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Le Corbusier : la Cité radieuse, brute de décoffrage

Diaporama - Le Corbusier, l'architecte français du social
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Le Corbusier : la Cité radieuse, brute de décoffrage
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Utopie ou standardisation de l'habitat ? La Cité radieuse, à Marseille, qui s'inscrit dans les chantiers de reconstruction d'après-guerre, continue de fasciner plus de 60 ans après sa construction. La « machine à habiter » de Le Corbusier est toujours un lieu de vie et qui se visite ! Première d'une série de cinq nouveaux systèmes d'habitats collectifs, elle a été conçue selon son modulor, unité de mesure basée sur les dimensions corporelles type d'un personnage de 1,83 m, soit 2,26 m bras levés, déterminant l'ergonomie d'usage des différents espaces. Avec cette UH, Le Corbusier invente un village vertical, un immeuble-villa, visant à concilier l'individuel et le collectif.

Offrant une vue incomparable sur la cité phocéenne, cette barre d'habitation, construite entre 1947 et 1952 et montée sur pilotis, a été surnommée la « Maison du Fada » ; elle mesure 135 mètres de long, 24 mètres de large et 56 mètres de haut. Elle compte 18 niveaux répartis sur 9 étages et a été conçue selon le « plan libre » de Le Corbusier, concept qui s'affranchit des murs porteurs. Béton, bois, métal constituent l'ossature des logements qui sont des caissons standard, assemblés sur place, tous équipés d'une loggia colorée, de baies vitrées et de brise-soleil. Les 337 appartements, pour la plupart duplex et traversants, sont répartis en multiples configurations, de 15 m2 à 203 m2, la moyenne étant de 98 m2 ; la Cité radieuse peut loger entre 1.500 et 1.700 habitants, du célibataire à la famille très nombreuse (jusqu'à 10 personnes). Les appartements sont conçus sur la base de trois modules permettant de nombreuses combinaisons. L'intérieur est calqué sur le mode de vie en mer, rationnel et fonctionnel, avec de nombreux casiers, des cloisons coulissantes et une foultitude d'inventions pour faciliter le quotidien : du  passe-plat au broyeur de déchets organiques, de la glacière aux tiroirs à légumes naturellement ventilés, de la table à langer à l'armoire formant séparation...

Le Corbusier a imaginé une vie en autarcie dans ce bâtiment, avec des circulations reliées par huit rues intérieures dont une avec des commerces, un hôtel-restaurant. Le toit (notre photo) accueille sur la terrasse, une scène pour des rencontres culturelles, une piste de course à pied de 300 mètres, un gymnase (aujourd'hui centre d'art), une pataugeoire et une école maternelle de trois classes.

Le toit-terrasse de la Cité radieuse. © Fred Romero, Flickr