Le cacatoès est un oiseau intelligent. Les chercheurs en ont accumulé des preuves depuis plusieurs années maintenant. Mais ils continuent d’en apprendre plus sur ce drôle d’animal. Qui vient même de montrer des signes de culture. Décidément, il n’est pas si bête, le cacatoès. © sunyawitphoto, Adobe Stock
Planète

Bêtes de science : ces cacatoès mangent avec des couverts !

ActualitéClassé sous :animaux , oiseaux , Intelligence

[EN VIDÉO] Ces cacatoès utilisent des couverts  Les cacatoès de Goffin aiment déguster la matière pulpeuse cachée dans le noyau des mangues de mer. Les plus jeunes l’atteignent à l’aide seulement de leur bec et de leur langue. Les plus âgés semblent avoir appris à fabriquer et utiliser des outils, d’abord pour ouvrir le noyau. Puis pour extraire le mets et le porter jusqu’à leur bouche. Un peu comme nous faisons avec un couteau, une fourchette et une cuillère. © Current Biology 

« Bêtes de science », c'est comme un recueil d'histoires. De belles histoires qui racontent le vivant dans toute sa fraîcheur. Mais aussi dans toute sa complexité. Une parenthèse pour s'émerveiller des trésors du monde. Pour ce nouvel épisode, rendons une petite visite à un drôle d'oiseau : le cacatoès.

Le cacatoès est un oiseau de la même famille que le perroquet. Il est originaire d'Indonésie et d'Australie. Et il devrait son nom au malais « kaka » qui signifie « oiseau » et « tüwa » qui signifie « vieux ». Car le cacatoès vit, en moyenne, jusqu'à 60 ans.

Ce drôle d'oiseau, il en existe de nombreuses espèces. Son signe distinctif, c'est indéniablement sa crête de plume, une huppe qu'il peut dresser quand bon lui semble. Notamment lorsqu'il se sent menacé. Mais c'est un oiseau très sociable. Au contact des Hommes, il demande même beaucoup d'attention. Il aime partager la vie de la famille. C'est un oiseau joueur et curieux. Un oiseau intelligent.

C'est pourquoi les chercheurs s'intéressent beaucoup au cacatoès. Au fil de nombreuses années d'études, ils ont pu observer chez lui plusieurs comportements complexes. Le cacatoès de Goffin, une espèce considérée comme quasi menacée, par exemple, est un grand amateur de noix de cajou. Et pour en obtenir une, il est prêt à tous les efforts. Y compris à réprimer une impulsion qui l'entraînerait vers une noix de pécan plus accessible. Il semble être le seul oiseau capable d'un tel choix du cœur.

Des cacatoès dans les poubelles

D'autres cacatoès sauvages, des cacatoès à huppe jaune qui vivent et prospèrent dans les villes de l'est de l'Australie, ont récemment attiré l'attention des chercheurs. Ceux que certains n'hésitent plus à surnommer aujourd'hui « les plus humains des oiseaux » se sont montrés capables d'apprendre à ouvrir des poubelles. Pour profiter d'une nouvelle source de nourriture, bien sûr. Mais le plus étonnant, c'est que les premiers à y être parvenus ont ensuite rapidement été imités par d'autres. Au fil des mois, les cacatoès ont même développé différentes techniques pour soulever les couvercles. Un comportement que les scientifiques ont longtemps cru propre aux humains et aux grands singes. Et qui permet aujourd'hui au cacatoès de faire son entrée dans la famille des animaux qui montrent des signes de culture.

La découverte peut faire sourire. D'autant que le cacatoès à huppe jaune n'est pas du genre à se laisser abattre. Il est même parfois considéré comme nuisible tant il pullule dans certaines régions. Mais le fait qu'il se montre à même de modifier son comportement pour trouver de la nourriture donne de l'espoir aux chercheurs dans leurs efforts pour préserver d'autres espèces plus en danger. Comme le cacatoès banksien, qui vit dans le sud-est de l'Australie.

Sur ces images, deux cacatoès qui soulèvent le couvercle d’une poubelle pour accéder à la nourriture qu’elle renferme. © The Clever Cockie Project

À table !

Autre comportement surprenant, celui de cacatoès de Goffin sauvage observé du côté de l'Indonésie. Ces oiseaux-là apprécient particulièrement de déguster la matière pulpeuse enfermée dans le noyau dur de la mangue de mer. Un fruit toxique pour nous, les humains. Comment parviennent-ils à l'atteindre ? En cassant le noyau de leur bec ? Pas toujours. Les chercheurs rapportent en effet que les membres les plus âgés d'un groupe, notamment, ne se mettent pas à table sans s'être au préalable munis des couverts adéquats.

Avec leur bec et leur langue, et à partir du bois des arbres qui les entourent, les cacatoès de Goffin fabriquent ainsi trois types d'outils différents. Avec, pour chacun, un objectif précis. D'abord, des lamelles de bois affûtées pour servir de couteau et ouvrir le noyau. Puis une sorte de levier, de type fourchette, pour écarter les bords du noyau. Enfin, une espèce de cuillère servant à extraire la délicieuse matière pulpeuse de l'intérieur du noyau pour l'apporter jusqu'à leur bouche.

Selon les scientifiques, une preuve de plus que les cacatoès, en général, sont bien des oiseaux doués d'une intelligence supérieure et d'une forme de culture. Cela semble certain maintenant, le cacatoès n'est... pas si bête !


Vous aimez nos articles et le travail de vulgarisation scientifique réalisé par nos journalistes ? Vous pouvez aujourd'hui nous soutenir en rejoignant nos abonnements sur Patreon !

Deux formules d'abonnement vous sont proposées avec les avantages suivants : 

  •  « Futura sans publicité » : bénéficiez d'un accès garanti sans publicité sur tout le site pour 3,29 €/mois (+TVA). 
  • « Je participe à la vie de Futura » : en plus de l'accès sans publicité, participez à la vie de notre média indépendant (votes, contenu inédit, sondages, etc.) pour 6,29 €/mois (+TVA).
Rejoignez-nous sur Patreon !
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !