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Les technologies de l'information à l'horizon 2010-2015

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La Fing et l'Irepp (Institut de Recherches et Prospective Postales) publient un état des lieux des TIC (technologies de l'information et de la communication) à l'horizon 2010-2015. Cette étude est publiée chapitre par chapitre sur le site web de la Fing (voir liens ci-dessous). Tous les chapitres sont ouverts aux commentaires des lecteurs et ceux-ci seront intégrés dans la version finale.

Les technologies de l'information à l'horizon 2010-2015

Le problème de la gestion de l'information et de la connaissance sur Internet est ainsi abordé sous plusieurs thèmes, développés dans l'extrait qui suit :

  • La progression et la standardisation des systèmes de compression, mais aussi d'analyse et de représentation des données multimédias, rendent peu à peu l'usage du son et de la vidéo aussi naturels que ceux du texte et de l'image fixe sur le web d'aujourd'hui.
  • La convergence entre communication, publication et coopération, stimulée par des outils à la fois puissants et accessibles, modifie l'écologie des moyens de communication et facilite l'émergence de formes entièrement nouvelles de coopération ouverte, à petite ou à grande échelle.
  • Les standards du "web sémantique" facilitent la communication entre applications informatiques, voire l'agrégation d'applications en "services" composés à la demande. Les systèmes d'information se décloisonnent un peu plus et les logiciels se transforment en services.
  • Le pair à pair devrait continuer à prendre une place grandissante avec des approches adaptées à une large diffusion comme à des usages professionnels, ainsi qu'une multiplication des applications P2P (téléphonie, radio, télévision, échange d'information en entreprise...).

Nous vous proposons un extrait de cette étude inédite :

Outils collaboratifs

L'internet est par nature un réseau d'échange, donc - entre autres - de coopération. Il est né de la coopération et symbolise, pour beaucoup de gens, une forme d'idéal coopératif. Pour autant, les outils de partage et de production collective utilisés sur l'internet sont longtemps restés très sommaires (listes de discussion, newsgroups, forums et dossiers partagés) tandis qu'au sein des entreprises se testaient - et souvent s'abandonnaient - des outils de groupware souvent lourds, très formalisés et contraignants. Ces dernières années, pourtant, la compréhension des mécanismes de coopération, la performance et l'ergonomie des outils, les démarches méthodologiques, ont connu une progression significative. Dans les techniques, les services, les applications, les usages et les méthodes, le thème de la collaboration sera sans nul doute l'un des domaines d'innovation les plus riches des années à venir. (...)

Le défi, pour ces solutions, n'est plus technique mais ergonomique... et sans doute commercial : comment simplifier l'accès à l'ensemble des outils de collaboration, sans installation de logiciel, sans formation, sans réservation préalable - et en même temps, gagner de l'argent ? Pour l'instant, les solutions n'interopèrent pas, même les systèmes de messagerie instantanée ou de visioconférence ne savent généralement pas dialoguer entre eux. (...)

Qu'à l'heure du haut débit fixe et mobile, les organisations en soient encore réduites à tâtonner dans leurs choix d'outils de collaboration et à mobiliser un technicien pour organiser une visioconférence de qualité décente, apparaît comme un anachronisme - et donc, comme un appel aux innovateurs.

Publication et coopération

Dépassé par l'afflux de messages (légitimes ou non), le courriel perd son statut d'outil exclusif des échanges deux à deux, au bénéfice de la téléphonie (IP), du SMS, de la messagerie instantanée, mais aussi des weblogs (...). Les blogs facilitent la publication personnelle, mais aussi collective - à l'exemple du site Slashdot. Au travers des échanges d'information au format RSS ou du système des "trackbacks", ils constituent aussi un réseau de plus en plus dense d'informations, d'échanges, de renvois, de coopération informelle. (...)

Pour élargir la perspective, nous sommes en quelque sorte les témoins, dans le monde des applications, d'un mouvement qui ressemble à celui de l'autonomic computing dans le monde des machines : l'utilisateur définit au départ un ensemble d'objectifs et de règles à partir desquelles l'application s'autogère, se met à jour, s'adapte à différents contextes d'usages, avise d'autres interlocuteurs ou d'autres sites qu'une information nouvelle est disponible, etc. Cette approche s'étend à bien d'autres domaines que la publication de sites web : échange de fichiers multimédias (Bit Torrent), radios et télévisions communautaires sur l'internet, échange des informations produites en entreprise, gestion des connaissances... (...)

Parallèlement, les mondes virtuels persistants, jusqu'à présent principalement utilisés dans le cadre de jeux en ligne, deviennent eux-mêmes des plates-formes de collaboration. L'arrivée d'autres usages sur ces plates-formes pourrait, dans le meilleur des cas, pousser à un standard permettant le développement d'un "monde des mondes", sur le principe du réseau des réseaux qui a fait le succès de l'internet.

Recherche et exploitation de l'information

L'information peut en général se décomposer en contenu, structure, contexte (les métadonnées) et présentation (qui de plus en plus souvent n'est pas conservée avec les autres composantes de l'information, mais dépend de l'application et du terminal utilisés). Les tendances technologiques à l'œuvre dans le monde des documents textuels sont bien connues : recherche sémantique (langage naturel, repérage et mise en relation de "concepts"...), analyse automatique (indexation, synthèse...), etc. (...) La nouveauté la plus significative des années à venir proviendra cependant, probablement, de l'extension de ces techniques aux données multimédias, sons et images.

Web sémantique

Il est nécessaire que les logiciels puissent comprendre la sémantique des "pages", des documents auxquels ils accèdent : c'est ce que les techniciens désignent sous l'appellation "web sémantique". (...)

Sur la base de XML et RDF, qui composent ensemble une sorte de grammaire, il reste en effet souvent nécessaire, pour que les applications communiquent de manière automatique, à se mettre d'accord sur des vocabulaires. C'est particulièrement indispensable dans l'univers des transactions électroniques et de l'e-business, où deux interlocuteurs doivent être en mesure d'échanger des documents complexes (commandes, factures, bons de livraison, plans...) dont tous les éléments doivent être intelligibles dans un dialogue de machine à machine, sans la moindre ambiguïté. (...)

Web services

Les web services poussent cette communication de machine à machine un cran plus loin : cette fois, ce sont plusieurs logiciels - qui peuvent avoir été développés par des acteurs différents et résider sur des machines distinctes - qui se "découvrent" les uns les autres, s'informent de leurs capacités et de leurs besoins, se coordonnent, puis s'échangent (en XML) des données - pour, en définitive, fournir ensemble un service nouveau, comme s'ils constituaient un seul logiciel. (...) Certains y voient en effet un "nouveau paradigme" informatique, un changement complet dans la manière dont se conçoit un logiciel, l'émergence du logiciel à la demande, du logiciel-service. (...)

Peer to Peer

Le peer to peer (P2P, que l'on peut traduire par "de pair à pair") traduit au niveau des applications les principes qui fondent l'internet au niveau des communications : décentralisation totale de l'intelligence et des données, échanges directs entre utilisateurs, absence de hiérarchie entre nœuds du réseau. (...)

Le P2P ne représente pas seulement une menace pour les industries culturelles, mais bien le support d'un profond changement dans les modèles de production, de distribution et de valorisation de nombreux produits et services numériques, de la musique au téléphone en passant par les médias, le traitement informatique, les moteurs de recherche, etc. (...)