Il n’y a pas que les fuites de gaz fossile dans les pipelines qui posent un problème environnemental. Des chercheurs de l’université de Stanford (États-Unis) montrent que les cuisinières à gaz libèrent des quantités non négligeables de méthane non brûlé. © by-studio, Adobe Stock
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Les cuisinières à gaz sont non seulement dangereuses pour le climat, mais aussi pour la santé

[EN VIDÉO] Les cuisinières à gaz menacent le climat et notre santé  Aux États-Unis, il y a 40 millions de cuisinières à gaz. Et le gaz que l’on dit naturel n’est en réalité autre qu’un gaz fossile. Un puissant gaz à effet de serre. Le méthane. Des chercheurs de l’université de Stanford (États-Unis) montrent que ces cuisinières ont un impact sur l’environnement équivalent à celui de 500.000 voitures à essence. Et qu’en émettant en plus une grande quantité d’oxydes d’azote, les fameux NOx, elles mettent aussi notre santé en danger. (en anglais) © Université de Stanford 

Le gaz dit naturel est essentiellement composé de méthane (CH4), un puissant gaz à effet de serre. Lorsqu'il brûle, ce gaz fossile émet du dioxyde de carbone (CO2). En cas de fuite, les conséquences peuvent être graves pour notre climat. Et pour notre santé. Des chercheurs montrent aujourd'hui que ces fuites sont plus fréquentes qu'on ne le pensait jusque-là.

C'est sur des feux de bois que nos ancêtres faisaient cuire leur viande. Et nous avons peut-être un peu gardé en nous cette nostalgie. L'envie de voir danser les flammes sous nos casseroles. De quoi expliquer, en partie au moins, le succès des cuisinières à gaz. Mais des chercheurs de l’université de Stanford (États-Unis) nous mettent aujourd'hui en garde. Ces cuisinières-là représentent un danger à la fois pour le climat et pour notre santé.

Les travaux menés par les chercheurs ne portent certes que sur une cinquantaine de foyers de Californie, mais leurs résultats sont sans appel. Les cuisinières émettent entre 0,8 et 1,3 % du gaz qu'elles consomment sous forme de méthane (CH4) non brûlé. Et les trois quarts de ces émissions sont enregistrés lorsque la cuisinière est... éteinte ! La faute, sans doute, à des raccordements fuyards.

En extrapolant à tous les ménages américains - soit quelque 40 millions de cuisinières à gaz -, les chercheurs estiment donc que les cuisinières à gaz ont, par le méthane - un puissant gaz à effet de serre - qu'elles laissent échapper, un impact sur le climat comparable aux émissions de CO2 d'environ 500.000 voitures à essence. Un impact qui augmente d'un tiers celui qui leur était déjà connu, puisque lorsque ces cuisinières brûlent du gaz fossile, elles émettent naturellement du CO2. Une mauvaise nouvelle pour la planète.

Les chercheurs de l’université de Stanford (États-Unis) ne notent aucun lien entre l’âge et le coût des cuisinières et la quantité de méthane perdue. © Rob Jackson, Université de Stanford

Une solution, électrifier les cuisinières

Une mauvaise nouvelle aussi pour la qualité de notre air intérieur. Car les chercheurs ont observé que ces émissions de CH4 s'accompagnent d'émissions d'oxydes d'azote, les fameux NOx. Leurs mesures montrent que l'utilisation d'une cuisinière à gaz pendant quelques minutes seulement peut exposer une personne à des quantités de dioxyde d'azote (NO2) supérieures à la limite d'exposition pour une heure en extérieur fixée par les autorités. Notamment si la cuisine est petite, si la ventilation est mauvaise ou si la hotte n'est pas utilisée. Ce qui arriverait dans 60 à 75 % des cas.

Rappelons que l'inhalation de NOx - ou d'autres produits non mesurés dans cette étude comme le formaldéhyde ou le monoxyde de carbone - peut provoquer des quintes de toux, des crises d'asthme, des difficultés respiratoires et parfois même, entraîner une hospitalisation ou une mort prématurée. « Je ne veux plus respirer tout ça », commente Rob Jackson, l'auteur principal de l'étude, dans un communiqué.

Justement, le mois dernier, la ville de New York a décidé d'interdire les raccordements au gaz pour toutes les nouvelles constructions. Et l'initiative est de plus en plus suivie ailleurs dans le pays. Sauf dans les États dans lesquels les exploitants de ce gaz fossile conservent encore leur influence. Pourtant, « pour réduire le risque, il n'y a qu'une solution : le passage à des cuisinières électriques. Cela permettra de réduire à la fois les émissions de gaz à effet de serre - si l'électricité en question est produite à partir de sources bas carbone - et la pollution de l'air intérieur », conclut Rob Jackson.

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