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À quoi ressemblent les exoplanètes de Trappist-1 ?

VidéoClassé sous :exoplanètes , zone d'habitabilité , naine rouge

Par Xavier Demeersman, Futura

Cette animation de la Nasa montre les portraits possibles des sept exoplanètes découvertes en février 2017 autour de Trappist-1, à seulement 40 années-lumière de notre Système solaire. Il s'agit d'interprétations car personne ne les a vues. Elles sont supposées rocheuses et de tailles similaires à celle de la Terre et diffèrent sans doute entre elles. Trois sont dans la zone habitable et pourraient donc porter de l'eau liquide en surface.

Pour dépeindre ces « sept merveilles » telles que les a qualifiées Michael Gillon, de l'université de Liège, qui a dirigé cette enquête avec le télescope Trappist (Transiting Planets and Planetesimals Small Telescope), lui et toute son équipe se sont appuyés sur les premières informations disponibles sur le système de Trappist-1. Précisons que ces sept exoplanètes découvertes avec le télescope Trappist par transit planétaire sont très proches de leur étoile, beaucoup plus que Mercure ne l'est de notre Soleil. Mais cette étoile est une naine rouge « ultra froide » à peine plus grosse que Jupiter, qui brille et chauffe moins que le Soleil.

Elles sont aussi très proches les unes des autres. Si nous étions à la surface de l'une d'elles, nous pourrions aisément contempler les reliefs des voisines, certaines apparaissant même dans le ciel plus grandes que la Lune vue depuis la Terre... Nul doute qu'un tel spectacle nous surprendrait autant qu'il nous émerveillerait.

Comparaison du système planétaire de Trappist-1 (en haut) avec celui du Soleil (en bas). L’anneau en vert marque la zone habitable pour chacune des deux étoiles. Mis dans notre Système solaire, les orbites des sept planètes rocheuses tiendraient à l’intérieur de l’orbite de Mercure. © Nasa, JPL, IPAC

Portraits possibles des exoplanètes de Trappist-1

Les auteurs de ces recherches publiées dans Nature pensent que certaines de ces petites planètes, si ce n'est pas toutes, ont leur rotation synchronisée avec leur étoile, si bien qu'elles ont toujours la même moitié éclairée et chauffée tandis que l'autre, glacée, est plongée dans des ténèbres éternelles...

À l'instar des satellites de Jupiter, chacun de ces mondes qui orbitent en quelques jours seulement autour de Trappist-1 sont vraisemblablement différents. Pour cette vidéo, la Nasa a opté pour des modèles connus dans notre Système solaire. La lune incandescente de Jupiter, Io, a inspiré le portrait de Trappist-1b, la plus proche de toutes. En effet, il est probable qu'elle ait en commun avec Io une importante activité volcanique entretenue par les puissantes forces de marée de l'astre-parent tout proche.

Située un peu plus loin, Trappist-1c est modélisée comme un corps chaud dans son ensemble, à l'exception de ses pôles dans la moitié du globe plongée dans la nuit perpétuelle. La troisième, Trappist-1d, est vue comme un monde portant des mers et des océans cantonnés dans les régions du terminateur, marquant la transition entre le jour et la nuit. Cette bande autour de la planète serait la seule région tempérée.

Trappist-1e et f, deux des trois planètes autour de Trappist-1 situées dans la zone habitable, sont représentées dans cette vidéo comme dominées par un océan global. La couverture de glace dans l'hémisphère nocturne est imaginée comme plus grande et épaisse pour la plus éloignée des deux sœurs.

Toujours dans la zone tempérée de l'étoile, Trappist-1g est peinte comme un astre rocheux enveloppé d'une épaisse atmosphère qui ressemblerait à celle de Neptune.

Enfin, Trappist-1e, la plus éloignée de toutes, est présentée comme une boule de glace zébrée de fissures à sa surface qui n'est pas sans rappeler Europe, dans notre Système solaire, autre lune de la géante Jupiter.

En toile de fond, certains reconnaîtront Orion, le Taureau et les Pléiades, des constellations que l'on peut voir notamment le soir en hiver depuis la Terre, et qui vues de là-bas, apparaissent un peu déformées. Normal, nous nous sommes un peu déplacés dans la Galaxie, sans pour autant changer de quartier...

© Nasa, JPL-Caltech

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