Pour son sixième lancement, le troisième cette année, le lanceur Vega d'Arianespace doit mettre en orbite le satellite Lisa Pathfinder, de l'Agence spatiale européenne (Esa). Cet engin, qui s'installera loin de la Terre, à 1,5 million de kilomètres, est le démonstrateur d'une future mission – eLisa – de détection des ondes gravitationnelles. Suite à un problème technique, le lancement, qui devait avoir lieu ce matin, a été repoussé de 24 heures. Au moins.

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    Pour son avant-dernier lancement de l'année, Arianepace va mettre en orbite le satellite Lisa Pathfinder de l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne (Esa) et construit par Airbus Defence and Space. D'une masse au lancement de 1,9 tonne, il sera lancé par VegaVega et devrait décoller ce jeudi matin à 5 h 04, heure de Paris. Ce lancement était initialement prévu ce 2 décembre, à la même heure mais, durant la phase finale des tests, un « problème technique » a imposé un report du tir. [Mise à jour 2 décembre à 19 h 00 : le compte à rebours a repris pour un lancement à l'heure prévue.]

    Ce satellite est un démonstrateurdémonstrateur devant servir de banc de test pour l'ambitieuse mission eLisa (evolved Laser Interferometer Space AntennaLaser Interferometer Space Antenna), prévue pour 2034 : trois engins séparés d'un million de kilomètres se lanceront alors dans la quête des ondes gravitationnelles, qui se refusent encore aux instruments terrestres. Ce projet ambitieux de l'Esa se heurte à des difficultés techniques considérables (voir à ce propos les explications de Damien Texier, responsable de la mission en opération à l'Esa, dans notre article intitulé Lisa Pathfinder ouvre la chasse aux ondes gravitationnelles).

    Le satellite Lisa Pathfinder dans une des salles blanches du bâtiment S5, où il a été installé dans la coiffe du lanceur Vega. © S. Martin, Esa-Cnes-Arianespace, Optique vidéo du CSG

    Le satellite Lisa Pathfinder dans une des salles blanches du bâtiment S5, où il a été installé dans la coiffe du lanceur Vega. © S. Martin, Esa-Cnes-Arianespace, Optique vidéo du CSG

    Un démonstrateur pour l'ambitieuse mission eLisa

    Vega placera Lisa Pathfinder sur une orbite elliptique. Le véhicule spatial utilisera ensuite son propre système de propulsion pour s'élever en six étapes jusqu'au point le plus haut de son orbite. La dernière poussée propulsera le véhicule sur son orbite opérationnelle, autour d'un point de Lagrange du sytème Soleil-Terre, L1, à environ 1,5 million de kilomètres de notre planète en direction du Soleil. Une fois sur son orbite finale, Lisa Pathfinder testera des technologies clés pour l'observation des ondes gravitationnellesondes gravitationnelles depuis l'espace. Il va notamment mesurer précisément, par interférométrie, la distance relative entre les deux masses qu'il embarque et séparées de seulement 38 centimètres, au lieu du million de kilomètres de la future mission eLisa. Si cette démonstration réussit, elle ouvrira la voie à ce projet ambitieux.

    Avec ce lancement s'achève la phase de développement de Vega (dite Verta) qui consistait à démontrer toute la flexibilité et la multitude de missions que ce lanceur est susceptible de réaliser. Ainsi, lors du premier vol Verta (lancement du satellite Proba V), l'adapteur multiple de charges utiles pour le lancement de plusieurs satellites a été qualifié. Cette capacité est d'autant plus importante que le marché des satellites visés par Vega en lancement double (typiquement deux fois 500 kgkg) est significatif. ArianespaceArianespace estime à environ neuf lancements par an le marché de Vega, dont la moitié avec des lancements avec adapteur double. Le deuxième vol Verta a eu lieu lors du lancement du démonstrateur de rentrée atmosphérique IXV, en février 2015.

    Cette phase a également permis de raccourcir les délais d'une campagne et de réduire les anomaliesanomalies. Résultat, si les premiers vols de Vega se faisaient au rythme d'un par an, aujourd'hui le nombre de lancements est de trois par an, la cadence de référence pour la commercialisation du lanceur. Arianespace discute déjà avec Avio d'un deuxième lot de lanceurs Vega à livrer à partir de 2018.

    Enfin, on signalera la très grande précision atteinte par Vega lors du lancement de Sentinel 2A en juin 2015. Le satellite a été livré en orbite avec une précision de 100 mètres, de sorte que les ergolsergols prévus pour la mise à poste n'ont pas été utilisés, ce qui prolonge d'autant la duréedurée de vie théorique du satellite. Et cela, sur le plan commercial c'est un bon atout...