Le rire n’est pas l’apanage des humains. Chez les animaux qui le pratiquent, il semble servir à créer du lien et à inviter au jeu. Un comportement… pas si bête ! © Ian Dyball, Adobe Stock
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Bêtes de science : ces animaux rient pour éviter les malentendus

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[EN VIDÉO] Quand un perroquet en fait rire deux autres  En Nouvelle-Zélande, des chercheurs font entendre à un couple de kéas (des perroquets endémiques) un bref cri, habituellement émis lors des jeux, fréquents chez cette espèce. Immédiatement, le couple s'envole, virevolte et les deux oiseaux émettent eux-mêmes ces cris spécifiques. Conclusion des zoologistes : le rire est contagieux. © Raoul Schwing 

« Bêtes de science », c'est comme un recueil d'histoires. De belles histoires qui racontent le vivant dans toute sa fraîcheur. Mais aussi dans toute sa complexité. Une parenthèse pour s'émerveiller des trésors du monde. Pour ce nouvel épisode, nous allons nous intéresser à un comportement plutôt qu'à un animal en particulier : le rire.

Il permet d'évacuer le stress. Il booste le système immunitaire. Il est bon pour le cœur. Il est tout simplement agréable. Le rire. Chez l'humain, il arrive en réaction à une blague ou à des chatouilles. Il exprime souvent un sentiment positif. Pour les anthropologues, il est le symbole d'interactions sociales complexes. Et lorsque l'on rit vraiment, cela sollicite jusqu'à 600 muscles de notre corps, du visage aux jambes !

Mais qu'en est-il de nos amis les animaux. Savent-ils rire, eux aussi ? À y réfléchir un peu, on pense rapidement à la hyène. Elle est connue pour son rire. Mais celui-ci est plutôt grinçant. Et même si, dans la forme, il ressemble à notre rire, sur le fond, il n'a pas grand-chose à voir avec lui. Les hyènes ne rient pas de plaisir. Elles rient dans des contextes de compétition entre individus. Pour exprimer leur âge, leur identité et leur statut hiérarchique.

Alors, un autre candidat au rire dans le règne animal ? Figurez-vous qu'en épluchant la littérature scientifique, un groupe de chercheurs n'en a pas identifié un, mais pas moins de 65 autres ! Quelques oiseaux -- comme les perruches ou les pies australiennes --, mais surtout des mammifères -- du chimpanzé au renard et au chien en passant par le lion de mer -- qui produisent des vocalisations qui peuvent être rapprochées du rire humain. Généralement, dans un contexte de jeu.

Rire pour inviter au jeu

Pour ces animaux, ces rires -- comme d'autres signaux, celui de la posture de jeu du chien remuant la queue, avec les antérieurs baissés en avant et le postérieur relevé dans une sorte de révérence -- pourraient participer à créer du lien social. Aider leurs congénères à comprendre qu'un comportement n'a rien de menaçant. Qu'il intervient au contraire dans le cadre d'un jeu. Une manière de dire : « Je n'ai pas l'intention de vraiment te mordre. Je vais juste faire semblant. » Pour éviter que l'interaction entre les deux protagonistes ne dégénère en agression. Et pour inviter l'autre à entrer dans le jeu.

Les anthropologues pensent que le rire est né chez l’humain dans des comportements de jeu. Une hypothèse émise par des observations de rire chez de nombreuses espèces de primates. © Kletr, Adobe Stock

Mais, attention aux excès d'anthropomorphisme. La plupart des animaux rieurs identifiés par les chercheurs ne rient pas comme les humains. Ils halètent, sifflent, claquent des lèvres ou ronronnent. Le wapiti des montagnes rocheuses, par exemple, a pris l'habitude d'émettre une sorte de cri en guise de rire. Le nestor kéa, une espèce de perroquet endémique de Nouvelle-Zélande, lui, gémit et couine lorsqu'il joue. Plus généralement, les rires des animaux sont plus discrets que ceux des humains. Sans doute parce qu'ils sont destinés uniquement à un partenaire de jeu direct.

C'est l'une des raisons qui fait dire aux chercheurs qu'il pourrait exister bien plus encore d'animaux rieurs que les 65 répertoriés à ce jour. Et que ce comportement que les scientifiques ont un temps considéré comme particulier aux Hommes est en réalité partagé avec des espèces parfois séparées de nous par des dizaines de millions d'années d'évolution. Eh oui, pas si bêtes... les bêtes !

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