Le drone Aquila de Facebook en vol. L’envergure de l’appareil dépasse celle d'un Airbus A320. © Facebook

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Aquila, le drone solaire de Facebook, réussit son premier vol

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Aquila, le drone autonome à énergie solaire conçu par Facebook pour diffuser un accès Internet dans les zones non ou mal desservies, a effectué son premier vol d'essai sans encombre, alors que Bertrand Piccard, dans l'immense avion solaire de Solar Impulse, bouclait un tour du monde. L'occasion de revenir sur les défis technologiques de ce projet voulu par Mark Zuckerberg.

Il y a un an, Facebook dévoilait son prototype de drone solaire destiné à diffuser l'Internet haut débit dans des zones non desservies ou disposant d'un accès de mauvaise qualité. Le réseau social vient d'annoncer avoir accompli avec succès le premier vol d'essai d'un modèle à taille réelle.

Baptisé Aquila (nom latin signifiant « aigle »), l'engin se présente sous la forme d'une aile de 42 mètres d'envergure, plus grande que celle d'un Airbus A320, pour un poids annoncé comme « le tiers d'une voiture électrique » (à titre indicatif, une Renault Zoe pèse 1.468 kg à vide). Ce drone alimenté par des cellules photovoltaïques est censé pouvoir voler durant 90 jours à des altitudes comprises entre 60.000 et 90.000 pieds (18 à 27 kilomètres) en diffusant un accès Internet au sol dans un rayon d'un peu moins de 100 kilomètres.

Pour ce vol inaugural de 96 minutes, Aquila n'était pas alimenté par le soleil mais par des batteries embarquées, le but étant de tester leur endurance et le bon fonctionnement du pilote automatique. Facebook indique que le drone, qui volait à une vitesse d'environ 40 km/h, dissipait un peu moins de 2.000 watts. Une puissance qui, selon l'équipe en charge du projet Aquila, valide ses simulations aérodynamiques et ses choix techniques pour le système de propulsion.

Pour diffuser Internet à haut débit via ses drones, Facebook travaille sur un système de transmission laser. Ce détecteur de lumière fait en fibres de plastique est un élément clé du dispositif pour capter la lumière sous n’importe quel angle. © Facebook

Le drone Aquila n’a pas de train d’atterrissage

Pour gagner du poids, l'appareil est dépourvu de train d'atterrissage. Pour le faire décoller, il est placé sur un chariot tracté par une voiture sur une piste pour avions. Une fois atteinte la vitesse de décollage, le pilote automatique décroche l'appareil en actionnant les quatre sangles pyrotechniques qui le retenaient au chariot. « Bien que l'équipe au sol puisse commander le cap, l'altitude, la vitesse et l'itinéraire, grâce au récepteur le GPS de l'avion, à partir d'un ordinateur de contrôle, il n'y a pas de joystick. Le décollage se fait sur pilote automatique », souligne Facebook.

Après cet essai concluant, le réseau social détaille les prochaines étapes. Tout d'abord, il s'agira de faire en sorte que l'installation photovoltaïque puisse emmagasiner et stocker suffisamment d'énergie pour alimenter le drone pendant la nuit. Les ingénieurs du projet Aquila estiment que leur appareil consommera 5.000 watts pour un vol de nuit à 60.000 pieds pouvant durer jusqu'à 14 heures en période hivernale. Une grosse partie du travail portera donc sur le développement de batteries à haute densité énergétique. D'autres vols sont programmés pour éprouver la résistance d'Aquila en conditions réelles. Différentes formes et tailles de drones seront également évaluées et Facebook prévoit de faire voler plusieurs appareils de concert.

À terme, l'idée est de lancer des escadrilles d'Aquila équipées d'un système de transmission par laser qui recevra le signal Internet haut débit depuis le sol et le relaiera d'un drone à l'autre afin de propager la connexion sur de vastes zones. « Aujourd'hui, 1,6 milliard de personnes vivent dans des régions qui n'ont pas de réseau mobile à haut débit. Connecter ces parties du monde avec les technologies existantes comme la fibre optique enterrée ou des liaisons hertziennes est souvent trop coûteux », explique le réseau social.

Cependant, le recours à la transmission laser requiert une grande précision, d'autant plus complexe que le drone est en mouvement. Il y a quelques jours, l'équipe du Connectivity Lab de Facebook a publié un article dans la revue The Optical Society décrivant un détecteur de lumière en forme d'ampoule fabriqué avec des fibres de plastique fluorescentes. Elles absorbent dans une couleur (le bleu) et émettent dans une autre (le vert), ce qui, expliquent les auteurs, réduit à 2 nanosecondes le temps entre réception et réémission. Les premiers tests ont permis d'atteindre 2 gigabits/s et les ingénieurs visent les 10 gigabits/s, en rayonnement infrarouge, donc invisible.