Partout sur la Planète, les températures augmentent. Ce réchauffement climatique a évidemment des effets sur les animaux. Jusqu’à perturber leurs capacités cognitives. De premières preuves existent concernant les animaux captifs. Mais les chercheurs se demandent encore si les animaux sauvages sauront se montrer… pas si bêtes. © Светлана Валуйская, Adobe Stock
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Bêtes de science : le réchauffement climatique mettra-t-il à mal l’intelligence animale ?

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« Bêtes de science », c'est comme un recueil d'histoires. De belles histoires qui racontent le vivant dans toute sa fraîcheur. Mais aussi dans toute sa complexité. Une parenthèse pour s'émerveiller des trésors du monde. Pour ce nouvel épisode, élargissons nos horizons. Pour nous demander si le réchauffement climatique pourrait avoir un impact sur l'intelligence animale.

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Hibernation repoussée. Périodes de reproduction décalées. Migrations chamboulées. Tailles et poids modifiés. De nombreuses espèces animales sont menacées par le réchauffement climatique. Les scientifiques craignent en effet que la hausse des températures, notamment, soit aujourd'hui trop rapide pour permettre à la faune de s'y adapter.

Sans parler du koala, de l'ours polaire ou du manchot Adélie qui, bien qu'incroyablement mignons, peuvent nous sembler lointains, pensons, par exemple aux charmantes coccinelles qui nous aident à lutter contre les invasions de pucerons. Qu'adviendra-t-il si de trop fortes chaleurs les empêchent d'hiberner alors même qu'elles ne pourront pas trouver suffisamment de nourriture pendant l'hiver ? Idem pour notre ami le hérisson, dévoreur de nuisibles en tout genre, et qui est déjà en danger de disparition.

Aujourd'hui, le tableau semble vouloir se noircir un peu plus encore. Car des chercheurs soulignent que le réchauffement climatique pourrait avoir un impact sur la cognition animale. Par cognition, entendez tous les mécanismes mentaux qui permettent aux individus de traiter les informations de leur environnement, de réagir en conséquence et d'ajuster leurs comportements de manière flexible. En d'autres mots, probablement un facteur clé qui pourrait permettre aux animaux de s’adapter au changement climatique.

Nous l'avons tous déjà expérimenté. Lisant et relisant un même passage d'un roman alors que le soleil tape sur notre tête : quand il fait très chaud, il est plus difficile de se concentrer. Des travaux de recherche le confirment. Le stress thermique a un impact négatif reconnu sur nos capacités intellectuelles. Les performances d'apprentissage, par exemple, diminuent avec l'augmentation du nombre de journées d'école chaudes.

Les animaux sauvages aussi touchés que les autres ?

Et il en est donc de même pour les autres animaux qui peuplent notre Terre. Enfin, pour presque tous. Car pour certains, les chercheurs notent une plus grande tolérance à la chaleur. Parfois même, une augmentation de la température favorise la fonction cognitive en accélérant le rythme des processus biochimiques. Mais de manière générale, apprentissage, mémoire et prise de décision sont altérés lorsque la température augmente au-dessus des normales.

Tiens, la femelle diamant mandarin dont nous avions déjà parlé dans un épisode précédent, pour évoquer sa fine oreille, par exemple. Eh bien, figurez-vous que, lorsque la température monte au-dessus de 41 °C, madame peine à reconnaître les appels à convoler des messieurs de son espèce. Elle les confond avec d'autres. Or, 41 °C, c'est une température désormais assez couramment ressentie au cours des vagues de chaleur, notamment.

Chez les geckos, ces drôles de lézards aux pattes collantes, pourtant réputés pour leur adaptabilité, des chercheurs ont noté des difficultés à apprendre la position d'un abri ou même à survivre chez les individus nés après une incubation à température élevée. De quoi suggérer que les vagues de chaleur survenant pendant la reproduction pourraient impacter les capacités cognitives de toute une génération.

Les chercheurs tempèrent toutefois ces conclusions. Car l'écrasante majorité de leurs études portent aujourd'hui encore sur des animaux captifs, vivant dans des environnements contrôlés. L'espoir demeure donc que les animaux sauvages présentent des capacités d'adaptation au réchauffement climatique plus importantes. Pour le savoir et prendre ensuite les décisions efficaces de matière de gestion de la faune, pas d'autre solution que de mener des études sur le terrain. Les animaux sauvages sauront-ils se montrer... pas si bêtes ?

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