Les ducs de Bourgogne et leur histoire

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À la fin du Moyen Âge, quatre ducs de Bourgogne et une duchesse eurent entre leurs mains les fiefs les plus riches d'Europe occidentale. Il s'en fallut de peu pour qu'ils ne créent un nouveau pays ! Rencontre avec la dynastie la plus aventureuse de l'ère médiévale.

  
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Le mot « Bourgogne » désigne aujourd'hui l'une des nombreuses régions françaises (ou anciennes régions pour être exact). Mais, par le passé, ce mot était synonyme d'un territoire beaucoup plus vaste et qui faillit devenir un nouveau royaume entre la France et l'Allemagne. Découvrez ici qui était Philippe II de Bourgogne, dit « Philippe le Hardi », duc de Bourgogne de 1363 à 1404.

Quelle est l’histoire des ducs de Bourgogne ? Ici, portrait du duc de Bourgogne Philippe le Hardi. © Musée des beaux-arts de Dijon, Wikipédia, CC by-sa 2.0

Quatrième fils du roi de France Jean II, Philippe II de Bourgogne, dit « Philippe le Hardi », n'aurait jamais espéré obtenir un jour le pouvoir qui allait devenir le sien. La guerre de Cent Ans bat alors son plein et Philippe, qui combat vaillamment aux côtés de son père, inaugure le caractère héroïque de sa future lignée.

Pour le récompenser, Jean II lui offrit en 1363 le titre de « duc de Bourgogne ». À cette époque, le titre est surtout une formalité honorifique car le duché lui-même est réduit à une modeste zone frontalière de l'Empire germanique (la frontière passe alors le long de la vallée du Rhône).

De l'autre côté de cette frontière, se trouve le « comté palatin de Bourgogne », qui est l'apanage des empereurs. Mais, à l'heure de la féodalité, le noble local est souvent plus puissant que le monarque : dans ses fiefs, Philippe s'assure de régner en maître. Dans l'Empire germanique, en particulier, les féodaux ont plus de poids que l'empereur.

Les armoiries de la Bourgogne sont adoptées sous Philippe le Hardi. Ce n'était que le début de l'ascension de sa famille. © DR

Son mariage avec Marguerite III de Flandre

Un autre exemple du pouvoir des nobles dans l'empire se trouve plus au nord, dans le puissant comté de Flandre, où les comtes ont une richesse sans pareille grâce à leurs cités marchandes (Bruges et Gand entre autres). C'est ainsi que Philippe accomplit un grand coup : épouser la fille du comte de Flandre en 1369. Marié à Marguerite III de Flandre, il hérita, en 1384, de son beau-père Louis de Mâle, les comtés de Flandre, Rethel, Nevers, Bourgogne (Franche-Comté) et Artois (voir ici). Il devint alors le maître d'une large Bourgogne coupée en deux par la frontière entre le domaine français et le domaine germanique.

À sa mort, Philippe le Hardi laissa à son fils un vaste domaine qui inclut la Bourgogne historique au sud et les Flandres au nord : c'est l'union de ces deux riches territoires qui donna naissance au rêve d'un nouvel état bourguignon.