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Le champion d'apnée Guillaume Néry, en 0 G pour la science spatiale

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Guillaume Néry, champion de plongée en apnée, se prête à une expérience dans l'Airbus A310 de Novespace qui effectue des paraboles simulant l'absence de gravité (« 0 G »). Le but est d'étudier comment reproduire au mieux la gestualité en apesanteur (on le voit toucher une cible du bout du doigt), en particulier en comparant avec les résultats obtenus en piscine, mode d'entraînement classique des astronautes. Ces études permettront ensuite de perfectionner les scaphandres utilisés aujourd'hui sur la Station spatiale et, demain, lors de longs voyages vers la Lune, Mars ou un astéroïde.

« Mettre au point de nouvelles méthodologies de simulation et d'analyse des conditions d'exploration en gravité réduite » : c'est le but de l'étude Simexplor, menée par l'Institut des Sciences du Mouvement Étienne-Jules Marey (Aix-Marseille Université et CNRS) avec le Cnes (Centre national d'études spatiales). Les chercheurs veulent comprendre comment, en microgravité, le cerveau et le corps s'adaptent pour contrôler les mouvements.

Lorsqu'il apprend à bouger, à saisir et à marcher, l'enfant se construit un système de perception des mouvements et de contrôle des muscles reposant sur la pesanteur terrestre. Mais qu'advient-il lorsqu'un humain, brutalement, se met à flotter dans un vaisseau spatial ? Eh bien, il se débrouille... Il se réadapte, apprend à se méfier de son sens de l'équilibre, qui est faussé, et contrôle différemment ses mouvements.

Pour mettre au point les scaphandres des longues missions sur la Lune, vers Mars ou autour d'astéroïdes, où les sorties extravéhiculaires seront parfois improvisées, il faut bien comprendre cette adaptation. Les essais en piscine simulent l'apesanteur mais de manière imparfaite : on peut s'appuyer sur l'eau. Avec Simexplor, les chercheurs ont étudié comment ces expériences en immersion reproduisent la microgravité. Guillaume Néry, champion d'apnée, y a participé, pour sa familiarité avec les sensations sous l'eau. L'étude s'est poursuivie avec Flexmove, une seconde phase pour comprendre comment l'astronaute adapte son mouvement en cas de réaction imprévue.

© Alexis Rosenfeld