Ce vendredi 20 mars, une quinzaine de passionnés emmènent dans leurs bagages des photomètres spécialement développés par le Cnes afin de déterminer le diamètre du Soleil en observant l’éclipse totale.

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    L’éclipse totale du Soleil du 11 juillet 2010 photographiée depuis l'île de Pâques. © Topshots, AFP photo, Martin Bernetti

    L’éclipse totale du Soleil du 11 juillet 2010 photographiée depuis l'île de Pâques. © Topshots, AFP photo, Martin Bernetti

    Une éclipse solaire, c'est un moment inoubliable où la température semble chuter brutalement tandis que la nature se tait. C'est aussi l'occasion de déterminer le diamètre de l'astre du jour de façon extrêmement précise. Comment ? En enregistrant des courbes de lumière à l'aide d'instruments photosensibles, des photomètres. Ceux du Cnes, fabriqués par une PME toulousaine, sont d'un genre un peu particulier puisqu'ils enregistrent automatiquement ces données pendant les éclipses totales, au moment où la Lune s'invite entre le Soleil et la Terre.

    « Nous avons eu l'idée de mesurer le diamètre du Soleil de cette façon pour la première fois pendant l'éclipse du 11 juillet 2010 en Polynésie française, explique Jean-Yves Prado, expert en physiquephysique solaire au Cnes. Les données enregistrées devaient compléter les observations du satellite Picard alors en orbiteorbite. »

    Puis l'expérience sera renouvelée pendant les deux éclipses suivantes : en 2012 en Australie puis en 2013 au Gabon. « L'objectif est de déterminer les variations éventuelles de diamètre du soleil sur de longues périodes de temps et en déduire une possible relation entre le diamètre du Soleil et son activité » ajoute le scientifique.

    Photomètre enregistrant une courbe de lumière pendant l'éclipse de 2010, en Polynésie française. © Cnes

    Photomètre enregistrant une courbe de lumière pendant l'éclipse de 2010, en Polynésie française. © Cnes

    Une boîte à sucre dans les bagages de voyageurs

    Jean-Yves Prado ne compte pas en rester là. Mais pour collecter toujours plus de données et à moindres frais, il a eu l'idée de contacter des voyagistes. Une quinzaine de touristes en partance pour le Spitzberg et les îles Féroé ont ainsi répondu à l'appel et emportent dans leurs bagages les photomètres du Cnes, de la taille d'une boîte à sucresucre.

    « Le jour de l'éclipse du 20 mars, ces volontaires auront juste à appuyer sur le bouton ON de chaque boîtier pour enregistrer une heure de données, s'enthousiasme Jean-Yves Prado. L'avantage de ce dispositif est qu'on a un opérateur qui reste à proximité pendant toute la duréedurée de l'éclipse de façon à veiller au bon positionnement de l'appareil. »

    Plusieurs partenaires scientifiques participent à l'aventure : le Laboratoire d'astrophysiqueastrophysique de Marseille (Lam), l'Université de Polynésie Française, l'Institut d'astrophysique de Paris (IAP) et l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE). Quant aux voyagistes, en l'occurrence 66°Nord, Grand Nord Grand Large et Chasseurs d'éclipses, ils sont de plus en plus nombreux à être séduits par cette initiative.