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Réalité augmentée : la mystérieuse technologie de Magic Leap

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Fondée en 2010, la société Magic Leap travaille dans le plus grand secret sur une technologie de réalité augmentée qui semble suffisamment convaincante pour que Google, Qualcomm et peut-être bientôt le géant chinois Alibaba investissent des centaines de millions de dollars. Au-delà des deux vidéos de démonstration officielles, quelques informations plus concrètes permettent de se faire une meilleure idée de ce que prépare cette jeune pousse.

 

Magic Leap est avare de détails sur sa technologie de réalité augmentée qu’elle met en scène dans une nouvelle vidéo, il est vrai impressionnante. Mais, pour le moment, la jeune pousse nord-américaine n’a rien montré de concret. © Magic Leap

Deux vidéos de démonstration publiées sur YouTube. Voilà jusqu'à présent tout ce que Magic Leap a montré au grand public de sa technologie de réalité augmentée. Et pourtant, cette jeune entreprise innovante fondée en 2010 a déjà amassé plus de 590 millions de dollars l'année dernière (534 millions d'euros au cours actuel) auprès d'investisseurs aussi importants que Google, Qualcomm, le studio de cinéma Legendary Entertainment ou la société Weta Workshop, à qui l'on doit les effets spéciaux de la trilogie du Seigneur des anneaux. Et ce ne serait qu'un début.

Selon les informations du site Re/code, le géant chinois Alibaba pourrait mettre 200 millions de dollars sur la table (181 millions d'euros au cours actuel). Le South Florida Business Journalaffirme pour sa part que Magic Leap serait en train de négocier une nouvelle levée de fonds qui pourrait atteindre le milliard de dollars. Des chiffres vertigineux sachant que la jeune pousse n'a livré aucun détail technique ni aucune date de lancement pour son produit. Si les investisseurs ayant choisi de miser sur cette technologie ont sans doute eu accès à des informations plus concrètes, les médias et le grand public doivent se contenter de vidéos, il est vrai plutôt impressionnantes.

Voici la deuxième vidéo de démonstration officielle publiée il y a quelques jours par Magic Leap. Contrairement à la première, celle-ci a été filmée directement depuis le dispositif de réalité augmentée et sans trucage. © Magic Leap

La deuxième vidéo a été tournée sans trucages

La première vidéo parue en mars dernier sur YouTube met en scène un jeu vidéo de tir dont l'action se déroule dans un environnement réel dans lequel des robots surgissent des quatre coins de la pièce. Cette première démonstration, qui avait été réalisée avec le concours de Weta Workshop, laissait planer un doute quant à la part d'effets spéciaux et celle de la technologie Magic Leap. C'est la même situation avec les lunettes de réalité augmentée HoloLens. Les démonstrations orchestrées par Microsoft présentent non pas le fonctionnement exact du produit, mais une vision du type de réalité augmentée à laquelle il peut conduire.

La société Magic Leap est tout de même allée un peu plus loin pour convaincre. Il y a quelques jours, elle a publié une deuxième démonstration vidéo, précisant qu'elle avait été tournée directement depuis son dispositif et sans effets spéciaux d'aucune sorte. Dans la séquence, on découvre une magnifique animation du Système solaire observé du point de vue de la personne qui utilise l'équipement Magic Leap. Le rendu est effectivement assez bluffant et laisse entrevoir ce qu'un tel système pourrait apporter à des applications ludiques, éducatives ou professionnelles. Mais que sait-on au juste de cette technologie nommée Digital Lightfield que ses concepteurs qualifient de « biomimétique » ?

Plus de 150 demandes de brevet

Si aucune information officielle n'a filtré, la start-up a déposé plus de 150 demandes de brevets auprès du bureau américain des brevets et des marques (USPTO) qui livrent quelques indices. D'après les dessins et schéma présents dans ces documents, l'équipement consiste en un casque ou des lunettes reliés à un boîtier portable équivalent à un mini-ordinateur qui renferme l'électronique et l'alimentation nécessaires. Ceci expliquerait le niveau de performance graphique du système qui reposerait sur une configuration matérielle plus puissante que des équipements intégrant des composants directement dans les lunettes ou le casque.

Pour ce qui est du dispositif de projection, il consiste à afficher une multitude d'images devant chaque œil au moyen de deux projecteurs miniatures qui envoient le signal sur des lentilles transparentes lesquelles le réfléchissent directement sur la rétine. En parallèle, une caméra infrarouge similaire au Kinect de Microsoft se charge de modéliser l'espace pour que les objets virtuels soient parfaitement intégrés au monde réel. D'après la description qu'en fait la Technology Review du MIT (Massachusetts Institute of Technology), le système de diffusion de Magic Leap s'intriquerait parfaitement avec la lumière ambiante, de sorte que notre cortex visuel ne ferait quasiment pas la différence entre les objets virtuels et réels.

Les nombreuses demandes de brevets déposées par la société basée en Floride suggèrent également que le dispositif reposera sur une plateforme de cloud computing qui gèrera une partie du traitement de l'information pour servir des applications spécifiques. Ainsi, Magic Leap saura par exemple reconnaître des actions et des objets pour diffuser des publicités contextuelles. Cela pourrait aller encore plus loin puisqu'il est question de détecter l'état émotionnel de l'utilisateur en se servant de reconnaissance faciale et d'intelligence artificielle afin d'adapter l'affichage en conséquence.

Tout ceci est très ambitieux mais il convient de relativiser. Les demandes de brevet servent avant tout à couvrir tous les cas d'usages possibles afin de pouvoir défendre sa propriété intellectuelle face à la concurrence. Ce qui ne signifie pas que ce qui est décrit verra forcément le jour... Magic Leap a beau faire preuve d'une grande maestria en matière de communication, elle va devoir entrer un peu plus dans le vif du sujet en montrant concrètement la réalité de sa technologie qui reste pour le moment très virtuelle.