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Signé Sony, un écran tactile sent la pression et réagit au toucher

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Capable de mesurer la force exercée par le doigt, ce prototype qui vient d'être montré par Sony, ajoute une dimension supplémentaire à l'interface tactile. Il peut aussi répondre par une minuscule vibration, que le doigt, assure-t-on, peut ressentir.

Un prototype d'écran de Sony destiné à de futurs téléphones, sensible à la force d'appui du doigt et capable d'entrer en vibration. © Nikkei Electronics

Après le « multi-point », la prochaine évolution de l'écran tactile sera probablement la perception de la force d'appui. L'appellera-t-on sensibilité ? Plusieurs entreprises ont développé des solutions techniques pour y parvenir et certains parlent parfois de « 3D ». Pour commander l'appareil, le doigt peut, outre les déplacements sur la surface, s'en approcher ou appuyer dessus. Pour l'instant, seuls des prototypes ont été montrés mais on sent bien qu'un effort de recherche important pousse dans cette direction.

Microsoft a opté pour une solution complexe en réalisant une surface tactile magnétique qui détecte l'approche d'un doigt, présenté en 2009. Mitsubishi parvient semble-t-il à un résultat plus convaincant avec un écran électriquement chargé et une technique dite capacitive, déjà utilisée notamment pour les distributeurs de billets.

Au cours de l'un de ses shows privés, en l'occurrence Open House 2010, Sony a présenté un prototype original, de la taille d'un téléphone mobile et dont l'écran répond à la pression, apparemment grâce à un réseau de cristaux piézo-électriques, ces matériaux magiques qui produisent de l'électricité lorsqu'on les déforme.

On le touche, il vibre

Le pilote logiciel peut ainsi capter la force avec laquelle appuie le doigt (et non les doigts, le prototype semblant mono-point) et répond par une action différente. Sur le prototype présenté, l'écran montrait une série d'images empilées que l'on faisait défiler plus ou moins vite en appuyant plus moins fort.

Mais Sony Computer Science Laboratories (Sony CSL) a fait mieux. On sait que les matériaux piézo-électriques fonctionnent aussi dans l'autre sens : soumis à un courant électrique, ils se déforment. Le pilote logiciel peut ainsi faire vibrer la surface de l'écran. La déformation, indique le magazine Tech On, n'est que de 30 micromètres dans le sens vertical (perpendiculaire à la surface, donc, ou normal à la surface, plus exactement). Selon Sony CSL, ce faible mouvement est perceptible au toucher. Cette déformation, qui nécessite une certaine tension électrique (9 volts sur le prototype, ce qui est considéré comme exceptionnellement faible pour un tel système), doit être consommatrice d'énergie. Cependant, Sony CSL estime qu'il devrait être possible, à terme, de l'obtenir à l'aide de la batterie d'un téléphone mobile.

D'ailleurs, sur le stand de la présentation, l'innovation était estampillée « Sony-Ericsson »... Il ne reste donc plus aux développeurs de la réalité virtuelle qu'à imaginer des applications pour cet écran qui vibre sous les caresses digitales.