Avec le projet Loon, Google ambitionne d’apporter un accès Internet dans les zones non desservies ou peu accessibles. Quatre milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à la Toile. © Google

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Les ballons Loon de Google sont menacés par une guerre de brevets

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Alphabet, la maison-mère de Google, vient de voir annuler l'un des 36.000 brevets qu'il possède pour ses ballons stratosphériques Loon après la plainte de la société Space Data qui l'accuse d'avoir volé sa technologie. L'issue du procès, qui ne fait que commencer, pourrait hypothéquer l'avenir de ce projet de diffusion d'accès Internet par la voie des airs.

Lancé en 2013, le projet Loon initié par la division X d'Alphabet (à l'époque nommée Google X Lab) ambitionnait de fournir un accès Internet haut débit aux zones les plus reculées du Globe grâce à des ballons stratosphériques conçus pour évoluer à une vingtaine de kilomètres d'altitude en utilisant la circulation des vents pour naviguer. Depuis des essais concluants ont été menés en Nouvelle-Zélande, au Sri Lanka ou en Indonésie. Pourtant, l'avenir du projet Loon vient de s'assombrir considérablement.

En effet, Alphabet vient de se voir retirer la paternité d'un brevet clé dans sa technologie de ballons stratosphériques. Comme l'a révélé le site Wired, la société Space Data vient d'obtenir du bureau américain des brevets et des marques (US Patent and Trademark Office) la restitution du brevet délivré à Alphabet. Il porte sur un procédé de contrôle de la direction d'un ballon en faisant varier son altitude. Autrement dit, c'est là un élément fondamental dans le fonctionnement du système dont le géant américain ne peut plus se prévaloir.

Google a cherché à acquérir Space Data avant de renoncer

Tout a commencé lorsque Space Data a porté plainte contre Google pour violation de brevet, détournement de secrets commerciaux et rupture de contrat. Cette entreprise a commencé à travailler au début des années 2000 sur des services de communication via des ballons de haute altitude. Elle a déposé des brevets à partir de 2001 et commencé des tests pour des services de radiomessagerie puis de SMS, d'appels téléphoniques et connexion 4G LTE un an avant que Google ne lance le projet Loon.

Il s'avère que les deux entreprises ont été en pourparlers, Google se montrant intéressé par une éventuellement acquisition. Mais tout est tombé brusquement à l'eau en 2008 lorsque le géant californien a choisi de ne pas donner suite. En découvrant le projet Loon et sa technologie, Space Data a alors décidé de faire valoir ses droits. Après sa victoire majeure auprès de l'USPTO, la société attend la tenue d'un procès qui devrait intervenir durant l'été 2019. Mais d'ici là, elle espère obtenir de la justice une injonction interdisant à Alphabet d'utiliser la technologie couverte par son brevet.

Pour en savoir plus

Les ballons Loon de Google et leurs secrets de fabrication

Article initial de Relaxnews, paru le 27/04/2015

Le projet Loon, le programme de Google d'accès Internet distribué par des ballons stratosphériques, approche de sa phase finale. L'occasion de découvrir comment sont fabriqués ces engins capables de passer plusieurs centaines de jours dans les airs.

Après des premiers tests en Nouvelle-Zélande en 2013, les responsables du projet Loon souhaitent aujourd'hui démontrer son efficacité dans le monde entier. Son principal responsable, Mike Cassidy, explique le mode de fabrication et de fonctionnement de ces étranges ballons stratosphériques, capables de répondre à n'importe quel besoin, même ponctuel.

Lancé en 2013, le projet a pour ambition de fournir un accès Internet à tous ceux qui n'en ont pas aujourd'hui, y compris dans les endroits les plus reculés (montagnes, pôles, etc.). Il est désormais envisageable de produire des milliers de ballons, de manière industrielle, afin de répondre à la demande. Dans la vidéo, Mike Cassidy affirme que Google peut en fabriquer « des douzaines par jour ».

Les ballons stratosphériques du projet Loon de Google sont testés depuis deux ans dans l'hémisphère sud, entre le tropique du Capricorne et l'Antarctique. Mike Cassidy explique l'avancement du projet. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc avec deux traits horizontaux en bas à droite de l'image pour obtenir les sous-titres. Cliquez ensuite sur « anglais », puis sur le bouton « Paramètres », et déroulez le menu « Sous-titres » et cliquez sur « Traduire les sous-titres ». Choisissez la langue puis cliuez sur « ok ». © Google, YouTube

Un premier déploiement envisagé d'ici fin 2015

Après deux ans de tests, les ballons sont désormais capables de passer plusieurs centaines de jours dans les airs, à une vingtaine de kilomètres d'altitude. Ils fonctionnent en toute autonomie grâce à l'énergie solaire, chacun pouvant couvrir une zone d'environ 40 km de diamètre via une connexion sans fil LTE.

Dans cette vidéo, Mike Cassidy explique également qu'un système de contrôle à distance des ballons permet de gérer leur dérive et donc leur déplacement dans la stratosphère. Il est ainsi possible de les diriger à tout moment vers des zones prioritaires. Les tests ont tous été effectués dans l'hémisphère sud, entre le tropique du Capricorne et l'Antarctique.

Il reste désormais à trouver des partenaires et des fournisseurs d'accès locaux afin que le projet permette définitivement à des populations pour l'instant isolées de pouvoir se connecter où qu'elles se trouvent. Un premier déploiement est envisagé d'ici fin 2015. Pratiquement deux humains sur trois n'ont toujours pas accès à Internet en 2015, soit plus de quatre milliards de personnes.