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En vidéo : bientôt le moteur à eau de mer ?

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Par hasard, un retraité américain a découvert le moyen de dégager de l'hydrogène à partir d'eau salée. Curiosité de laboratoire vérifiée par un physicien de renom, cette voie inédite commence à être prise au sérieux.

John Kanzius devant sa machine qui guérit le cancer et enflamme l’eau de mer. © WPBF-TV

John Kanzius a déjà défrayé la chronique avec sa « machine à guérir le cancer ». Cet autodidacte de la science s'est acharné sur une méthode qui ne semble pas si farfelue, consistant à focaliser des ondes radio sur des tumeurs après avoir introduit dans le corps des nanoparticules métalliques. L'élévation de température affecterait surtout les cellules cancéreuses.

C'est en testant son engin que John Kanzius a découvert... qu'elle pouvait enflammer l'eau de mer ! Voilà de quoi devenir célèbre une seconde fois... On pense de nouveau à un gag mais l'effet semble réel. L'exploit a été filmé et surtout reproduit en laboratoire. L'inventeur a reçu le soutien de Rustum Roy (de la Penn State University), un physicien connu, qui présente sur son propre site la vidéo de l'eau enflammée ainsi que les travaux de John Kanzius.

Les images sont impressionnantes : un tube à essai contenant de l'eau salée et bouché par un rouleau de papier est introduit dans la machine et soumis aux rayonnement micro-ondes. Spontanément, une flamme jaillit et la mèche de papier flambe comme si le liquide dans lequel elle baigne était de l'alcool ou un combustible quelconque. La température atteindrait 1 650 °C.


La preuve par l'image, ou comment enflammer de l'eau de mer...

Fabriquer de l’hydrogène

Bien sûr, ce n'est pas l'eau qui s'enflamme. Selon Rustum Roy, les radiofréquences brisent les liaisons entre les molécules d'eau et les sels présents, libérant l'hydrogène. L'explication du phénomène est loin d'être précise mais c'est bien ce gaz qui s'enflamme. En somme, l'expérience réalise l'équivalent d'une électrolyse, une méthode capable elle aussi de séparer l'hydrogène et d'oxygène de l'eau.

L'eau ne devient nullement un combustible puisqu'il faut de l'énergie pour libérer l'hydrogène, comme dans l'électrolyse. Il en faut même beaucoup et le bilan final est de 76 %, c'est-à-dire que l'énergie récupérée sous forme d'hydrogène représente les trois quarts de l'énergie introduite pour générer les ondes radio. Ce rendement n'est qu'un peu inférieur à celui de l'électrolyse et John Kanzius ne désespère pas de faire mieux...

Mais plutôt que de le brûler directement, comme le font les expérimentateurs sur la vidéo, l'hydrogène pourrait servir à produire de l'électricité dans une pile à combustible, par exemple pour alimenter le moteur électrique d'une voiture. La trouvaille de John Kanzius viendrait alors se ranger aux côtés des multiples techniques envisagées pour faire de l'hydrogène un vecteur universel d'énergie.