Illustration de la naine rouge ultrafroide Trappist-1 et de ses sept planètes rocheuses. © Nasa, JPL-Caltech, R. Hurt (IPAC)

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Combien de temps durerait un voyage vers Trappist-1 ?

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La découverte majeure de sept exoplanètes de tailles équivalentes à celle de la Terre — dont trois sont dans la zone habitable — autour de l'étoile Trappist-1, relativement proche de notre Système solaire, donne bien sûr envie d'y aller. Mais combien de temps nous faudrait-il pour atteindre ce fascinant système ?

Nombreux sont les astronomes, et même les simples Terriens comme vous et moi, qui auraient très envie d'aller voir sur place à quoi ressemble précisément chacune des sept planètes rocheuses gravitant autour de la petite étoile Trappist-1.

Y en a-t-il qui sont couvertes d'eau liquide ? Sont-elles arides ? Sont-elles toutes synchronisées avec leur soleil, comme le supposent les chercheurs ? Trois d'entre elles figurent dans la zone habitable (c'est la plus remarquable collection de planètes de taille terrestre dans la région « tempérée » d'une étoile détectée à ce jour) : offrent-elles des conditions accueillantes pour des formes de vie ? sont-elles habitées ? et si oui, à quoi ressemblent les êtres vivants ? Bref, ces mondes ont énormément de choses à nous apprendre. Le problème reste la difficulté d'y aller pour un vaisseau avec des passagers humains et même pour une mission de reconnaissance.

Distance : Trappist-1 est à moins de 40 années-lumière !

Pourtant, à l'échelle de la galaxie, Trappist-1 est une voisine : 39 années-lumière (ce qui fait environ 370.000 milliards de km), c'est en effet un peu « la porte à côté » en comparaison avec le diamètre de la Voie lactée (100.000 années-lumière).

À la vitesse de la lumière, le voyage ne prendrait, donc, que 39 années. Toutefois, comme chacun sait, nous sommes encore loin de pouvoir nous déplacer à cette vitesse...

Envie d’aller passer vos vacances sur l'exoplanète Trappist-1e ? À la vitesse de la lumière, cela ne prendra que 40 ans pour y aller ! (Affiche de la Nasa.) © Nasa, JPL-Caltech

Les sondes spatiales mettraient trop de temps

La sonde américaine New Horizons, qui a décollé de la Terre en 2006 et accompli un survol historique de Pluton en 2014 (à plus de 4,5 milliards de km de la Terre), est, à l'heure actuelle, l'une des plus rapides de la flotte spatiale terrestre. Elle parcourt quelque 14,3 km chaque seconde, ce qui fait une vitesse de croisière de 51.000 km/h. Pour rejoindre Trappist-1 et « ses sept merveilles », il lui faudrait pas moins de 817.000 ans... !

Durant une courte période, lors de son approche de Jupiter en juin 2016, la sonde Juno, qui a bénéficié de l'assistance gravitationnelle de la géante gazeuse, a connu des accélérations avec des pointes à 265.000 km/h, ce qui lui valut de pulvériser tous les records de vitesse d'un engin spatial ! À ce rythme, le vaisseau ne mettrait que 158.600 ans pour atteindre Trappist-1 (et environ 10 fois moins de temps, pour arriver dans le système voisin de Proxima du Centaure, à 4,2 années-lumière).

Quant à la célèbre sonde Voyager 1, partie de la Terre en 1977 et qui a rendu visite à Jupiter (1979) et Saturne (1980), toujours aussi véloce, elle se déplace à une moyenne de 61.000 km/h. Si elle se dirigeait vers l'étoile qui nous intéresse, en direction de la constellation du Verseau, il lui faudrait 685.130 ans exactement pour arriver...

Des microsondes allant à la vitesse de la lumière ?

En résumé, même s'ils sont très rapides, aucun de ces engins ne pourrait visiter les sept exoplanètes d'ici un siècle. La solution la plus rapide proposée à ce jour, surtout pour aller explorer Proxima b à seulement 4,2 années-lumière (environ 40.000 milliards de km), est le projet de Yuri Milner et Stephen Hawking : Breakthrough Starshot.

Ces microsondes dotées de voiles très fines pourraient être accélérées par de puissants tirs lasers à 20 % de la vitesse de la lumière : 216 millions de km/h (soit 4.000 fois la vitesse de New Horizons) ! À cette vitesse, il lui faudrait 20 ans seulement pour atteindre Proxima et un peu moins de 200 ans pour arriver dans le système de Trappist-1 ! Une solution rapide, certes mais qui, pour l'instant, est encore à l'étude. Verrons-nous la surface de ces planètes de notre vivant ? Pas sûr.

À quoi ressemblent les exoplanètes de Trappist-1 ?  Cette animation de la Nasa montre les portraits possibles des sept exoplanètes découvertes en février 2017 autour de Trappist-1, à seulement 40 années-lumière de notre Système solaire. Il s'agit d'interprétations car personne ne les a vues. Elles sont supposées rocheuses et de tailles similaires à celle de la Terre et diffèrent sans doute entre elles. Trois sont dans la zone habitable et pourraient donc porter de l'eau liquide en surface.