Sciences

L'indice de Manning et le sexe des peintres des grottes

Dossier - Grottes : le mystère des mains de Bornéo
DossierClassé sous :préhistoire , Incontournables , grotte

L'île de Bornéo recèle de nombreux trésors, notamment pour les archéologues et préhistoriens. Une équipe y a ainsi découvert des grottes somptueuses, ornées de peintures rupestres étonnantes représentant de mystérieuses mains.

  
DossiersGrottes : le mystère des mains de Bornéo
 

On a commencé à déterminer d'une façon tout à fait inattendue les sexes associés aux mains réalisées au pochoir dans les grottes de Bornéo. C'est sur ces panneaux de mains négatives qu'avec Arnaud Noury, un archéologue océaniste devenu informaticien, nous avons commencé à appliquer une formule tout à fait inédite, basée sur des données métriques, fournie par le professeur Manning et son équipe de bio-généticiens et physiologistes.

Jusque-là, l'existence même des peintures rupestres posait des questions auxquelles on n'avait pas encore pu répondre précisément.

L'indice de Manning a permis de déterminer le sexe des habitants des grottes. © Rod Waddington, CC by-sa 2.0

Bien sûr, on peut se baser sur quelques analogies encore observées récemment chez quelques populations considérées comme des « survivantes de la Préhistoire ». Elles fournissent des pistes pour appuyer certaines hypothèses, en particulier celles correspondant à des pratiques relatives à des activités chamaniques tout autant qu'à des illustrations figurant les légendes ou les mythes des origines du groupe.

Par contre, il n'a encore jamais été possible de préciser de manière indubitable le sexe de leurs auteurs. Là, pour les mains négatives, l'application de la « formule de Manning », et son intégration dans un logiciel qui effectue automatiquement tous les calculs nécessaires, a révélé des répartitions inattendues et significatives.

7 - La frise de Gua Ham et les doubles mains de Tewet.

Des empreintes d'hommes et de femmes

La moyenne des identifications appliquées jusqu'à présent (sur une dizaine de grottes seulement, soit près de 500 empreintes) révèle une répartition globalement similaire entre les hommes et les femmes (voir image 7 ci-dessus) même si, ponctuellement, chaque grotte n'a pas été marquée de la même manière.

Le panneau de mains négatives de Masri 2, ici reconstitué à l'ordinateur par L. H. Fage, a servi de base pour élaborer le logiciel. © kalimain

On trouvera ici un article publié dans la revue Inora (International Newsletter On Rock Art), éditée par Jean Clottes, le grand préhistorien spécialiste mondial de l'art rupestre, rendant compte de la genèse de l'application de cette méthode, ses fondements scientifiques, les limites et les perspectives qu'elles ouvrent dans ce domaine.