dont la calotte glaciaire peut répondre au réchauffement climatique.

Ici, une anémone de mer de dix centimètres de diamètre utilisant une petite pierre comme substrat. © OFOBS-Team PS124, Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine

Un monde inconnu à découvrir

Côté biodiversité, les chercheurs ont été agréablement surpris de la richesse qu'ils ont découverte dans cette eau couverte de glace depuis bien longtemps. Ils ont pu y observer de nombreux organismes installés sur des pierres de différentes tailles et portées là par les glaciers. Le tout dans un paysage limoneux. Reste à savoir si ces organismes se nourrissent principalement d'algues ou de particules organiques transportées par la glace.

Ici encore, une éponge de près de trente centimètres posée sur une petite pierre. © OFOBS-Team PS124, Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine

Les scientifiques ont aussi observé des organismes non sessiles comme des concombres de mer, des étoiles de mer, des mollusques, au moins cinq espèces de poissons et deux espèces de calmars. Une biodiversité impressionnante à laquelle les chercheurs espèrent à l'avenir pouvoir accéder plus facilement grâce à des robots sous-marins autonomes.

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