Tech

Téléphonie mobile : Samsung teste avec succès un réseau 5G à 1 Gb/s

ActualitéClassé sous :Tech , Internet , réseau

Par Marc Zaffagni, Futura

-

Le géant coréen Samsung vient de tester une technique de transmission qui sera au cœur des futurs réseaux cellulaires 5G. La vitesse de connexion a atteint 1 Gb/s, alors que les réseaux 4G/LTE, actuellement en cours d'installation, ne dépassent pas encore les 100 Mb/s. Samsung compte commercialiser sa technologie à partir de 2020.

Dans son centre de recherche et développement, Samsung est parvenu à maîtriser une technologie de transmission basée sur la bande de fréquence à ondes millimétriques utilisée par les opérateurs Internet par satellite. La connexion 5G, réalisée sur une distance de deux kilomètres, a nécessité l’installation de 64 antennes relais. © Samsung Electronics

Alors que les réseaux cellulaires 4G commencent à peine à être déployés, des industriels, des opérateurs et certains États travaillent déjà activement sur la génération suivante, la 5G. Si la mise en service de ce type de réseau de téléphonie mobile haut débit n'est pas attendue (au mieux) avant 2020, la course à la maîtrise de cette technologie est lancée.

Samsung vient de marquer des points, en annonçant avoir testé avec succès une connexion 5G délivrant très exactement 1,056 Gb/s sur une distance de deux kilomètres entre deux terminaux. À titre de comparaison, les réseaux 4G/LTE (Long-Term Evolution), dont la commercialisation commence à peine en France, offrent un débit crête descendant de 100 Mb/s.

Avec la puissance de la 5G, Samsung promet des transferts de données quasiment illimités. De quoi consommer des films et des jeux en haute définition (HD) ou en 3D, et même d'accéder à de la lecture en streaming de contenus en ultra haute définition (UHD). Voilà pour les promesses sur le papier, qui ne sont pas sans rappeler les discours marketing entendus au moment de l'arrivée de la 3G puis de la 4G...

Toujours plus de données sur les réseaux cellulaires

L'essor fulgurant du marché des smartphones et des tablettes est une tendance de fond qui engendre une consommation accrue de données, via l'accès à des services de cloud computing pour la lecture de contenus (musique, vidéos, documents), le téléchargement (applications, jeux, musique, etc.) et le partage de données à travers les réseaux sociaux.

Selon les derniers chiffres de l’Arcep, arrêtés à la fin du premier trimestre 2013, la France compte 73,7 millions de clients abonnés à un service mobile. Le nombre de SMS échangés atteint 51,1 milliards, avec une moyenne mensuelle de 241 messages par client actif. Sur le dernier trimestre 2012, le volume des données consommées par les utilisateurs a atteint 28.494 téraoctets. Ce chiffre a connu une augmentation de 70,4 % en un an. © Arcep

Anne Bouverot, directrice générale de la GSMA (une association qui représente près de 800 opérateurs de téléphonie mobile à travers plus de 220 pays dans le monde), a résumé cette problématique dans un numéro des Cahiers de l’Arcep consacré à la 4G. « Selon le dernier Visual Networking Index (VNI) publié par Cisco, 0,9 exaoctet de données ont transité par les réseaux mobiles chaque mois en 2012, soit l'équivalent de 300 milliards de chansons au format MP3. En 2017, ce chiffre devrait atteindre 11,2 exaoctets par mois », soit une croissance annuelle de 66 %.

D'ici dix ans, la 4G pourrait avoir atteint ses limites, du moins dans les pays les plus développés, où particuliers et professionnels auront les moyens d'être à la pointe en matière d'usages et d'équipements.

Le réseau 5G, défi technique et financier

Pour mener à bien son test, Samsung a travaillé sur une bande haute fréquence de 28 GHz, aussi appelée bande Ka à ondes millimétriques. Cette bande est utilisée par les opérateurs de connexion Internet par satellite. Samsung affirme être parvenu à maîtriser le problème de propagation de ces ondes millimétriques sur de longues distances, grâce à un nouvel émetteur-récepteur de réseau adaptatif.

L'essai réalisé sur deux kilomètres a nécessité pas moins de 64 antennes pour relayer le signal. Autant dire qu'à l'heure actuelle, le déploiement d'un réseau 5G à l'échelle d'un pays poserait un sérieux défi technique et financier.

L’Europe mise aussi sur la 5G

Mais Samsung n'est pas le seul à se positionner sur la 5G. En février dernier, l'opérateur japonais NTT Docomo annonçait avoir établi une connexion cellulaire de 10 Gb/s, via une bande de fréquence de 11 GHz. D'autres États ont également décidé de préparer l'arrivée de la 5G. La Chine a ouvert la voie en février 2012 en créant l'IMT-2020 (5G) Promotion Group.

L'Union européenne s'est elle aussi impliquée, en annonçant un plan d'investissement de 50 millions d'euros sur l'année en cours, afin de financer la recherche sur les réseaux 5G. Objectif, être prêt pour un lancement commercial à partir de 2020. Date à laquelle « les communications mobiles mondiales devraient être multipliées par 33 par rapport à leur niveau de 2010. L'accès à Internet se fera alors majoritairement par des dispositifs sans fil, comme les smartphones, les tablettes, les capteurs et autres appareils exigeant des technologies plus efficaces et à couverture plus dense pour le transport des flux de données », souligne la Commission européenne dans son communiqué.

Plusieurs opérateurs européens, dont France Télécom et le groupe Thales, sont associés au projet. La percée technologique réalisée par Samsung démontre qu'il n'y a effectivement pas de temps à perdre.