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Isolation et inertie thermique

Dossier - L'inertie thermique, clé de la maison
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Parent pauvre de la conception de l’habitat conventionnel, l’inertie thermique est pourtant un élément prépondérant de la gestion des ambiances thermiques intérieures. Quelle que soit la saison, elle est source de confort et d’économies d’énergie dans la maison.

  
DossiersL'inertie thermique, clé de la maison
 

Pour fonctionner de façon optimale, les masses à inertie doivent satisfaire deux exigences : posséder une importante surface d'échange avec l'espace habitable mais aussi capter le rayonnement solaire en hiver tout en étant maintenues à l'ombre en été.

Les masses à énergie doivent posséder une importante surface d'échange avec l'espace habitable, quitte à réduire l'épaisseur des parois exposées - à poids de matériau égal, mieux vaut avoir de grandes surfaces d'échanges plutôt que des blocs compacts et épais.

Les murs de refends, les cloisons et planchers d'étage ayant une double surface d'échange avec les volumes intérieurs, ils sont de fait des éléments architecturaux idéals pour recevoir des masses. De plus, n'étant pas en contact avec l'extérieur, ils sont moins affectés par les variations climatiques. En revanche, pour que le rayonnement puisse être capté et se diffuser, ces masses ne doivent pas être recouvertes de matériaux isolants (moquettes, tentures, tapis...) ou occultées par un meuble.

Les murs capteurs de fond de serre doivent pouvoir réémettre rapidement la chaleur accumulée. © Photographee.eu, Shutterstock

Dans l'habitat bioclimatique, les masses doivent capter le rayonnement solaire en hiver et être maintenues à l'ombre en été ! Les débords de toitures, les pergolas, les doubles vitrages à contrôle solaire permettent de relever cette gageure : seul le rayonnement hivernal, bas dans le ciel, vient frapper les murs capteurs (en façade ou en fond de serre) et les dalles de sol captrices.

Graphique montrant la variation de la température intérieure. © DR

La pose d'une isolation par l'extérieur et par l'intérieur

Dans le bâti existant assez récent, quand il est mal conçu et mal isolé, les murs (souvent en béton, 20 cm d'épaisseur environ) apportent la quasi-totalité de l'inertie (absence de cloisons lourdes sauf parfois le plancher d'étage qui est en béton).

En cas de chantier d'amélioration thermique, il peut être judicieux de poser un isolant par l'extérieur (voir magazine n°42, La Maison écologique). Ainsi, on ne perdra pas les bénéfices de l'inertie des murs tout en empêchant que la chaleur s'échappe vers l'extérieur.

Graphique montrant la différence entre les isolants. © DR

Si l'on choisit au contraire d'isoler ce type de maison par l'intérieur, alors « il faut surtout éviter de poser une isolation de faible densité (type complexe polystyrène/plaque de plâtre) qui ne serait pas compensée par une augmentation d'inertie des parois intérieures (BTC, pisé, briques pleines, enduits terre épais) », met en garde Stéphane Bedel, thermicien du bureau d'études Izuba Énergie.

Néanmoins, ajoute Olivier Sidler, « si la dalle du plancher d'étage et les murs de refend sont en béton (de terre ou, moins écologique, de ciment), ils apportent suffisamment de masse thermique au bâti ce qui permet de se passer de l'inertie des murs extérieurs ».

Enfin, certains systèmes de chauffage à rayonnement comme les poêles à accumulation fonctionnent grâce au principe de l'inertie. Pour donner entière satisfaction, ces poêles doivent être entourés de surfaces capables de réémettre le rayonnement (cloisons lourdes, enduits terre...). Pesant d'une à plusieurs tonnes, ils représentent également un complément d'inertie appréciable pour le confort d'été.