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Watson l’ordinateur a gagné à Jeopardy, un jeu télévisé

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Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

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Un superordinateur conçu par IBM et dénommé Watson a remporté un jeu télévisé aux États-Unis. Son secret : il comprend les questions, répond en langage naturel et puise dans une énorme base de données.

Watson sur le plateau du jeu télévisé Jeopardy. © IBM/YouTube

En remportant deux manches sur trois, Watson a gagné 1 million de dollars au jeu Jeopardy, équivalent de notre Questions pour un champion. Si Watson est devenu célèbre ce matin, c'est parce qu'il s'agit d'un ordinateur et d'un logiciel. IBM, le concepteur, réédite ainsi son exploit de 1997 quand son Deep Blue avait battu au jeu d'échecs le champion du monde de l'époque, Gary Kasparov. Depuis, l'informatique a gagné en puissance et, en 2006, c'est un PC animé par un logiciel du commerce, Deep Fritz, qui a battu le champion du monde russe Vladimir Kramnik.

L'écran était installé entre les deux joueurs humains et l'ordinateur, commandé par un opérateur, devait répondre aux questions de culture générale posées par l'animateur. Watson (du nom du fondateur d'IBM, Thomas Watson) étant sourd et muet, l'opérateur tapait les questions sur le clavier et annonçait ses réponses. Ses adversaires humains n'étaient pas les premiers venus : la machine a combattu en effet les deux plus brillants compétiteurs de l'Histoire de ce jeu, revenus sur le plateau pour ce match du siècle. Des vidéos (en anglais bien sûr) immortalisent l'événement.

Avec ses 15 To (téraoctets) de mémoire vive (15 x 1.024 gigaoctets, donc), ses 2.880 processeurs Power 7, Watson n'a rien d'un micro. « S'ils tournaient sur un microordinateur de bureau, les logiciels mettraient 2 heures pour répondre à une question » affirme-t-on chez IBM. Comme ses adversaires, Watson n'avait pas accès à Internet mais avait tout de même un avantage certain : IBM avoue que Watson disposait d'une antisèche équivalent à 200 millions de pages.

Watson est d'abord un superordinateur composé de 2.880 processeurs Power 7 travaillant en parallèle et répartis dans 90 serveurs Power 750 fonctionnant en réseau, auxquels s'ajoute une dizaine de boîtiers en rack pour les servitudes (entrée-sortie par exemple). C'est aussi un ensemble de logiciels d'analyse sémantique. © IBM/YouTube

Au menu : la miche de pain de Jean Valjean

L'exploit n'en est pas mince pour autant. Les questions, posées en langage naturel, devaient être analysées par une kyrielle d'algorithmes, qui en extrayaient le sens et les mots clefs. À la question « Recherché pour le vol d'une miche de pain dans Les Misérables », il fallait bien sûr répondre « Jean Valjean ». Watson pouvait ensuite, comme le prescrit la règle du jeu, poser des questions supplémentaires pour obtenir des précisions (et réduire le gain). Restait alors à explorer la gigantesque base de données.

Ce genre d'analyse rappelle celle de Wolfram Alpha, le moteur de recherche censé accepter des requêtes en langage naturel (en anglais) mais qui défaille souvent lorsqu'on l'interroge sur des questions de culture générale (il ne connaît apparemment pas Jean Valjean, par exemple). On peut rêver d'un Watson en ligne qui utiliserait Internet comme base de données...

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