Effectuer un parcours urbain de six heures en respectant le code de la route et en utilisant des véhicules du commerce : l’exploit n’est pas mince quand les conducteurs sont des robots. Le résultat de la compétition était incertain. Mais six équipes sur les onze engagées ont réussi ce pari…

au sommaire


    La Chevrolet Chevy Tahoe de l’équipe Tartan Racing, vainqueur de l’épreuve © Darpa

    La Chevrolet Chevy Tahoe de l’équipe Tartan Racing, vainqueur de l’épreuve © Darpa

    C'est fait : la Chevrolet Chevy Tahoe, un 4x44x4 surnommé Boss, a été déclarée vainqueur, samedi 4 novembre, du Darpa Urban Challenge. Ses caméras, son ordinateur, les 300.000 lignes de codes de son programme informatique et les commandes mécaniques ajoutées un peu partout lui ont permis de boucler sans encombre et sans assistance un parcours urbain d'environ 90 kilomètres (55 miles) à la vitessevitesse moyenne de 23 kilomètres à l'heure. Cette victoire permet à l'équipe des concepteurs du Tartan Racing, des chercheurs de l'institut de robotique de l'université Carnegie Mellon, d'empocher deux millions de dollars. Les deux suivants reçoivent respectivement de généreux prix d'un million et 500.000 dollars.

    En pleine épreuve de sélection, la Toyota Prius de la <em>Ben Franklin Racing Team</em>, bardée de caméras. © Darpa

    En pleine épreuve de sélection, la Toyota Prius de la Ben Franklin Racing Team, bardée de caméras. © Darpa

    Cette course de robots conducteurs est la troisième de ce genre organisée par le Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency). Cette agence américaine, qui dépend du Département de la Défense (donc l'armée), finance de très nombreux programmes de recherche, avec une prédilection pour la robotique. La première compétition, en 2004, avait tourné à la farce, aucun véhicule n'ayant pu terminer le parcours. En 2005, la deuxième édition du Darpa Challenge, s'était déroulée dans le désertdésert de Mojave au Nevada. La Chevrolet de l'université Carnegie Mellon avait fini deuxième d'un parcours long de plus de deux cents kilomètres.

    Un robot dans la ville

    Cette année, la barre a été placée plus haut : les véhicules devaient se débrouiller seuls en pleine ville (en fait un ancien site d'entraînement de l'armée de l'airair, à Oro Grande, en Californie). Le circuit empruntait des petites rues et comportait de multiples chicanes obligeant à des manœuvres serrées. Une semaine de qualifications a permis de sélectionner onze équipes, après moult déboires et quelques tôles froissées.


    Le Boss en pleine ligne droite…

    Au moment du départ de la course, le Boss s'est immobilisé, paralysé par des interférencesinterférences électriques induites par l'émissionémission d'un car de télévision (selon le magazine TG Daily). Au bout de vingt minutes, la Chevrolet a fini par s'élancer. Elle n'a commis aucune entorseentorse au code de la route et a surtout excellemment tenu sa moyenne. Arrivé quelques minutes après le véhicule de l'université de Stanford, le Boss a été déclaré vainqueur au terme du calcul des pénalités.

    L'objectif du Darpa était de vérifier la faisabilité d'un véhicule complètement autonome capable de se déplacer sur un champ de bataille, urbain ou en pleine nature. Aucun projet à court terme ne semble devoir être lancé mais la démonstration technique est faite.

    Les robots ont aussi leur permis poids lourds… © Darpa

    Les robots ont aussi leur permis poids lourds… © Darpa

    C'est ainsi que travaille le Darpa : initier des projets dans leurs stades les plus précoces en espérant que des applicationsapplications suivront, qui ne sont pas toujours militaires. A la fin des années 1960, l'agence, qui s'appelait Arpa, a ainsi mis au point une interconnexion de réseaux informatiques à grande échelle. Baptisée Arpanet, cette innovation fut ensuite plus connue sous le nom d'Internet...