Sciences

Déroulement de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl

Dossier - Tchernobyl : les conséquences de la catastrophe
DossierClassé sous :physique , Tchernobyl , centrale

Découvrez le bilan des connaissances acquises sur les conséquences de l'accident de Tchernobyl. Quel est le devenir de ce site ? Quelles sont les conséquences sanitaires ? Quel est l'état des territoires contaminés ? Les réponses dans ce dossier.

  
DossiersTchernobyl : les conséquences de la catastrophe
 

La catastrophe nucléaire qui a tant marqué les esprits en 1986 a été la conséquence de deux facteurs, l'un humain, l'autre technique : la conception même du réacteur qui a explosé et une suite d'erreurs humaines. Retour sur l'accident de Tchernobyl. 

Localisation de Tchernobyl. © www.ladocumentationfrancaise.fr

Le 26 avril 1986, à 1 h 23 (heure locale), une catastrophe terrible se produit en Ukraine : le réacteur numéro quatre de la centrale nucléaire de Tchernobyl, ville située à une centaine de kilomètres de la capitale Kiev, vient d'exploser.  

Le réacteur numéro quatre

Le 26 avril 1986, une explosion retourne la dalle de béton du quatrième réacteur de la centrale de Tchernobyl. Ce réacteur de type RBMK (Reaktor bolchoi moschnosti kanalny) doit être régulé très régulièrement et le contrôle est rendu difficile en conditions extrêmes. Autre point délicat : le délai de mise en route du système d'arrêt d'urgence, bien trop long (20 secondes).

Scénario de la catastrophe - nuit du 25 au 26 avril 1986

À la base des erreurs humaines, la volonté de quelques ingénieurs de réaliser une expérience dans la centrale de Tchernobyl, allant à l'encontre de l'interdiction émise par l'organisme en charge de la sécurité nucléaire. C'est dans la nuit du 25 au 26 avril que cette expérience a eu lieu.

Durant l'expérience, une première erreur enclencha toute la catastrophe : selon les calculs des responsables, le réacteur devait arriver à une puissance de 800 mégawatts, mais le calcul était faux... Voyant le réacteur à seulement 30 mégawatts, les ingénieurs décident d'enlever les barres mobiles dont la fonction est d'arrêter le système en cas d'incident. La puissance augmente alors très rapidement, quelques petites explosions se produisent, puis c'est la grande explosion. La dalle de béton (1.000 tonnes) qui servait de toit au bâtiment, fut retournée par le souffle de l'explosion et projetée sur le réacteur, engendrant un gigantesque incendie. Le réacteur éventré dispersera ses matières radioactives dans l'atmosphère.

Le sarcophage du réacteur 4, construit dans l'urgence après la catastrophe, doit aujourd'hui être renforcé. © idé

Les rejets radioactifs

Le combustible nucléaire se propage dans l'atmosphère durant une dizaine de jours. Les pays touchés directement sont ceux voisins de l'Ukraine, du Belarus et de la Russie. En tout,  les trois quarts de l'Europe seront rejoints par le nuage radioactif : Italie, France, Angleterre, Irlande.

Les comparaisons avec la bombe d'Hiroshima, autre catastrophe nucléaire bien présente dans les esprits, font froid dans le dos. Les spécialistes estiment les taux de radiations à 200 fois ceux de la bombe A. 

Les mesures d’urgence : le sacrifice des hommes

Pour lutter contre l'incendie, les pompiers ne sont pas équipés de protection contre les radiations.  Il faudra attendre 6 h 00 (heure locale) le matin pour constater la fin des incendies sur les cinq foyers secondaires. L'objectif premier est d'enrayer la réaction nucléaire, et durant quinze jours des hommes embarqués en hélicoptères se relaieront pour y faire face. Pour étouffer la réaction, la consigne est de larguer au-dessus du réacteur des tonnes d'argile, de sable, de plomb et de bore. Mais la tâche est très délicate, il faut réussir à viser le réacteur, à une hauteur de 200 mètres. La plupart des largages furent sans succès. Il faut savoir que les taux de radioactivité ne permettaient aux hélicoptères de rester que 8 secondes !  

Outre l'incendie à éteindre, d'autre hommes sont appelés sur le site même, afin d'empêcher l'effondrement des fondations de la centrale et la pénétration dans le sol du combustible radioactif. C'est ainsi que des centaines de mineurs creusèrent juste sous le réacteur afin de former un tunnel permettant de refroidir le cœur du réacteur en y injectant de l'azote liquide. Pompiers et mineurs furent donc les premiers sacrifiés de Tchernobyl.

L’évacuation - 28 avril 1986

Les autorités, qui dissimulèrent la catastrophe, n'enclenchent l'évacuation de Tchernobyl et Pripiat (à 3 kilomètres) que le 28 avril, deux jours qui laissèrent le temps aux radiations de toucher fortement la population. Les habitants ont pour consigne d'emporter le strict nécessaire, pour une évacuation annoncée de quelques jours... Mais personne ne reviendra jamais dans cette zone. Les médias ne furent au courant qu'à ce moment-là. On rapporte même que l'alerte fut donnée par la Suède qui avait relevé un niveau anormalement élevé de radioactivité dans une de ses centrales, information relayée par l'AFP.  Un rayon d'évacuation de 30 kilomètres autour de la centrale fut décidé. Il faudra en tout plus de trois mois pour évacuer les zones à risque, soit une population de 200.000 personnes.

La décontamination

Huit-cent mille hommes seront appelés sur plusieurs années, surnommés les « liquidateurs ». Les robots envoyés sur place ne résistent pas à la radioactivité. Les hommes, eux, sont envoyés sur place avec pour seul équipement des tabliers de plomb et des masques sommaires. Leur but est de rassembler les débris éparpillés au sol afin de les amener dans le réacteur encore chaud. Chaque homme doit effectuer sa mission en moins d'une minute afin de limiter les effets de la radioactivité, effets qui se feront sentir très rapidement (vomissements, perte des cheveux...). Aux alentours de la centrale, les villages sont rasés et les débris ensevelis.

Monument érigé à la mémoire des liquidateurs de Tchernobyl. © Petr Pavlicek/IAEA

Sources : triptotchernobyl.com, russie.net