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Une colle recyclable inspirée des geckos... pour l'automobile

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Les étonnantes propriétés d'adhérence des pattes des geckos n'en finissent pas d'inspirer les chercheurs et les industriels. Cette fois, c'est le constructeur automobile nord-américain Ford, associé à Procter & Gamble, qui se lance dans un projet de biomimétisme pour produire des colles plus « bio ».

Les pattes des geckos ont déjà inspiré de nombreux programmes de recherche et développement. Ford va travailler avec Procter & Gamble en s’inspirant de ces reptiles pour tenter de créer de colles pour l’automobile qui puissent être recyclées. © Ford

Les petits lézards de la famille des geckos sont dotés d'aptitudes uniques leur permettant de grimper et d'adhérer à n'importe quelle surface, c'est pourquoi des scientifiques ont décidé de les étudier en vue de développer des colles plus durables et de meilleurs systèmes de recyclages.

Même si des scientifiques se sont déjà penchés sur les aptitudes de ces lézards, c'est la première fois que la production automobile étudie ces petits reptiles en vue d'améliorer les performances environnementales d'une industrie très polluante. Ford a annoncé travailler avec la firme Procter & Gamble sur un projet de biomimétisme qui va essayer d'imiter la capacité qu'ont les geckos à adhérer aux surfaces sans laisser de traces ni de résidus. Les colles et autres adhésifs sont beaucoup utilisés dans la production des véhicules, mais ils sont puissants et représentent un frein au recyclage des voitures mises au rebut.

« Résoudre ce problème pourrait permettre de baisser les coûts et de protéger l'environnement », a expliqué Debbie Mielewski, chargée de recherches chez Ford« Cela veut dire que nous pourrions augmenter le recyclage d'un plus grand nombre de mousses et de plastiques, et réduire encore plus notre empreinte environnementale. »

Les doigts des pattes des geckos sont terminés par des millions de poils (appelés sétules ousetae) composés de kératine et dont le diamètre à la base est de quelques dizaines de microns. À leur extrémité, ces poils se scindent eux-mêmes en poils encore plus fins, de quelques centaines de nanomètres de diamètre, qui se terminent par une structure en spatule. À ce niveau entrent en jeu les forces de Van der Walls et là réside le secret principal des geckos pour courir sur les murs. Les scientifiques parlent d’adhérence sèche. © Darpa

Le gecko inspire beaucoup les chercheurs

De la même manière que la résistance et la complexité des toiles d'araignées fascinent et inspirent les scientifiques et les ingénieurs, la capacité d'adhérence du gecko, capable de supporter jusqu'à 133 kg (soit environ 190 fois son poids de 71 grammes en moyenne) est une source intarissable de recherches. Lee Ellen Drechsler de Procter & Gamble se félicite de cette opportunité. Elle explique : « Nous avons un intérêt à recourir au biomimétisme en vue d'élargir notre approche pour résoudre d'importants défis de recherche ».

Par le passé, l'étude approfondie des moustiques a permis d'améliorer les aiguilles médicales, tout comme les recherches concernant le martin-pêcheur ont permis de mettre au point le train japonais le plus rapide du monde. « Comme nous visons à étendre notre engagement pour réduire notre empreinte environnementale, adopter une approche holistique et biomimétique est logique car la nature a des compétences pour utiliser le moins de ressources possibles, a noté Carol Kordich, en charge du développement de nouvelles stratégies durables chez Ford, avant de conclure que  la nature est le meilleur guide ».