Le « V » de la victoire est prisé des jeunes qui aiment à prendre des autoportraits en faisant ce geste. © Niekverlaan, CC0 via Pixabay

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Cybersécurité : ne faites plus le « V » de la victoire sur les photos !

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Des chercheurs japonais ont démontré qu'il est possible de récupérer les empreintes digitales des doigts d'une personne photographiée en train de faire le signe du « V » de la victoire. Une personne mal intentionnée pourrait s'en servir pour falsifier une identité sur un système de biométrie.

C'est un geste anodin, que des millions de personnes ont déjà fait au moins une fois en posant pour une photo : le « V » de la victoire aussi appelé signe de la paix. Il se trouve qu'au Japon, des chercheurs du National Institute of Informatics (NII) ont réussi à facilement copier les empreintes digitales à partir des images montrant des gens en train de faire ce signe très prisé des jeunes, en particulier au pays du Soleil-Levant. Un cybercriminel pourrait éventuellement créer une reproduction d'une empreinte et s'en servir pour s'authentifier sur un système biométrique en usurpant l'identité de sa victime.

Selon le professeur Isao Echizen qui a conduit cette expérimentation, les énormes progrès accomplis par les appareils photo des smartphones conjugués à la facilité avec laquelle on peut partager des clichés sur les réseaux sociaux favorisent ce risque. Le scientifique explique que la méthode ne nécessite aucune technologie particulière et que quiconque peut copier des empreintes digitales à partir d'une photo. Seule condition, il faut que le cliché soit net et bien exposé.

Un film transparent pour protéger les empreintes contre le vol

Lors des essais, l'équipe du NII dit avoir pu récupérer des empreintes à partir de photos prises à trois mètres de distance. Parallèlement à cela, les chercheurs ont développé une solution pour prévenir ce genre de risque. Il s'agit d'un film transparent contenant de l'oxyde de titane qui se colle sur l'extrémité des doigts et empêche de pouvoir copier les empreintes digitales depuis une photo. Une technologie qui demandera encore au moins deux années de développement, ont prévenu les chercheurs.

Ce n'est pas la première fois qu'une telle démonstration est faite. Il y a deux ans de cela, un hacker membre du Chaos Computer Club surnommé Starbug avait fait la démonstration d'une technique qui lui avait permis de cloner les empreintes digitales de la ministre allemande de la Défense à partir de simples photos numériques montrant ses doigts.

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