La récente analyse d'os appartenant à des membres de la même espèce que Toumaï, Sahelanthropus tchadensis, met fin à un vieux débat : cet hominidé qui vivait il y a 7 millions d'années marchait sur ses deux pieds, mais pas tout le temps.

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L'origine de la bipédie reste encore en débat aujourd'hui. On pensait encore, il y a peu, que les australopithèques, qui vivaient il y a plus de trois millions d'années, étaient les tout premiers à être dotés de cette faculté. Mais, en 2001, lorsque Toumaïle tout premier représentant de l'espèceespèce Sahelanthropus tchadensis, datant d'il y a entre 6,96 millions d'années et 7,43 millions d'années, a été découvert, la question a été réouverte : la forme de son crânecrâne suggérait une locomotion bipède. À partir de quand les humains ont-ils commencé à marcher ? Une nouvelle étude publiée dans Nature semble ainsi faire remonter son origine à plus de 7 millions d'années !

Pour obtenir ces résultats, l'équipe de chercheurs français et tchadiens analyse depuis 2004 trois os des membres de Sahelanthropus tchadensis, deux cubituscubitus et un fémur. D'après les scientifiques, il est cependant impossible de savoir si ces trois restes appartiennent au même individu.

Les modèles 3D des ossements de <em>Sahelanthropus tchadensis</em> étudiés. De gauche à droite, le fémur en vue postérieure et médiale, et les cubitus en vue antérieure et vue latérale. © Franck Guy / Palevoprim / CNRS – Université de Poitiers
Les modèles 3D des ossements de Sahelanthropus tchadensis étudiés. De gauche à droite, le fémur en vue postérieure et médiale, et les cubitus en vue antérieure et vue latérale. © Franck Guy / Palevoprim / CNRS – Université de Poitiers

Sahelanthropus tchardensis était bien bipède... mais pas seulement !

Grâce à de nombreuses analyses, à la fois sur la morphologie externe et la structure interne, les scientifiques ont obtenu une grande quantité de données pour chaque os. Ces informations ont ensuite été comparées à celles de nombreux grands singes actuels, comprenant « les chimpanzéschimpanzés, les gorilles, les orangs-outans, les singes du MiocèneMiocène [mais aussi] des membres du groupe humain (Orrorin, Ardipithecus, australopithèques, HomoHomo anciens, Homo sapiensHomo sapiens) », détaille un communiqué du CNRS.

Les chercheurs ont constaté, d'après les caractéristiques du fémurfémur, que Sahelanthropus était majoritairement bipède, que ce soit au sol, ou même dans les arbresarbres ! Les cubitus montrent quant à eux que cet hominidé était parfois quadrupède, ils indiquent notamment des prises fermes de la main. En cela, Sahelanthropus tchadensis se distinguait des gorilles et des chimpanzés, qui se déplacent en prenant appui sur le dosdos de leurs phalangesphalanges.

L'humanité s'est séparée du groupe des chimpanzés au cours du Miocène récent, entre 10 Ma et 7 Ma. Des différences morphologiques sont apparues petit à petit, notamment au niveau des os à cause de la diversification des moyens de locomotion : quadrupède pour les chimpanzés et bipède pour les humains. © Franck Guy, Palevoprim, CNRS – Université de Poitiers
L'humanité s'est séparée du groupe des chimpanzés au cours du Miocène récent, entre 10 Ma et 7 Ma. Des différences morphologiques sont apparues petit à petit, notamment au niveau des os à cause de la diversification des moyens de locomotion : quadrupède pour les chimpanzés et bipède pour les humains. © Franck Guy, Palevoprim, CNRS – Université de Poitiers